lundi 20 décembre 2010

L'homme du fleuve


Il faisait très froid et une brume tenace enveloppait les berges. Six heures quarante et toute une équipe déjà au travail sur la scène du crime. Un cadavre avait été retrouvé dans le fleuve, en plein centre ville. Pour l’inspecteur Arbaldsson, cela ne faisait aucun doute, il s’agissait encore d’un règlement de comptes entre bandes rivales. Les mains attachées dans le dos, de nombreux hématomes sur tout le corps, les dents presque toutes cassées, deux balles dans la nuque et les nèfles dans les poches de son manteau, placées en évidence pour que chacun sache que l’homme ainsi massacré avait trahi quelque règle d’un code de l’honneur. Code dont les contours et les obligations semblaient, même pour les initiés, toujours plus difficiles à appréhender.
Arbaldsson buvait un café amer et brûlant, dans un gobelet de plastique souple. Il prenait des notes mentalement, tandis qu’il faisait quelques photos pour ses archives personnelles à l’aide de son vieux téléphone portable. ►

Il faisait assez chaud et une brume cotonneuse enveloppait les berges. Dix-huit heures quarante et toute une patrouille encore au travail sur une scène du crime. Un cadavre avait été retrouvé dans la rivière, bien loin du centre ville. Pour l’inspecteur Slokhanov, cela ne faisait aucun doute, il s’agissait encore d’un règlement de comptes entre quartiers rivaux. Les mains menottées, de nombreuses coupures sur tout le visage, les dents toutes cassées, une balle dans le dos et les fleurs dans la bouche, placées en évidence pour que chacun sache que la femme ainsi massacrée avait trahi quelque règle d’un code de l’honneur. Code dont les contours et les obligations semblaient, même pour les initiés, toujours plus difficiles à comprendre.
Slokhanov buvait un thé sucré un peu tiède, dans une tasse ébréchée et prenait des notes sur son I-Pad, tandis qu’il faisait faire quelques photos par un stagiaire pour les archives du service à l’aide d’un Reflex dernier cri. ►►

Il faisait plutôt doux et une pluie légère enveloppait le rivage. Minuit quarante et toute une équipe râlant au travail sur cette scène de crime. Un cadavre avait été retrouvé en bord de  mer, bien au-delà du centre ville congestionné. Pour l’inspecteur N’Diaye, cela ne faisait aucun doute, il s’agissait encore d’un règlement de comptes entre partis politiques. Les mains tranchées, de nombreuses brûlures sur tout le corps, aucune dent cassée, la gorge entaillée et les graines de mil dans les poches du pantalon, placées en évidence pour que chacun sache que l’homme ainsi massacré avait trahi quelque règle d’un code de l’honneur. Code dont les contours et les obligations semblaient, même pour les initiés, toujours plus difficiles à saisir.
N’Diaye buvait un Pepsi tiède, dans une bouteille sans étiquette et prenait des notes sur son petit calepin jaune, tandis qu’un gendarme faisait quelques photos pour le dossier officiel à l’aide d’un vieux Polaroïd. ►►►

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