vendredi 9 avril 2010

Salut aux lecteurs de mon blog


En ce vendredi, il fait beau, le ciel est bleu.
Le cœur léger, je me dis qu'il faut quand même nourrir ce blog.
J'ai juste rédigé un bout de nouvelle pour mon projet de recueil de textes "rock", mon autre projet d'écriture.
Je salue avec amitié, respect et le sourire ceux qui lisent ce site régulièrement, par à-coups, par accident, par hasard et par Jupiter.

A très bientôt !

PS : pour info, je double "en miroir" tous les textes de ce blog en les publiant aussi sur le site du NOUVEL OBS, lequel blog est LUI équipé de la fonction "statistiques".
Bilan fin mars : 608 "visiteurs uniques" et déjà 466 au 8 avril inclus. Not bad !

jeudi 8 avril 2010

La nouvelle de science-fiction la plus banale jamais écrite



Encore une fusée moyenne qui s’envolait, comme cela avait été logiquement planifié, vers les étoiles. Le très normal commandant John Smith et son équipage sans histoire partaient (en soupirant légèrement, mais pas trop) pour une autre mission de routine. Le décollage fut très bien, sans souci à noter.
Ils atterrirent sans heurts sur la planète inconnue qu’ils recherchaient, à la seconde, à l’heure et au jour prévus.
Les extraterrestres étaient normalement hostiles, ils furent classiquement abattus.
Les commandos embarqués les tuèrent méthodiquement sans pour autant s’amuser, ils eurent quelques blessés comme cela était prévu dans les statistiques, blessés correctement abîmés mais sans excès, qui furent confiés au médecin de bord blasé qui en avait vu d’autres, depuis 35 ans qu’il faisait ce métier.
La planète fut baptisée X-142, sans effort d’imagination, elle contenait sans surprise les minerais usuels mais guère précieux, des forêts ennuyeuses peuplées de quelques végétaux inconnus mais pas révolutionnaires, ainsi que deux océans mornes, battus par des vents moyens.
Un hiver, trois étés, deux pôles, quatre continents : pas de quoi se relever la nuit. Deux lunes pâles brillaient dans un ciel nocturne sans oiseaux, ni chauve-souris. La mission était accomplie, point final.
Une fois encore.
Personne n’aurait de nouvelle médaille, juste quelques points de retraite de plus, calculés comme il se doit, par la mutuelle des pensions standardisées pour astronautes syndiqués.
Après une semaine et pas plus, John Smith signa sans enthousiasme le formulaire autorisé pour le rapport de mission, rempli (sans fautes) par son lieutenant effacé, Jean Dupont, puis photocopié en deux exemplaires pour archivage par leur mince et discrète secrétaire de bord, Maria Dos Santos. Erik Larsen, le pâle chef mécanicien annonça que les moteurs étaient révisés comme il est écrit dans le manuel d’entretien.
Ils pouvaient commencer le compte à rebours pour le voyage de retour vers la Terre. Tout le monde embarqua dans la fusée, juste à l’heure ; La mission était pliée, finie, emballée ; « Tick in the box », eut dit Klaus Schmitt, le radio de bord aux habitudes huilées comme un engrenage de coucou suisse.
Ils suivirent les procédures règlementaires. Le redécollage fut bien exécuté et la trajectoire de retour exactement programmée.
Mais, en fin de trajectoire d’approche l’ordinateur de bord signala simplement que la Terre n’était plus là, un bête accident nucléaire l’ayant effacée du registre gris des planètes référencées.

John Smith demanda calmement que l’on fît cap sur X-141.

mercredi 7 avril 2010

Rendez-vous chez les frères inconnus



Petit, écoute-moi. La nuit est belle et le feu crépite. Ce ragoût de caïman rouge était bon. Je vais te conter mon aventure à Paris. Oui, Paris. Des français blancs et un noir de là-bas sont venus chez nous. Me parler, parlementer. Après un si long voyage, c’était une preuve de grande motivation. Ils avaient l’air un peu tristes, alors, j’ai cédé à leur requête.
Ils voulaient m’inviter pour fabriquer une cérémonie rituelle de la tribu Télévision, tu sais la boîte qui bouge à l’intérieur, que l’on voit partout quand on va à Saint-Georges de l’Oyapock, faire nos papiers et acheter du tabac.
Je connais bien les blancs, tu sais, j’ai vécu parmi eux pendant un mois. En plus, on est un peu catholiques pour faire plaisir aux bonnes sœurs du village voisin. Je sais lire, j’ai aussi des livres sans images.
Alors, pour faire comme j’ai promis, je me suis mis en route avec l’un d’entre eux, chargé de m’aider à traverser la mer. On a pris la pirogue, le camion et après deux jours, on s’est approché du dernier sentier pour le départ vers Paris. J’ai vu Cayenne, c’était grand et cela m’intéressait, j’ai ri en voyant les voitures, elles sont comme des lézards qui bougent très vite… mais nous sommes restés très peu de temps.
Mon nouvel ami de la tribu des Télévisions m’a amené prendre la grande machine à voler, et j’étais furieux, car je pensais que l’on allait prendre un grand navire, beau comme dans le livre de Mobidikke, celui qu’on regarde tous les deux, le soir. J’ai vu le terrain de cérémonies qu’ils utilisent pour le grand envol, et je ne l’ai pas aimé du tout. Le sol est tué, recouvert d’une longue coulée de pierre grise, avec des traits jaunes dessus. Le bruit est si fort que tu crois que des esprits mauvais t’arrachent le cœur, mais en fait personne ne s’en formalise, alors j’ai fait semblant, moi aussi.
Tu sais, je connais un peu les Blancs, alors j’ai dit à mon ami de me donner un mélange qui fatigue beaucoup. Ils ont de grands remèdes qui frappent le corps. J’ai croqué la poudre d’os pilés qu’il m’a passé, c’était amer. Je n’ai pas vu le trajet. Arrivé à Paris, j’ai eu peur, la pierre grise est partout sur le sol, les voitures sont comme des fourmis qui sortent de chaque point de l’horizon, le bruit est strident.
Une odeur d’œufs de grenouille jaune pourris règne.
J’ai fait bonne figure et serré mon talisman chaque heure en récitant une prière. Après, j’ai fait comme ils ont dit, j’ai revêtu leurs ornements, j’ai fait mine d’apprécier leurs rites, j’ai beaucoup ri dans leurs voitures, nous avons vu des maisons immenses, les grands palais de la tribu des Télévisions, qui a le pouvoir là-bas, qui est comme la prière pour les bonnes sœurs d’ici. A la fin, ils m’aimaient bien, ils pleuraient et voulaient tous m’envoyer de l’émail. Pourquoi ? Je ne sais pas. J’ai dit « oui-oui ».
Je suis rentré. Ouf. Les sauvages, tu sais il ne faut pas les contredire. Me voilà de retour, petit. Et tu sais quoi, pendant que nous parlons, ils vivent toujours de la même façon. Drôle, non

mardi 6 avril 2010

Si j'ose dire....



Bon ! Pour continuer dans l’élan printanier que la nature nous insuffle, je vais vous parler avec candeur des films X.
De façon à ne heurter aucun public, aucun censeur, je ne mettrai que des allusions et pour tenter de déclencher votre bonne humeur, et je rajouterai la mention « si j’ose dire » qui sera symbolisée par le petit rappel suivant : (SJD), comme la petite cloche qui vous disait de tourner les pages dans vos livres avec K7 quand vous étiez petits, rappel donc apposé après chaque terme ou expression qui prête à glissement du sens (SJD), ou allusion tendancieuse.
Tout d’abord, les messieurs. On évitera de les nommer acteurs, car leur performance dans cette branche (SJD) est assez physique et ils font peu usage de dialogue. Doués d’une durabilité exceptionnelle, d’un jeu solide, et, tels des Bordeaux 1961 d’une longueur en bouche (SJD) surprenante sans oublier une capacité à retarder le final de chaque scène, ils n’apparaissent pas non plus comme étant des phares de la pensée contemporaine. Quelques vedettes ont percé (SJD), mais aucun n’est membre (SJD) de l’académie des Oscars.
Les dames : toujours disponibles, pleines de hauts et de bas (SJD), en grandes formes (SJD), pourvues d’un enthousiasme sonore et d’une énergie folle, un esprit ouvert (SJD), jamais une trace de jalousie, nulle envie d’aller faire du shopping ou de s’étendre (SJD) sur des rumeurs, et par ailleurs, toujours rasées de frais (SJD) depuis les années 80 à nos jours. La tendance est clairement à la coupe très dégagée, voire totalement lisse, c’est bien aisé chez l’esthéticien pour que la cire coule (SJD).
La minceur du scénario est proportionnelle à l’épaisseur (SJD) des acteurs, leur capacité à fusionner (SJD) dans les scènes où l’on passe de deux à plusieurs. C’est mieux qu’à la Comédie Française, on peut même dire qu’ils prennent Racine (SJD). Le décor varie peu : maison de maître (SJD), écuries où des étalons (SJD) s’ébattent, hôtels de luxe, voire de temps à autre une campagne riante où une couverture aux couleurs vives sera jetée sur le gazon (SJD) et enfin bateau à voile, voire à vapeur (SJD).
Il est vrai que le cadre du navire, branlant (SJD) sur la houle donne aux films X cette dimension qui les rapproche du théâtre classique : unité de lieu, unité de temps, unité d’action (SJD).
Et bien sûr, la musique. Indispensable, tout comme dans nos ascenseurs et parfois si injustement décriée ! Ces petits morceaux (SJD) instrumentaux, lancinants, entêtants, dans lesquels ressort (SJD) cet orgue un peu assourdi, mêlé (SJD) à des rythmes tropicaux et assourdis et à une basse régulière, comme un métronome.
En résumé, un genre assez peu varié mais profond (SJD), sans surprise, qui détend (SJD) peuplé de marronniers (SJD). Pas de quoi fouetter un chat (SJD).

lundi 5 avril 2010

Overdose de ballon rond



Je ne sais pas si c’est à cause de Pâques, de son cortège d’œufs en chocolat sur fond d’ecclésiastiques aigris, dépassés et faux-cul, ou du brusque surgissement des feuilles sur les arbres mais je tenais à vous dire que je n ‘en peux plus de l’incessante litanie du sport numéro un dans le monde et les médias (ou vice versa ?). Il fallait que ce soit exprimé ! Oui ! Ras-le-bol de ces multiplex radiophoniques deux ou trois fois par semaine qui vous font zapper immédiatement à mille mégahertz de France-Info parce qu’un hurlement vous signale que Le Mans a égalisé contre Auxerre.
Non mais ! Des villes où (sauf accident) je ne mettrai jamais les pieds et dont la seule évocation me laisse de pierre, alors là, que Diop ait fait une tête pour tromper la vigilance de Diawara, sous l’œil étonné de Dragouzevic et l’air hagard Da Silva, non, non, non !
Ce n’est jamais jamais fini, car outre la première division qui dure onze mois et vingt deux jours par an, on doit subir non pas une, mais deux Coupes de France (venez, dribblez, marquez et expliquez-moi !) et oui, aah, on est content, les amateurs de Skrofully-sur-Tatignac ont battu Saint-Etienne, car Niang a tiré un pénalty pour tromper la vigilance de Dos Santos, sous l’œil hagard de Ben Zadine et l’air étonné de Ritawszky. Evitons, tels des écueils dangereux, les méandres des résultats de Ligue 2… 3 et jusqu’à 12, répertoriées par des appellations que même les experts ont du mal à mémoriser.
Et je ne vous parle pas des incompréhensibles huit ou neuf coupes d’Europe avec des poules préliminaires interminables, avec deux matches à chaque tour au début des épreuves (soit dix mois et demi l’an) dont l’un de Lille (ouaiis) contre le Train-à-Vapeur Olympique de Ztorsk, puis Montpellier (oooh) et ses bennes à ordures contre Ankara Quartiers-Sud, et à la fin, dites-moi si je me trompe, mais ce sont toujours les mêmes clubs anglais ou espagnols qui gagnent. Je m’en tape, je m’en cogne, tout ceci m’indiffère !
Au secours, je n’en veux plus, appuyez sur la touche « suppr. », laissez-moi dire « oui » et enfoncer la touche « enter » avec force et rage, à la question « êtes-vous sûr ? » pour un effacement à tout jamais de ces sempiternelles et renouvelables compétitions ! Programmateurs radios et TV, pitié, graciez-nous, épargnez-nous enfin de ces litanies incessantes de résultats et d’enjeux étrangers…. Je me sens incapable d’être en faveur ou contre d’une ville précise, vu qu’il y a un paquet de crétins partout, mais surtout des quartiers, des restaus et des ballades très sympas dans tous les coins du globe.
Il est clair que la dernière chose que j’irais visiter à Ankara, Ztorsk voire Montpellier ou Skrofully-sur-Tatignac, c’est bien leur satané stade, sauf s’il est utilisé pour un concert, un barbecue géant ou la célébration finale, mixte, joyeuse et libératrice de l’éradication aboutie de toute compétition de leur football.

dimanche 4 avril 2010

Diagnostic d'urgence du contrôle technique pour Cathomobile usagée



Pour que ce véhicule (millésime 00, 2000 ans d'âge) évite la casse :

Changer les soupapes

Purger le carburateur allemand (pièces polonaises mieux adaptées)

Vider les ordures du garage italien

Eloigner les enfants des pédales (frein, braquemart)

Recoudre la foi ouvrante

Réviser et traduire le mode d'emploi (éviter le latin)

Remettre de l'essence divine

Vidanger l'huile rance de bénitier

Remplacer les quatre pneus de la papamobile

Laisser conduire les jeunes

Sortir de l'impasse du Vatican


Regardez le camion Musulmercedes, plein de soldats, avec son moteur à explosion, mais encore en état de monter les côtes, l'Autocaratorah diesel avec des méchants assis au fond, mais vraiment increvable, et le tranquille minibus Volkswagen Bouddah-cool.

Bref, la grosse Cathopel Crossa a besoin d'un sérieux travail de fond.

samedi 3 avril 2010

Ultima necat



Mort.
Étouffé.
Probablement par une simple cacahuète qui a provoqué sa fin. On a retrouvé le corps du PDG des Laboratoires Squith-Recheka, dans son bureau, au sommet de la tour qui abrite leur siège social. Pour être précis, le dernier bureau occupé par l’unique et ultime employé du groupe. Le reste des bureaux de la tour étant sous-loués à des sociétés de service informatique qui y ont aménagé de vastes locaux sécurisés, désinfectés et occupés par des serveurs informatiques.
John-Paul Zebrani avait cinquante-deux ans et avait conduit avec succès la politique « d’outsourcing final » demandée par les principaux actionnaires, le fonds de pension Nau-Soul Double Digit (49%) et des banques chinoises anonymes (25%).En effet, le groupe pharmaceutique avait délocalisé l’ensemble de ses usines au Mali et en Corée du Nord, réputés pour la maigre paie des pauvres ouvriers non syndiqués qui y peinent quatorze heures par jour, et son centre de recherche aux Iles Taks-fri.

Furent brillamment confiées à divers sous-traitants l’intégralité des fonctions, occupées précédemment par des salariés « en propre » de l’entreprise. Toute la stratégie et le marketing sont sous-traités au centre de formation des consultants juniors et bègues du cabinet Kourbature and Jolitor.
Les services financiers sont gérés par une association d’anciens alcooliques atteints de la maladie de Parkinson en République Tchèque (NB : ce qui leur fait gagner beaucoup d’argent, car les factures des fournisseurs servent de combustible pour chauffer leurs locaux aux vitres brisées et les délais de paiement sont les plus longs de l’industrie, source Reutaire ®).
La DRH, un temps transformée en centre d’appels aléatoires, situé à Varsovie auprès d’opérateurs sourds et muets, fut rapidement liquidée, faute d’employés !
Les forces de vente aussi se trouvèrent « outsourcées » en un tour fort habile, confiées en parallèle aux commerciaux de brosses à dents et de papier peint vert moutarde (qui de fait, visitaient aussi les pharmaciens et les médecins, alors, tant qu’à faire…).De plus, pour toute relation avec cette entreprise, on trouvait la réponse à… vraiment toutes les questions et plus encore sur le méga méga site Internet des laboratoires Squith-Recheka, site couplé avec une loterie géante au profit de la guérison du VIH et du cancer, sans oublier un tirage au sort quotidien pour gagner des brosses à dents, ou l’option de pouvoir choisir « online » un coloris vert moutarde pour décorer les murs d’un cabinet médical .
J.P. Zebrani se retrouva donc le dernier employé du groupe, et fêtait tout seul, ce soir là, l’aboutissement de sa stratégie d’outsourcing final. S’étranglant, il avait essayé d’appeler la sécurité du bâtiment, mais elle avait été délocalisée par son prédécesseur, le call center étant à Oulan-Bator, l’opérateur ne connaissant pas la traduction du mot « cacahuète » de toutes façons…

vendredi 2 avril 2010

Points de vue, images du monstre



L’infirmier du SAMU.

On nous a appelés en urgence. Il était six heures, six heures et quart du matin.
On est arrivés très vite, il n’y avait pas d’embouteillages à cette heure là.
On fonce, on arrive à la réception de l’hôtel. La suite VIP, au dernier étage, nous dit le concierge et il était tout pâle.
La chambre était dans un état indescriptible. Des bouteilles, des fringues, des cendriers pleins et des tas de trucs cassés un peu partout.
Mais lui, il était là, au milieu du grand lit, nu, blanc voire même un peu gris déjà.
On lui a fait une piquouze pour le réveiller, mais rien du tout. On est passé à l’oxygène, aux accessoires de réanimation et il a un peu bougé.
Ouh là, j’ai dit à Raymond qui était avec moi, il est pas clair ce type, il a tout mélangé cette nuit. Regarde les emballages des cachets ! Vite, on l’emmène à l’hosto.
Raymond a dit oui, et aussi que son fils avait tous les disques du gars, là, tout blanc et tout maigre qu’on venait de poser sur la civière.

La groupie.

Après le concert, on avait encore bu et fumé beaucoup. Les autres musiciens avaient tous disparu, avec des copines, des filles et encore des fans.
Direct.
Il était au moins cinq heures du mat’. Il fallait aller se coucher maintenant, il m’avait dit qu’il avait un show à la télé dans l’après-midi. Le lendemain.
Je suis monté dans sa chambre avec Lola, et on a encore fumé et pris quelques cachets.
Mais Lola est allée vomir dans les toilettes et elle s’est endormie.
Direct…
Moi, je pensais qu’il allait se montrer coquin, mais il est tombé raide sur le pieu.
Allez, allez, je disais, montre moi que tu es le plus wild !
Je me suis inquiétée quand j’ai vu que son bras était bleu et quand j’ai entendu une sorte de grognement.
Ça va pas ? Que je lui ai fait, et puis j’ai appelé la réception.
Direct.

Le chauffeur de limousine.

Oui, c’est bien moi qui l’ai reconduit du Pink Pink vers l’hôtel chicosse-quatre-ou-cinq étoiles, celui qui est tout près de la rue de Rivoli. Ils avaient fait une bamboula d’enfer dans un restau juste avant. Vers Chatelet, je l’avais déposé, lui et ses poulettes à 23 heures quinze, et oui, on est tous allés au Pink Pink trois heures après. Enfin, pas moi, j’attendais dehors ; On ne boit jamais, nous les chauffeurs.
On devait être sept voitures, en tout… des limos comme la mienne ; Un ou deux musikos dans chaque voiture, plus quelques filles bien réparties, des parasites comme souvent et un type de la Télé ; J’ai oublié son nom. Il fait une émission sur France chose.
Oui, ils avaient l’air bien allumés. Ça chantait, ça gloussait, et votre type n’avait pas l’air fatigué à ce moment là, si vous voyez ce que je veux dire ! Des drogues ?
Je ne sais pas, vous êtes marrants vous, on ne regarde pas trop les clients dans le rétroviseur vous savez, et moi je suis un type qui essaie de se faire discret.
Ce sera tout ? Parce que, moi j’ai une course à faire, un type à aller chercher à Roissy dans une heure.

Menu sans susurrer



(Servi aux journalistes par le Maréchal-Président)

Entrées :
Confidences sur canapé
Rumeur du jour
Des pêches fraîches
Gratin de Finnois
Anguilles sous roche

Plats sans résistance :
Bavette taillée
Coulis de colonnes
Museau de presse muselée
Bars, sauce Centrale
Rascasse les dents
Canard sans plume
Viande hachée, sur lit de Sang Surprise
Mains grillées

Vins :
Graves
Groupe de pressions
Anjou Feu
Saumur de Prison

Fromages :
Gruyère et trous
Bleus partout

Desserts :
Bonnes poires
Mystères amers
6 troncs pressés

Café : très serré, ou Liber-thé à l’amende

jeudi 1 avril 2010

Le pneu crevé et le jet privé



Un ministre prit l’avion, dans le cuir et la soie,
Et dans l’usine on vire, on crève les pneumatiques…
Plus de cent mille euros pour un voyage pratique ?
De quoi payer un homme, une centaine de mois.

Allez en Tunisie, dit-on aux ouvriers
Et pour 300 dinars, vous bossez même la nuit,
« Deux cent soixante euros », cela a fait du bruit !
Un salaire de misère, la raison humiliée.

A ce prix… on a juste, deux boudins pour 4X4
Deux trois petits kebabs, un maillon chez Rolex ?
La colère est bouillante, et la démarche vexe.

Un ministre prit l’avion, dans le cuir et la soie,
Des hommes sont jetés, licenciés, révoltés.
Que vit-on à la fin ? L’homme d’état souriait !