samedi 15 janvier 2011

Domino Dominants (Candide electro-remix 2011)



En premier, je crois bien que ce fut la Bhumisie, dont le dictateur Menalu corrompu jusqu’à la moelle s’enfuit comme un voleur (qu’il était) sous la pression de la rue. Après 23 ans de pouvoir monolithique, policier et d’enrichissement maffieux, il prit ses claques, ses codes de comptes en banque en Nuisse et au Floxemourg et il laissa tout en plan. 
Ensuite, la Talgurie voisine se souleva très violemment et mit fin au régime douteux du Parti Unique -le FLLM-, avec une innovation consistant à incendier l’intégralité des Lieux de Kulte et couper les barbes (et quelques têtes) des Breu-ligieux afin que les choses soient tout à fait claires. 
Par contagion, survint la « Révolution des Dromadaires » en Phibye et le dirigeant fou qui avait été accueilli à bras ouverts dans notre pays (il avait planté sa tente dans les jardins de l’Alizé et obtenu de réaliser divers caprices en échange d’achats de tanks), le célèbre Maréchal-Président Gradaffo fut mis à bas et coupé en fines lanières écarlates, avant que des élections n’y fussent organisées pour la première fois depuis... (On ne sait plus !). Par fierté, les Zepgytiens eurent à cœur de prendre d’assaut le palais doré de leur leader inamovible, Boumarak Premier, et l’armée sympathisa si fort avec les émeutiers que pas un coup de feu ne fut tiré, sauf en l’air pour faire rentrer chez lui tout ce qui ressemblait à un Grondamentaliste (dont une majorité réalisa qu’entre le gibet et l’abjuration de leur foi, la seconde solution permettait au moins de déguster des brochettes de mouton en riant un peu). Autant dire que les mini jupes réapparurent en un temps record, les Zepgytiennes ayant de fort jolies jambes. L’on vit dans les poubelles tant de voiles, de nouqabs, de bourkis et de vilaines robes que les décharges en furent encombrées. Cette vague de révoltes populaires et incandescentes, comme une gigantesque ola à l’échelle de nations entières sembla s’emballer. L’épicentre de Bumisie propagea ses secousses vers l’Est, mais aussi en direction du Sud à une vitesse inédite dans l’histoire humaine. Ainsi, en deux semaines, on vit la tête de Tototo Bonga sur une pique au Grabon, les mains de Lolo Gabgan dans un joyeux barbecue en Colt D’Avoir et l’exécution en série -filmée pour Youbulbe- de 17 généraux et 78 colonels tyranniques au Nagério. Aussi, toutes les contrées dans le nom finit par « Stan » mirent en cuisson rapide et découpage express leurs ministres pourris et leurs présidents autoproclamés (ainsi que leurs familles, belles-familles, séides, sbires, praitres, mollohs, brabbins, miliciens, notables, banquiers, intermédiaires et bénéficiaires de commissions diverses). Un tel nombre de têtes pourries roula dans la poussière qu’il nous est ici impossible d’en donner une estimation fiable. Partout les manifestations monstres démarraient, suivies d’émeutes plus ou moins violentes, avec engagement énergique des femmes, impétueux des jeunes et solidaire de tous ceux qui voyaient depuis des décennies leurs dirigeants confondre leurs intérêts personnels avec ceux de la nation. Les régimes autoritaires fondaient comme une boule de sorbet sur un geyser brûlant. 
Les pays Zarreupéens, dotés de régimes plus cléments ne voulurent pas être en reste dans la marche en avant de l’humanité vers une étape nouvelle de la Civilisation. La population ayant encore un zeste de conscience (et cela faisait vraiment beaucoup) connut une prise de conscience foudroyante. Les Zhompolitiks eurent à rendre tant de comptes que les trois quarts furent essorés comme le linge sale à 1200 tours-minute et renvoyés à leurs chères études. 
Les sinistres Marchés Phynanciers furent démantelés par l’attaque systématique (mais pacifique) de toute entreprise qui y était liée de près ou de loin. La notion de secret bancaire fut en dix jours reléguée dans le dictionnaire des idées mortes, au même titre que « dictature », « répression », « arbitraire », « actionnaire », stock croq-fion » et moult concepts étroitement liés.
L’on vit s’enfuir en avion, en voiture ou en scooter tous les porteurs de montres Grolexque et les adeptes de la fourberie étatique, ainsi que leurs complices des nomenklaturas privées ou publiques. Un vent de nettoyage éthique se mit à souffler si fort que l’on qualifia le mouvement de « Karcherisation Sulfurique ». 
Même en Namerik du Nhor, paradis du système consumériste et destructeur d’humanité, l’adhésion fut si forte à ce tsunami sociétal que l’on vit porter au pouvoir des représentants des peuplades autrefois joyeusement massacrées, les Kioux, les Bomanches et les Ravajos. A propos de massacre, y échappèrent in extremis les Zhaine-vangélistes, les secteux Chiantilogues et les adeptes obtus de toute superstition consistant à prendre un vieux bouquin poussiéreux pour la liste de cadeaux que l’on demandait au père Noël avant de rentrer au CP (après, hé bien, on est au courant !). 
En Phine Soupulaire, ce fut une telle mêlée que l’on ne sait pas exprimer ce qui s’y passa réellement, si ce n’est qu’y disparurent totalement la notion d’Etat, voire de Province et que survécut à peine celle de village (100% égalitaire et ultra zen, tout en se marrant bien, je t’aime, tu nem).

J’arrête là cette narration. En onze mois, sept jours et deux heures la Terre devint uniformément autogérée, désarmée, écologiste, laïque, pacifiée et intelligente. Et c’est là que les vrais ennuis ont démarré...

jeudi 13 janvier 2011

La galette était blette



Un jour de Janvier. Froid et gris comme un jour de Janvier…
Dans la grande multinationale, au siège social Européen, cette date avait été fixée pour être celle des « vœux » officiels. Dans la haute tour de verre et d’acier, tous les canaux de communication avaient été utilisés pour prévenir chaque employé que leur présence était…obligatoirement requise à 16h30 dans la cantine transformée en auditorium.
Depuis deux jours déjà, des techniciens s’affairaient, passaient des câbles et montaient un large podium surmonté d’un écran géant. Le traiteur allait aussi livrer 1028 parts de galette à la frangipane et des boissons (non alcoolisées), car après les discours, waow, chacun avait le droit à un petit « moment de convivialité » en dégustant « ensemble » et dans un fort brouhaha, un morceau de ce charmant dessert.
16h20. Tout le monde est quasiment là. Ce genre de rendez-vous, on ne le rate pas. Les meetings ont été écourtés. Qui voudrait arriver en retard et faire grincer son siège, alors que le Président énonce les brillants résultats de l’année écoulée « qui a été très dure, dans un monde qui change » et parle des efforts à faire pour l’année prochaine « qui va être très dure, dans un monde qui change » ?
D’ailleurs, le Président lui-même n’est pas encore sur le podium, mais il ne saurait tarder. Chacun prend place et lorgne du coin de l’œil en salivant les tables dressées au fond de la vaste cantine, chargées de parts de galettes à la frangipane, déjà disposées en un long alignement d’assiettes. Une assiette par employé semble-t-il ?
16h30 et 22 secondes. Le Président n’est toujours pas là ? Un inconnu passe derrière le pupitre, tapote les micros et commence à parler. Il est petit, vêtu d’un costume sombre et le crâne un peu dégarni ? Un physique quelconque, une voix forte cependant. Qui est-ce ?
«  Mesdames, Messieurs,
Suite au rachat de l’entreprise par Oldies Incontinents, fonds de pension basé à San Bitonio, Texas… (oooh, aaah, murmures bruyants dans la salle, quelques exclamations, et après cinq minutes, un silence tendu revient)…
Suite aux les décisions prises avec nos nouveaux actionnaires que je représente et avec effet immédiat, un quota de 20 pour cent des 1028 employés du Siège et, je cite, des divisions Europe, Production et Usines, Marketing, Recherches, ainsi que France et Benelux plus Afrique et DOM TOM   (oooh, aah, rumeurs…) va quitter dès ce soir (non ? quoi ? tout le  monde est debout tout à coup) son poste et avec effet immédiat (ooooh , aaah , cris, un délégué syndical envoie un sms, les hommes de la sécurité se sont massés à l’arrière de la grande salle, dont les portes ont été discrètement fermées), avec effet immédiat et indemnités à la clé … (shhhhh !!  font les premiers rangs, où sont positionnés les cadres les plus gradés) 
….Pour ce faire… (Le silence revient, émaillé de bruits divers)… Pour ce faire… chacun va prendre une part de galette (brrroum, 1028 employés se retournent d’un coup pour contempler les tables recouvertes de nappes rouges où paradent les assiettes)….Nous avons disposé de façon aléatoire dans 20 pour cent des parts une fève en forme de chapeau Stetson (hein ? quoi ?)… oui, de chapeau Stetson en l’honneur de nos nouveaux actionnaires texans (quelques rires étranglés). Chacun d’entre vous va prendre une assiette et commencer à manger….
….Quiconque trouvera une fève se rendra alors à son poste de travail, accompagné d’un membre du service de sécurité, prendra ses affaires et partira. Les détails administratifs seront réglés comme il se doit sous 48 heures… fin de communication et bon appétit ! « 
 (Cris, exclamations, mouvement de foule vers le fond de la salle, piétinements, bagarres,…).

Le DRH se réveilla en sursaut et en sueur. Il avait piqué un petit somme après le déjeuner du service, à l’occasion des vœux annuels. Viande, fromage, galette et trois verres de cidre c’était beaucoup plus que son habituel plateau salade-Perrier. Quel mauvais rêve ! Il se redressa,  ajusta sa cravate et fit mine de se remettre au travail.

Son PC « bippa » lui indiquant qu’il avait reçu un nouveau mail, dont le titre était « Last minute confidential-Détails de l’ O.P.A. d’ Oldies Incontinents »…

mardi 11 janvier 2011

Tunisie et Algérie : les colonels ou les mollahs ?



Cruel dilemme. 
Alors que des soulèvements et des émeutes agitent ces deux pays « amis » comme on dit en langage diplomatique, pour ne jamais froisser la junte qui les gouverne, le débat passe désormais à la température du Vésuve juste avant que Pompéi ne soit transformée en musée de la poterie volcanique avec statues humaines en taille réelle.
Août 79, le volcan gronde ! Je pars ou je reste ? Je prends la mer ou fuis dans la campagne ? Je prie Jupiter ou Saturne ? Je bois encore une amphore de vin ou je fais seller mon destrier noir ? Mais je m’égare, revenons en 2011 et à nos carthaginois, oops à nos moutons oops, aux pauvres gens qui ne se marrent pas tous les jours à l’ombre des régimes sans sel qui partagent les richesses de ces nations avec un ratio très peu pour toi/beaucoup pour moi avoisinant le zéro absolu.
En tant qu’occidental assis dans ma cuisine au gaz et ma voiture à explosion, en train de me faire mitonner une bonne petite choucroute pleine de saucisses variées, je ne peux m’empêcher de songer au spectre abominable de l’alternance par une autre dictature, barbue celle là ! Au hit parade de l’intolérance crasse et des cerveaux obtus, ce type de désastre a fait la démonstration de sa parenté encore plus évidente avec les styles très directs de Père Ubu ou Darth Vador. Imaginez le bruit des bottes, le claquement des verrous de cellule et les coups de goupillon en bonus. « Qui tu sais » est grand et prends ces pierres dans la tête, c’est divin !   
Un colonel, on peut lui vendre des avions, de la bonne centrale électrique, des pigeos, des rinault, et des Club Med sur tout son littoral, il boit même un petit whisky, voire un Vosne-Romanée 1961 lors de son passage à l’Elysée, et il n’a cure d’emmailloter ces dames sous des couches de tissu. Le mollah sonne plus aigu, il est irascible, il fait péter les bouddhas (blancs ou noirs), pas les bouchons et sur les plages de Djerba, il risque fort de peu goûter le monokini ambiant. Le militaire aime l’ordre, l’ayatollah adore le silence. Le galonné coupe les droits de l’homme, le religieux coupe aussi les doigts de la femme histoire de surenchérir. Certes, mais j’entends aussi les arguments de ceux qui ont les mains dans la prise, la matraque dans le crâne et leur geôlier dans le... enfin, vous voyez. C’est vrai, c’est assez agaçant, comme on dit dans nos livres d’histoire, dès la page 1789. 
Très embêtant, ce choix, surtout si on regarde qu’entre la statue de marbre Saddam et le chaos sanglant et poussiéreux qui l’a remplacé, c’est bien pire en 2011 et pour assez longtemps, semble-t-il. Le problème, chers lecteurs, est aussi que l’édifice dictatorial plus que mûr des régimes en place est en train de s’effondrer. 
Quel joker va sortir du chapeau ? Fromage ou désert ? Je crains fort que cela ne fasse rire personne, même à Tamanrasset et Tataouine.        

lundi 10 janvier 2011

Lundi gestion



Trop de bagarres, de manifs,
De gros pavés qui roulent.
Ces vilains chiens serrants,
Contre loups, irrités du collier.

Trop de tablettes, de canifs,
De PC bien trop cool.
Thérapeutes énervants,
Contre nous, décrétés fous à lier.

Trop de starlettes, de naïfs,
Longs métrages qui nous saoulent.
Oscar du plus rasant,
Contre fous, au cerveau cavalier.

Trop de cyclones, de récifs,
De pétroliers qui coulent.
Marées noires en avant,
Contre igloos, dégelés par paliers.

Trop d’obèses, boules de suif,
Engraissés comme des poules.
Acheteurs exigeants,
Contre filous, d’OGM bien alliés.

Trop de blogs, d’abrasifs,
D’internautes qui se foulent.
Petits buzz agaçants,
Contre tous, audimat, escalier.   

Licorne de brume



Les gardiens du Musée de Cluny, à Paris, sont abasourdis ce lundi matin. Les six tapisseries dites de « la Dame à la Licorne » ne sont plus telles qu’ils les avaient laissées dimanche soir, en partant. Ces magnifiques œuvres tissées, datant d’environ 1489, et qui sont l’un des temps forts de la visite du Musée, celles que le monde entier nous envie ?
« Oui, Monsieur Dumesnil, venez tout de suite, il y a un énorme problème ! »
Les gardiens appellent leur chef, qui accourt, constate puis blêmit, s’assied sur le sol comme victime d’une attaque, le souffle court.
On le transporte dans son bureau, où il s’agite, parle, téléphone, puis retourne dans la salle semi obscure où sont montrées au public les fameuses tapisseries.
Bien sûr, le Musée est fermé pour la journée (au moins).
La police arrive, les enregistrements vidéo des caméras de surveillance vont être regardés minute par minute. Au Ministère de la Culture, c’est l’inquiétude, mais par une chance inouïe, aucune information n’a encore filtré dans la presse.
Il est midi, une cellule de crise a été formée. Retour dans la salle dédiée à la série de « la Dame à la Licorne », un petit groupe nerveux s’y trouve.
Le Ministre : Bon, Gardien Duranton, c’est bien comme ça que vous vous appelez… redonnez-moi votre version des faits.
Gardien Duranton : Hé ben, M’sieu le Ministre, comme j’ai dit à mon chef (désignant le Directeur du Musée, pâle et la cravate défaite, Antoine Dumesnil), on est arrivé ce matin avec mon collègue Diawara, on a allumé les lumières tamisées, vous savez parce que c’est pas plus de cinquante lux sinon les tapisseries elles vont s’étioler, et donc on les a pas trop regardées, mais Diawara il se met à rigoler et il me dit « dis-donc, ta Dame, là, elle est partie ! » Alors je lui fais : » arrête Diallo, tu vois bien que les tapis ils ont pas bronché » et comme il est mort de rire, je m’approche, je les regarde de près et là, je vois !
Dumesnil : Oui, Monsieur le Ministre, rien n’a été touché ni altéré, les tapisseries n’ont pas bougé d’un millimètre et aucune alarme ne s’est déclenchée cette nuit. (Il prend à témoin le Préfet de Police et ses deux officiers, tous les trois raides et crispés) Et je puis vous dire que les systèmes avaient été changés il y a deux ans à peine, avec des installations neuves de haute technologie japonaise, et sur un budget en équilibre, je puis vous l’assurer !
Le Ministre : Et personne n’a rien vu, rien entendu ? Et les rondes de nuit, ont-elles été effectuées correctement ?
Dumesnil : Monsieur le Ministre, bien sûr, tout est encore consigné !
Le Préfet de Police : Et aucun rapport suspect du commissariat tout proche et des voitures qui patrouillent dans le quartier, de façon opérationnelle et planifiée !
Le Ministre : Mais enfin, de quoi s’agit-il ? Une bande de plaisantins ? Une attaque terroriste ? Nous allons recevoir une demande de rançon ?
Expliquez-moi !

C’est ainsi que démarra l’un de mystères les plus épais de notre siècle. En effet, les tapisseries étaient à leur place, sans preuve aucune d’effraction, ni de vandalisme, ni le moindre résultat probant après la longue suite d’analyses chimiques et aux rayons X qui fut effectuée. Des experts ont scanné jusqu’aux fondations du bâtiment. On fit venir discrètement un radiesthésiste et un voyant pas trop illuminé, mais en vain.

En effet, la dame avait simplement disparu de tous les motifs ! Six  au total, représentant les cinq sens plus un sixième, inexpliqué de façon claire et qui le restera donc encore longtemps.
Elle était évanouie, effacée, partie, supprimée, enlevée.
Il restait bien la licorne, le lion, tous les autres petits animaux, le miroir, les arbres et les fleurs, mais elle, personnage principal donnant son titre au chef d’œuvre n’était juste plus là, laissant un siège vide et un foulard blanc posé à l’endroit où elle aurait dû se trouver.

Une habitante âgée du Boulevard Saint-Michel affirma un jour qu’elle avait croisé un soir une fort jolie dame en habits médiévaux à l’arrière d’un scooter piloté par un type avec une drôle de casque (une « salade » avait elle dit) alors qu’elle rentrait de nuit chez elle, mais personne ne nota son témoignage.

vendredi 7 janvier 2011

Mea culpa, dear Robert Smith


Sorry, désolé, excuses plates. 

Depuis que j’écris sur ce blog, moult thèmes furent abordés, et je n’ai pas une seule fois partagé mon amour pour la musique de The Cure ! Alors que mon fils cadet, mélomane passionné et pertinent, est en train de découvrir méthodiquement leur discographie, me voici replongé grâce à lui dans les atmosphères troubles et les chansons moirées de ce groupe qui a marqué tant de cœurs purs et d’âmes romantiques. 
Avouons-le, pour certains albums je n’avais pas fait l’effort de les réécouter avec l’attention fébrile qui me possédait lors des années 80 à la seule mention du combo de Robert Smith. Mais oui, cette musique est extraordinaire, il faut le dire et le partager avec qui veut l’entendre ! 

Attention, vous devez préalablement nettoyer vos conduits auditifs bouchés par ces sécrétions infâmes et gluantes laissées par des ritournelles de télé-crochets, ces reprises pâlottes pour concert caritatifs essoufflés ou ces imitations d’imitations discoïdes entonnées par des bimbos déguisées à l’aide de robes faites au mieux de morceaux de bidoche… 
Passez un coup de Karcher dans vos portugaises ensablées à coup de ciment par les sordides scies musicales entonnées par quelque brochette boutonneuse d’ados allemands maquillés comme une prétendante au titre de Miss Mascara d’égout. Enfournez donc un coton tige badigeonné d’acide sulfurique dans vos esgourdes encalminées par les œuvres pathétiques de pseudo rockers copistes et franchouillards, de néo barons du hip hop made in RER B et ces hordes de petits crooners sautillants et maigrelets qui font un tube avec un accord et demi et surtout 3000 passages par jour en rotation Caterpillar sur toutes les fréquences imaginables de la FM, entre deux pubs pour banques faussement responsables et assurances tellement altruistes qu’on se demande pourquoi elles sont encore cotées en Bourse. 
Bref, mettez-vous dans les meilleures conditions pour entendre The Cure, vous laisser emporter par tout ce qui bout dans cette marmite fumante, magique et maudite, préparée avec amour par notre sorcier blanc comme un suaire, aux cheveux en pétard et grimé comme une Rolls cabossée qui aurait été volée à Baudelaire et conduite sans permis, un soir de pleine lune par la Belle au Bois Dormant sous psychotropes, allant à son rendez-vous de rupture avec le fils oublié de Rimbaud et Siouxsie (mais sans ses Banshees, cruels êtres nocturnes partis manger tout cru les petits crétins qui se prennent pour des sorciers sans avoir jamais vu un pendu pourrissant). 
Cher Robert Smith, au Panthéon des grands de la musique-que-j’aime-elle-vient-de-là-elle-vient-du-blues, vous serez dans la crypte et le marbre, entre Joe Strummer et Ian Curtis, sur les photos de la brochure et vous aurez le droit de hanter les couloirs, ad vitam CUREAM !

jeudi 6 janvier 2011

Des centaines d'oiseaux tombent sur les routes, morts



3 janvier-Des centaines d’oiseaux tombent sur les routes, morts. Dans l’Arkansas, en Louisiane, puis en Suède. Pas d’explication.
4 janvier-Des milliers de poissons sont retrouvés, le ventre en l’air au Mexique, en Italie et en Guinée. On ne sait pas pourquoi.
5 janvier-Des moutons périssent par milliers, sans cause apparente en Nouvelle-Zélande et en Écosse, comme dans le Sud de la France. Inquiétude des éleveurs.
8 janvier- L’intégralité des vaches de la race Holstein est couchée sur le flanc et halète, saignant des naseaux sur tout le continent américain. Rage chez les éleveurs. Manifestation prévues le 15.
12 janvier-Prolifération anormale de moustiques « tigre » au Tennessee, en Malaisie et dans l’ensemble des pays bordant la Méditerranée. Infestation, nuées, inquiétude et énervement des populations touchées.
17 janvier-On voit des rats émerger et grouiller de nuit, hors des égouts de grandes villes comme Marseille, Milan, Taormine, Marrakech, Chicago et Perth. Les rats mordent les passants, dévorent les chats puis sont atteints d’une paralysie des pattes arrière et meurent rapidement, deux ou trois heures après leur sortie. Quartiers entiers désinfectés.    
2 février-Tous les animaux du zoo de Zürich et de Berlin sont découverts raides et figés dans la mort, au matin, par les gardiens affolés qui font grève et réclament une hospitalisation d’urgence.
5 février-Une note des Services secrets US recommande à la Maison Blanche d’informer les populations de se débarrasser sans délai de tous les oiseaux en captivité présents dans les foyers et endroits publics.
7 février-Deux écoles primaires au Danemark et cinq au Mexique sont évacuées, les enfants, les personnels et leurs familles placés en quarantaine absolue. Décès suspects de 45 retraités le même jour à Shanghai.
8 février-Le nom du virus « Spatiulabd » est employé pour la première fois dans la presse par un journaliste polonais, ayant volé l’I-Pad d’un conseiller du Premier Ministre. Scoop repris par l’ensemble des agences mondiales.
10 février-Les dirigeants de Mayersanti envoient un communiqué écrit laconique aux médias, mais évitent de tenir une conférence de presse.
11 février- Recommandations hésitantes et floues de l’OMS. Premières émeutes et mouvements de panique pour sortir des villes.
12 février-Mise à sac et pillage du Siège de Mayersanti, ainsi que de leurs bureaux et installations dans de nombreux pays.
17 février-Démarrage foudroyant de l’épidémie. Pas de chiffres officiels, ni vérifiables.
28 février- Les symptômes les plus fréq

mercredi 5 janvier 2011

Vers solitaires


Au début, un seul.
Le premier, l’éclaireur. Le chef consultant senior de chez *****.
Il vient, il cause, il tourne et vire. Il séduit, propose, compare, montre des images qui brillent. A l’extérieur, là, oui comme dans le magazine verni, là, chez d’autres idéalisés et si forts, dans un futur si proche où tout est plus beau, plus net, plus propre.
Il a pris dans ses filets notre bastion, notre entreprise qui désormais sera tel le papillon face à des ampoules de forte puissance. Hypnotisés nos dirigeants, avec au revers de leur costume le prestigieux nom du cabinet de consultants *****. Notre société, cela s’appelle un « grand compte », allusion certaine à l’étendue du fromage que les rongeurs infatigables vont pouvoir dévorer. Chez *****, ils sont malins, ils envoient toujours un éclaireur qui plaît fort aux dirigeants, maniant les mélodies mieux qu’un charmeur de serpents qui leur instille la petite dose d’hallucination. Le germe qui va grandir, qui va devenir un lierre grimpant qui s’accroche partout. Le premier shoot, pur.
Puis arrivent deux, trois, quatre autres consultants. Mutiques et absorbés. Ils ne parlent qu’entre eux, ou aux patrons en les admirant en apparence, et un tout petit peu à ceux dont ils vont gober les idées.
Du matin au soir, ils sont face à leur PC portable, et lorsqu’on passe derrière, nous pouvons même reconnaître le logo qui nous est familier, pris dans les toiles d’une araignée Powerpoint. L’araignée vorace étend ses pattes, elle court de plus en plus vite et tisse une toile compliquée. Tels des sphinx, ils ont le dos droit toute la journée et tels des mamans Alien, ils pondent des œufs mystérieux.
Peintres du virtuel, ils recréent la réalité ! Les vendeurs deviennent des sales forces et les clients des customers. Les mêmes, mais numérisés, virtualisés, modélisés comme des Playmobil qui ne seront plus jamais en sueur. La vraie vie se transforme en une arène brillante où des camemberts et des histogrammes apparaissent comme des panneaux indicateurs géants qui masquent le soleil et la pluie.
Un jour, ils sont six, puis ensuite ils sont dix, enfin, ils dépassent la quinzaine. Ils occupent presque tout l’étage et on ne connaît pas leur nom. Ils ont même des troupes de réserve dans d’autres recoins, ont colonisé les bureaux vides des premiers licenciés. Certains ont l’air d’avoir seize ans, d’autres ne savent pas ce que les initiales au bas de notre logo veulent dire. Qu’importe ! Tous prédisent et écrivent en boucle que nos customers seront subjugués par les digital salesforces dans un challenging market. Les toupies tournent, leur musique est partout.
Un autre jour, nous sommes convoqués à la grand’messe où tous ceux des nôtres qui parlent se mettent à employer les mots nouveaux qui parlent un peu de ce que voulaient dire les anciens mots. Mais pas trop, car sinon, ce ne serait pas très ***** et le market change vraiment l’an prochain, non ?
Les mots nouveaux ont plus de couleurs, des sonorités qui font « ing » et « tion », ils sentent bon les incantations initiatiques de chez *****. Ceux qui les disent sont mandatés pour les diffuser et les autres sont invités à les employer.
On parle d’un monde qui devrait être le nôtre… nous n’y figurons déjà plus, même au générique de fin.
L’hiver est arrivé, glacial, puis le printemps, gris.
L’usine de France a été vendue, puis celle d’Italie, et puis on a vraiment eu des soucis avec les clients, mais ça c’est ce que disaient les filiales, loin, très loin là-bas.
Et puis un jour, les consultants à notre étage ont été plus nombreux que les employés en CDI, puis peu de temps après plus nombreux que la poignée de CDD qui devaient les écouter et imprimer leurs factures (CDD sans cesse renouvelés, toujours réinventés, dans l’incertitude des six prochains mois).
Et puis un jour, un consultant stagiaire (quatorze ans mais expert en customers  et en digital market) est sorti acheter des biscuits parce qu’ils faisaient tous une fête entre eux pour célébrer le dix millième tableau Excel qui nous était facturé.
Le stagiaire a parcouru les couloirs, ils étaient vides. Il n’y avait plus un seul employé de chez nous.
Dehors, les pelleteuses avaient attaqué l’entrée du parking.       

mardi 4 janvier 2011

Cher Bret Easton Ellis,




Votre dernier livre, Suite(s) Impériale (s) m’a laissé une sale impression. Un dégoût diffus, un mauvais voile sale sur le pare brise, un regret évident et cependant mémorable. Fort probablement l’un de vos objectifs en (re)distillant ce mal être poisseux des héros noirs de « Moins que zéro », (re)dépeints et (re)arrosés d’acide 25 ans après. 
Cependant, le lecteur ouvert que je suis avait beaucoup aimé le premier livre et finalement très peu le second. Tant de battage marketing avait été fait  que je suis tombé dans le piège et ai voulu connaître la suite, petit curieux que je suis. Déception, explications. Lisez ci-après.
Suite (s) Impériale (s) m’apparaît bien confus, flou, malsain et mal ficelé. Cela pourrait être intéressant dans l’optique de provoquer notre imagination, voire de secouer les cocotiers trop photogéniques de L.A., mais… non. Le parti pris systématique de surcharger le tableau à coups d’alcool, de drogues de sexe et de cynisme devient épuisant pour l’homme de la rue qui n’en demande pas tant. 
Vous savez, nous on se promène assez rarement un sac de coke à main et encore moins en costume Tom Ford blanc. Allez ! Sans compter quelques scènes (attendues) d’ultra-violence bien crades. Coquin, on vous reconnaît bien ! Naturellement, ces gens très riches sont très fous et très cruels et très pathétiques. Bien sûr, le monde est pourri, toute illusion est vaine. Oh ? Of course, le milieu du cinéma est abominable et effroyablement écœurant. Ah ? Mais c’est la recette du premier, et c’est déjà froid en sortant du micro-ondes ! OK, Bret, regardez les Simpson au moins une fois dans votre vie et décompressez. Les Sex Pistols n’ont fait qu’un album, et cétacé. Hop, ici, vous souriez ! (cela s’appelle une note d’humour). J’espérais une histoire plus dense. 
Cher ami, vous usez deux fois un pistolet à un coup. 25 ans pour recharger, c’est un poil long. J’ajoute ne pas avoir été captivé du tout par vos dialogues toujours très évasifs, tout en sous-entendus, questions sans réponse à des interrogations vagues pour ne pas expliciter une affirmation à demi-formulée, mais prenant une expression toute faite comme simili philosophie définitive. Vous suivez ? Moi non plus. J’ai tenu jusqu'à la fin, mais uniquement par acharnement et volonté de finir le boulot, pas comme le héros, Clay, qui en fait se dégonfle. Mince, j’aurais aimé qu’il casse un peu plus la baraque, histoire de finir en beauté…alors flûte (de champagne) !

Pour résumer : voici un coup bien joué car les critiques sont excellentes, les ventes au top et on parle de vous partout. Mais, tout comme vos personnages, vous n’avez engendré que déception et malaise. 
Dommage. Bon, on reste amis, hein, vous n’envoyez pas trois tueurs mexicains sous crack me lacérer et poster la vidéo sur Internet ?   

lundi 3 janvier 2011

Kiffe la life de Keith


Croqué le pavé « Life » du vieux pirate Keith Richards et dois vous dire que c’est grand. I know, it’s only rock and roll, mais j’adore ça voyez-vous. On plonge droit au fond du scenario Rolling Stones, on voit les annotations dans le marges, chaque rature nous est révélée. Vue de l’intérieur du vaisseau cosmique, des débuts maigres qui claquent des dents, vol à travers les petites et les grandes histoires, jusqu’ à maintenant… Sommes-nous obligés de tout croire ? 
Ce n’est pas grave, vous connaissez le principe qui consiste à toujours préférer imprimer la légende. Ici, l’histoire est belle, toute emplie de bruit, de larsen et de fureur. Passionnante, émouvante, pour qui frémit toujours à l’écoute de ce groupe fondamental (pour quelques millions d’entre nous, même à une époque où résonnent des daubes volantes plus nombreuses que les asticots sur un macchabée frais en milieu tropical) 
L’ami Keith est touchant, car il semble si sincère, ce gaillard maigre, rageur, sensible et doué, embarqué dans une saga formidable dont la bande originale est juste extraordinaire, les acteurs tous habités et légendaires. Entendez le point de vue très particulier du guitariste brillant qui a créé tant de riffs immortels. Il détaille ses techniques avec précision car il a toujours eu la foi dans l’électricité vaudou qui jaillit des six cordes (voire parfois cinq pour lui !) 

Au début, ils voulaient juste être le meilleur groupe de blues de Londres, rêvant jour et nuit de Chicago et de ses mythiques musiciens, qu’ils ont fini par côtoyer et… égaler. Brûlante biographie, qui roule à toute allure, telle une caravane sans freins descendant la pente du Mont Ventoux. Au passage, on aperçoit des femmes fortes, des groupies incroyables, des amis magnifiques et des enfants perdus. Studios,  concerts par centaines, tournées et avions de plus en plus gros. 
Et tant de drogues, en poudre, en fumée, en pilules ou en cristaux plus une forêt de seringues qui se plantent dans les bras, les murs et les destins brisés. Le style est vivant et direct : il s’adresse à nous comme à des vieux amis (que nous sommes, hey !). Côté addictions, il est poignant de voir ses répétitions sur le thème « comment j’ai essayé d’arrêter » et ce type d’itération caractéristique des junkies qui n’ont plus rien d’autre dans la tête. Lui a toujours eu les inventions de MM. Gibson et Fender entre ses mains, magiques (ouf). Il a brûlé la chandelle par les deux bouts, longtemps, violemment, et s’il est encore bien vivant maintenant, je pense qu’il a reçu du diable une constitution hors norme. 
Tout comme son compère à grande bouche, ennemi, frère, alter ego, miroir, punching ball, yang pour le yin, Wesson pour Smith… bref, vous savez qui. Keith, ses amis, ses amours, ses emmerdes : il est attachant au possible ce type, on aimerait vraiment lui faire un énorme hug et lui dire : merci aussi pour la nôtre de life, Keith, sans toi elle ne serait pas aussi rock.