vendredi 30 avril 2010

Que devient ?



Que se passe-t-il dans les grands bureaux vides,
Quand le busy navire arrive enfin à quai,
Quand la nuit du repos éteint les imprimantes ?
Madame du Sénégal se rêve-t-elle en princesse
Assise, impératrice, dans un fauteuil qui tourne,
Imitant les costumes foncés qu’elle croise sans un bruit,
Pointant l’index en l’air et prenant la voix grave,
Dictant courrier urgent à son chariot à brosses
D’où dépasse tout son staff de balais et de seaux ?
Que devient l’escalator agile,
La porte coulissante qui n’est plus une battante,
L’ascenseur au chômage du trente-sixième dessous ?
Comment résonnent les pas du vieux gardien de nuit,
Dans le hall affecté, déjà désinfecté ?
Et la cantine solitaire est-elle une aire de film noir,
Sans ses néons, ses bruits et ses bouffées-vapeurs ?
Que devient cet endroit sans vivant survivant ?
Mais que regardent donc les caméras cyclopes,
Gravant des kilomètres de bandes stockées dans des armoires ?
C’est le temps des fantômes furtifs et des vents du passé,
Légions de licenciés, cohortes d’ex-employés
Dont les mânes virevoltent, parmi les néons verts,
Indiquant la sortie, qui est la même pour tous.

Ma raie noire



« Olympic Bravery » 1976, « Boehlen » 1976, « Amoco Cadiz » 1978 vous vous en souvenez ? Les images à la TV, le cormoran englué et les bretons furieux (à juste titre)…Les petits parisiens, nous donc, on venait l’été et on marchait sur la plage en Bretagne et on avait cette petite boulette noire qui venait saccager vos chaussures en plastique. Il fallait l’enlever ce pétrole avec du beurre ou un produit spécial qui sentait fort les solvants. Les chaussures en plastique ? Oui, vous savez celles qu’on appelait des « méduses » ou des « plastocs » et qui faisaient un peu mal, à cause de la boucle sur le côté ? Ceci dit l’avantage de ces « plastocs », c’était quand même de pouvoir marcher sur les rochers, en Bretagne, quand on allait à la pêche à pied, chercher des crabes à marée basse. Pieds nus, on glisse, ça pique, on va moins vite. Surtout quand on a une épuisette, un seau et une pelle et qu’on est toute une bande de copains. Et puis, quand j’y pense, je vous rappelle que les crabes, il faut les attraper en une prise ferme, par derrière et ils agitent alors en vain leurs pinces. Après, on les mettait dans un seau coloré avec des coquillages dessinés dessus, avec les crevettes et les gobies. Et quelques algues aussi. Souvent, il y avait bagarre et les gobies finissaient mal, d’ailleurs. Enfin, on rentrait de la pêche à pied et on pouvait prendre son goûter. Le meilleur, pour moi c’étaient les « Paille d’Or », framboise qu’on croque par rangée entière, c’est plus drôle ou les Figolu… voire le top du top, un pain au lait moelleux enveloppé dans le papier fourni par la boulangerie (sur lequel un jeune boulanger aux joues rondes pose devant un fournil, en un dessin un peu naïf) ET une barre de chocolat mauve (l’emballage, pas le chocolat). Et si en plus, on a quelques crocodiles, un barre de zan et des dragibus, la vie est belle. Après la pêche à pied et le goûter, la marée remonte on va faire un château de sable qui va résister quelques minutes à l’inexorable montée de la mer. Ou alors un parcours de cyclistes tout raides qui progressent au rythme de savantes trajectoires de billes lancées avec expertise dans des tracés bien lissés, incluant au moins un tunnel et deux ou trois ponts…Il y aurait du vent, quelques nuages, l’odeur de la plage en Bretagne. On changerait son maillot de bain en se tortillant dans une serviette et on aurait un peu froid. On se baignerait un peu, mais pas trop longtemps et surtout pas juste après le déjeuner, parce qu’il paraît qu’on peut mourir d’hydrocution si on se baigne moins de deux heures après le repas, c’est mon père qui me l’a dit. Mais s’il y avait des vagues, on resterait longtemps, sautant et criant dans l’écume, jusqu’à ce qu’on nous appelle quatre ou cinq fois….
Et un jour, on est grand, on pense à tout ça avec nostalgie.
Et les marées noires elles, continuent. Comme avant.

jeudi 29 avril 2010

Le petit Haddock, version 2010



Acarien resquilleur !
Aspirateur sans sac !
Bande d’amiantés !
Bougre d’extrait de PVC !
Boursier Grec !
Burqa sans trou !
Coréen du Nord à quatre pattes !
Corrompu du slip kangourou !
Erreur de chez Windows !
Espèce de cendre islandaise !
Facebook à deux doigts !
Fatma de chez Lidl !
Fiente de pigeon irradié !
Goldman et Sachs !
Gréviste compulsif !
Hugo Chavez de carnaval !
Islamiste en cavale !
Lehmann branleur !
Marée noire !
Marin d’eau polluée !
Mille milliards de mille euros !
Morve de ministre !
Moule à gaufres OGM !
Motard à trois roues !
Parking payant !
Petit président !
Rat d’égout radioactif !
Sac à puces effacées !
Serial killer de pacotille !
Socialiste bipolaire !
Spéculateur !
Spéléologue en galère !
Supporter de football parisien !
Tchétchène à morpions !
Tonnerre de Smolensk !
Trader sans âme !
Travaux sur l’A86 le soir !
Twitter à cornichon !
Vieux PC rouillé !
Volcan de malheur !
Wall Street naufrageur !

lundi 26 avril 2010

La burqa, le string et le philosophe célibataire



Un fantôme passait. Effacée sous son voile,
Pauvre femme en niqab, Tenue noire, sous nos yeux,
Provoquant le dégoût, invoquant d’autres dieux
Stigmate préoccupant, d’où ne sort pas un poil.

Sur la plage on voit trop. Juste une petite ficelle
Qui ne cache rien du tout, de cette anatomie.
Le dessert sans l’effort… Le regard qui frémit,
Tout homme en est troublé, agite son vermicelle.

Entre les deux peut être ? Pensait un philosophe
Assis sur le rivage, et voyant d’un côté
La femme du Moyen Âge, puis ces corps exposés.

Mais les femmes sont belles, pourquoi les ennuyer
Laissons-les enfin vivre, arrêtons les contraintes
Car sans elles, mais que faire ? Il nous reste les plaintes !

vendredi 23 avril 2010

Dear hunter



J’ai vu un jeune homme dans une rue de Malaga, Espagne, qui portait un T-shirt représentant un cerf ou un daim et rehaussé de l’inscription « dear hunter ». Je fus interloqué !
Car là, il y a soit un joli contresens, soit un fin jeu de mots.
En effet, l’orthographe correcte devrait être « deer hunter ». Car « dear » cela veut dire « cher », comme dans : « mon cher ami, avez-vous vous fréquenté un cerf récemment ou alors ce sont vos chaussures en daim neuves ? » Ceci pour lui signifier que cela sent légèrement le fennec dès qu’il arrive… tout en gardant une note humoristique et surtout s’il est latin et susceptible.
Attention, cependant si votre ami vient du Pérou. Il est parfois qualifié lui-même « d’andin », vu que les Andes sont le dénominateur commun de certains pays d’un continent, appelé Amérique, option Sud. « Quoi ? » répondrait-il, surpris.
Aussi, soyez totalement diplomate en lui précisant cela au sujet de ses origines car s’il est un peu balbutiant en anglais et en français, il pourrait penser que vous traiter sa nation d’incontinente dans une proportion large. Et ça, il ne va pas laisser pisser, non, passer.
Mais andin, ce ne sera point le qualificatif lié à ses chaussures, qui seraient en daim et pourraient sentir le fennec neuf, peut être, mais si ce n ‘est pas le cas, il risque d’être désorienté par votre remarque. Il regardera ses baskets et vous fixera ensuite, répondant avec son accent charmant : « mé, mes yossures né sont pas han dine, elles sont han toile, cé son’ des conne-verses ». Brisons là murmurez-vous, passant à autre chose. S’il se dandine, ne dites rien.
Justement, vous vous apprêtiez à voir avec lui Voyage au bout de l’Enfer, en VO, et oh surprise, le titre US de ce formidable film est « The Deer Hunter ». Vietnam, soldats, amitié, héroïsme. Ce n’est pas un scénario radin.
Un cerf a même la vie sauve à la fin et je peux m’exclamer sans me tromper : « cher chasseur ! » C’est Robert de Niro, NB.
Ou alors, le jeune homme andalou avec le T-shirt voulait signifier sa forte sympathie, sans dédain, aux chasseurs en tant que groupe de pression, et donc de facto afficher ainsi « dear hunter » prend toute sa saveur car devant être traduit en « chasseur adoré ».

J’aurais dû lui parler, mais mon espagnol est plus qu’approximatif.
Pour un T-shirt peut être pas cher, mais sûrement pas anodin.

Earth Day



Pourquoi, dans la plupart des photos choisies pour illustrer Earth Day, n'y avait-il pas un seul terrien visible ?

C'est la question que se posait le Commandant Zblugh, débarquant sur Terre et trouvant les vestiges numériques d'une civilisation disparue sous des cendres volcaniques.

mercredi 21 avril 2010

Eloge de la vitesse ?


2010
Rapidement. Sans retard. En express. Tout de suite. On prend l’avion et on se voit à l’aéroport. Tu me fais un sms dans le taxi ? On organise une Téléconférence demain à 10h00. Tu as reçu le mail ? La téléconférence a lieu à 09h00, en fait, on a changé l’horaire. Vous nous envoyez le compte rendu juste après ?
Le plan d’actions est avancé de six mois. Il faut doubler les équipes. On l’embauche là, tout de suite. On le vire ce con, là, tout de suite. Il faut diminuer les effectifs de ce service par deux. On out source tout en Inde ou en Slovaquie ? Tu as signé le B.A.T. ? Les documents sont imprimés ce soir. 1000 exemplaires On a changé la page 4 et la conclusion, on jette la première version et on réimprime tout cette nuit. On refait la présentation, il a apporté sa clé USB. Tout le monde s’en rendrait compte, une erreur comme cela ! Non, non, non ! Je n’attends pas jusqu’à vendredi. Le stand doit être fini à 07h00. Alors, ce livreur, il arrive ? Prenez le train du matin, rentrez par celui du soir.
Tiens ! Regarde les news, un volcan vient d’entrer en éruption en Islande, je l’ai vu sur Google news ! Un autre café ? Oui, et l’addition avec la TVA à 5.5 % !

1980
Lentement. En retard. Acheminement au tarif lent. Demain. On monte sur la péniche et on essaie de boire un verre au port. Tu m’écriras une lettre chez moi ? On fait un déjeuner-débat demain à 12h00. Il a appelé ta secrétaire ? Le déjeuner-débat finira à 15h30, en fait, on a changé le menu. Qui devra faire taper le compte-rendu, un peu après ?
Le plan d’action est retardé d’un an. Il faut doubler les équipes. On devrait peut être l’embaucher, l’an prochain. On le vire ce con, là tout de suite. Il faut signaler à la DRH que les effectifs de ce service sont peut être un peu en surnombre. On part en voyage avec le CE en Inde ou en Slovaquie ? Qui va signer le B.A.T. ? Les documents seront imprimés dans 10 jours. 1000 exemplaires. On a changé la page 4 et la conclusion, on garde tout et un stagiaire collera des pastilles et des petits papiers. On laisse la présentation telle quelle, les transparents sont écrits au feutre. Personne ne s’en rendra compte, on aura déjeuné juste avant.
Non, non, non ! Je n’attends pas jusqu’après les vacances !
Le stand doit être fini à 17h00. Alors, ce champagne, il arrive ?
Prenez le train de nuit, rentrez vendredi midi.
Tiens ! Regarde le journal, un volcan vient d’entrer en éruption en Islande, je l’ai vu en page 9 ! Un autre pousse café ? Oui, et une note vierge pour ma note de frais !

mardi 20 avril 2010

Les roses du Kenya



Réflexion profonde, moment de gravité…Le nuage islandais de cendres paralysantes nous fait prendre conscience que nous sommes une pauvre civilisation vulnérable…Musique triste, regards vers un ciel bleu dénué de ces traînées blanches laissées par les jets… Mouais ! Moooooouais !
Ceci est une banalité messieurs, dames, qui se veut pourtant « à contre courant » et qui a fait le sujet des éditoriaux depuis quelques jours.
On nous invite un philosophe, on prend du recul, on se met à être défenseur de la lenteur…. Ben voyons ! Je souris de ces discours de circonstances.
Un gouvernement de rencontre a pu capituler, comme disait De Gaulle, mais ma théorie est que 100% des actifs de la planète n’attendent qu’une chose : reprendre leur course folle, le billet d’avion dans la poche, le calendrier trop rempli et le stress permanent chevillé au corps.
Avouons que ceci n’est que passade : on veut ses roses tout de suite, qu’elles arrivent du Kenya ne nous émeut que trois minutes et ras le bol du bus pour faire Paris-Lisbonne ! Si Obama veut aller enterrer un président polonais à midi, et jouer au basket au Nébraska le soir, tant mieux ! (en plus cela lui fera un paquet de miles sur Air Force One)
Nos actes de contrition, un poil « nature », un peu « c’était mieux avant quand les gens se parlaient et prenaient leur temps », ne sonnent pas juste, car nous savons au fond de nous que nous ne lâcherons rien.
Etre rapides, occupés et énervés, c’est notre nature ! Depuis qu’un Cro-Magnon a pris un premier raccourci pour rentrer de la chasse et gagner un quart d’heure, nous avons toujours cherché à filer plus vite. Et on devrait appuyer sur pause ? A cause d’un incident qui va durer quelques jours ? MDR, LOL et tout le reste.
Et puis que signifie « ralentir », se la jouer alternatif et bobbo-biobio ?
Pédaler dans les avions ? Aller au bureau à pinces, même sous la pluie ? Manger un tout petit steak ? Arrêter le parmesan de Parme, le bœuf « haricots noirs » et sa petite sauce et le Cabernet Sauvignon de Californie ? Porter des pulls mauves mais 100% équitables car faits par des babas cools qui habitent à cinq kilomètres de chez vous ?
OK !
Vous commencez et on vous regarde.

Allez, je vous laisse, j’ai un meeting avec 400 personnes à essayer de ne pas annuler.

lundi 19 avril 2010

Remix



En fait, il faut se tenir au courant. Tu sais, le guitariste de Rage Dedans a quitté le groupe depuis un mois, il se lance dans une carrière solo, il va faire du prog’ fusion avec les Zestes Kimos. Il va être remplacé par un musicien des Trolls 2 Gars, on ne sait pas encore qui, mais les deux formations se connaissent bien, ils ont été en juillet dernier à l’affiche du Noizy Noize, oui le grand festival, à Irkoutsk.
En fait, la rumeur dit que le guitariste dont je te parle, il a découvert que sa deuxième femme, une ancienne choriste des Horreurs 404, et le batteur, hmm,… enfin, tu devines quoi.
Il lui a cassé la figure, à coups de Gibson SG, mais c’est le batteur, un ancien des DCDCDCD, qui a pété les plombs et l’a pris par le col pour le jeter dehors, lors de l’enregistrement du dernier album : « Never, Fever, Freezer », à Lagos.
Aussi, je peux te dire sans me tromper que le nouveau chanteur des Poules Ovaires va faire un duo avec L’Audio du Village. Ce morceau rare sera remixé par DJ Lékro, et figurera sur la compilation top collector « Printemps-Valium 2010 », avec des singles inédits de Sushi-Sushi, de Radios Amigos, des Ostéopotes et de Stéreophobia. Pop Smart eux, ils ont refusé net d’y figurer, parce qu’ils ont le même manager qu’I-Pote et que ce dernier avait vendu sa Rolls d’occasion à l’imprésario de Brian Durite. Mais la Rolls (marron clair quand même, la bagnole) est tombée en panne dans la boue qui avait presque paralysé le Festival Noizy Noize, elle n’a jamais pu redémarrer. Forcément, ça fait des histoires !
D’ailleurs, j’ai appris par un pote qui est roadie pour Grossou Prod que le saxo des Ostéopotes s’est fait mal au dos en sautant dans la foule lors de leur concert au Nhézit, à Manchester, avant-hier. Il s’est aussi cassé toutes les dents parce qu’il ne voulait pas non plus lâcher son instrument. Le pogo a continué, mais sur lui.
Et ça, c’était juste en première partie du concert de +KC, qui s’est bien passé, mais en coulisses on m’a parlé d’une grosse bagarre entre les jumeaux Kalaguère. Tu penses ! Ils ne peuvent plus se sentir depuis que la femme de Nono a prétendu être enceinte de Roro. Seulement, ils ont un contrat juteux avec So Funny Music et une tournée de trente cinq dates aux USA déjà archi bookées.
La presse moldave a assez parlé de leurs soucis avec les impôts : ils ne vont pas lâcher la poule aux œufs d’or. Alors, je voulais te dire aussi que j’ai acheté le DVD live des Lézards Martiaux, je l’ai regardé, c’est vrai ce qu’on dit, et malgré le maquillage Kurt Mharziall il est tout pâle.
Il est cuit le pauvre, il va falloir qu’il soit remplacé : on murmure que le chanteur des Trolls 2 Gars pourrait être intéressé, mais il paraît qu’il hésite peut être à rejoindre Web Sight, un collectif électro qui fait du dub. Et pour un chanteur, c’est sacrément reposant ! Hé, tu dis rien, quoi… tu dors ?

dimanche 18 avril 2010

Image à la mode en ce moment



Au secours !
Un volcan vicelard, allié à des vents pervers et des autorités pétochardes mettent le DVD de la vie du monde entier sur pause.
A suivre !