mercredi 30 juin 2010

Procrastination



On verra la semaine prochaine.
Demain, il fera jour.
Pfff, pas ce soir, je suis crevé.
Tu es sûre que c’est pour ce mois-ci ?
Attends !, ils n’ont pas fini leur partie, alors nous on met sur pause.
Mon PC est lent en ce moment.
Il fait un peu chaud, non ?
Je crois bien que je n’ai pas reçu ton mail.
Comment ça, sur l’agenda électronique ?
On va quand même pas lancer ce projet avant les vacances ?
Ce mois-ci, j’ai déjà écrit 20 notes sur mon blog.
Le panier à linge, on peut encore le bourrer un peu.
Le frigidaire n’est pas si vide qu’il en a l’air.
Il paraît que sur la réserve on peut rouler 50 kilomètres.
Ta mère, on l’a vue il y a six mois et là, il faut inviter les Landru.
Si c’est pour être payé à 60 jours, autant ne pas se précipiter.
Je suis nouveau, je n’ai pas été formé.
J’ai de l’ancienneté, on va pas confondre vitesse et précipitation, les jeunes.
En retard pour en retard !
Arriver le premier, c’est jamais trop bon.
Quant à être le dernier, autant que ça se voie.
J’attendais ta réponse.
J’attendais ta question.
Quelle heure est-il ? Oh, mais il fait nuit !
Si on appelle après 21 heures trente, c’est très impoli, tu sais
T’as pas un petit creux ?
Allez, encore un verre et on s’y met.
Trois kilos, qu’est-ce que c’est ?
Je ferai le grand ménage au printemps.
J’arrête quand je veux !
Je commence bientôt.

Merci de n’avoir pas repoussé la lecture de cette note à un autre moment !

mardi 29 juin 2010

Ménagerie (jaune)



L’homme était coincé. En fuite, haletant, pourchassé mais tout à fait coincé. Et il allait devoir choisir, vite, une solution…
Pourtant, tout avait bien commencé : les systèmes d’alarme du Louvre avaient été neutralisés, un peu trop facilement, d’ailleurs.
Il avait réussi -avec deux comparses- à dérober trois tableaux de maîtres italiens, de petit format et faciles à glisser dans un sac à dos. Valeur inestimable, invendables sur le marché, mais facilement négociables contre rançon discrète. Les journaux ne donnaient jamais les montants des rançons ; d’ailleurs une fable était toujours jetée en pâture au public, où il était question de coup de chance ou alors de brillante action des forces de l’ordre.
Les rançons provenant du Trésor Public, tout devait rester le plus politiquement correct possible…rigueur grise, économies sur les dépenses publiques et budgets en baisse obligent.
Mais là, cela tournait mal. Alerte soudaine, sons assourdissants puis changement d’atmosphère en une fraction de seconde.
La poursuite sur les quais avait été rapide, violente et courte. Ses deux complices avaient été stoppés, l’un par une balle dans l’omoplate, l’autre par un véhicule banalisé qui avait percuté leur moto, Quai Saint- Bernard.
Notre homme avait couru, les tableaux encore dans son sac, puis pris un sens interdit, et encore sauté au dessus d’un haut mur, entraîné par des années de pratique et de performances athlétiques. La ménagerie du Jardin des Plantes, la nuit, l’été… Le bruit des sirènes, une course poursuite entre lui et quelques gardiens, vite rejoints par les premiers policiers. Pensant trouver une cachette, traqué comme le gibier dans une battue, il bondissait d’enclos en enclos. Le bouquetin l’avait chargé sans hésiter.
Il fit une chute sur le flanc, mais repartit à toute allure. Il se prit les pieds dans les abreuvoirs peu profonds mais glissants des poudous. L’odeur des gaurs et des anoas était si forte dans le petit abri en béton, qu’il en sortit comme un diable et courut de plus belle. Le yack l’effraya et il passa en flèche en réveillant un takin femelle, puis le bharal lui se mit à bramer et le couple de markors qui dormait debout l’observa d’un œil indifférent...
Évitant la fauverie, en réparation depuis des années, il repiqua par l’allée du coté des nandous, ces autruches bis sans légende à traîner et des petits maras, incertains dans leur démarche, comme leur classification dans le règne animal, ceci dit. L’éclair agile d’une torche le fit sauter au milieu des wallabies, puis des cabiais et il fit bruisser de rage les émeus en passant en trombe au milieu de leur fierté blessée.
Là, il était coincé, entouré par des chiens des buissons qui montraient les dents. Il se rappela qu’étant enfant, tenant la main de son grand père, il avait bien lu la mention « carnivore » sur la plaque descriptive de l’espèce. Mais protégée, bien sûr, l’espèce.

dimanche 27 juin 2010

Copains d'avant



Regardez cette photo, elle est publiée dans le JDD du dimanche 27 juin 2010. C’est le jour de mon anniversaire, je suis heureux et il fait beau. J’ai de la chance, j’ai un travail, une famille formidable, je suis en forme et j’ai de l’énergie mentale et physique en stock. Ce matin, je bois un café, je lis le JDD et, au milieu d’articles très énervants, cette photo un peu floue me regarde, troublante : je devrais tourner la page… mais
Il me reste aussi un peu de conscience politique, des valeurs de base qui semblent fondamentales. Malgré une chaleur estivale, mon courroux habituel contre les trop riches et ces trop puissants sans noblesse aucune n’est pas assoupi. Les bustes de mes héros sont un peu couverts de poussière, mais ils ne sont pas déboulonnés. Voltaire, Danton, Jean Moulin, voire Joe Strummer sont inoxydables !… Je dis simplement que j’ai besoin d’un peu d’exemplarité pour moi-même ne pas céder aux sirènes du pessimisme absolu. Qui nous montre le chemin, là , le 27 juin 2010 ?
Regardez cette photo, d’individus arrogants et protégés, cités dans des affaires en cours dans lesquelles argent-roi, fisc défaillant, ministre sans honte, parti politique aux mains sales et milliardaire sans vergogne sont tous mêlés, unis comme des larrons en foire, pourris comme des zombies, soudés par la chair en putréfaction et TOUS liés par des rubans rouges de la Légion dite « d’Honneur » qu’ils s’auto-attribuent entre eux, comme les amnisties, les privilèges et les passe-droit.
Regardez cette photo, où ils sont fiers d’avoir massacré du gibier, des beaux cerfs à cors multiples abattus en grand nombre en une orgie destructrice et ignoble. A l’image de leur usage des principes moraux, des actions éthiques et du simple respect des lois ?
Regardez cette photo, où le sang sur les mains et le nombre de cadavres sont érigés en trophées picturaux que l’on se doit de montrer à ses pairs, en une parade atroce d’orgueil et bouffie de cruauté.
Regardez cette photo, où l’on devine en arrière plan des 4X4 par dizaines, des rabatteurs sous payés, des jets privés pour repartir aussi vite, des notes de frais camouflées, des repas pharaoniques et un gâchis de fric à une échelle qui rendrait rouge écarlate 99% des électeurs s’ils savaient.
Regardez cette photo, ce sera sans doute bientôt un souvenir de copains d’avant, d’un monde brûlé, qui a basculé pour avoir trop tiré sur la corde. Regardez cette photo, elle donne envie de vomir, mais elle sera bientôt dans les livres d’histoire au chapitre Ancien Régime, juste avant Révolution et Terreur.
Regardez cette photo : un jour, et sur une autre image, les cerfs porteront des cravates, des Légion d’Honneur et des Rolex.

vendredi 25 juin 2010

Une ratatoulle d'infos indigestes



Jérôme Kerviel vient de battre l’avocat de la société Générale au cinquième set du tournoi de l’île Bettencourt, aux Seychelles, par 40.001 jeux à 39.999. Il a fait un ace à 315 km/h pour le point gagnant du match, mais en fait il y avait hors jeu.

Le ralenti le montre, mais seulement sur les TV 3D HD v4.2, ET si on envoie CHEAT au 089999999999, 2,5 euros la tentative. On apprend ensuite sur le Twitter de Sarah Palin qu’il était dopé par ces nouveaux OGM, fabriqués en secret chez BP, à partir de purée de crevettes mutantes et survivantes de la marée noire de Louisiane. Les joueurs de l’équipe de France de foutre-bol, assis tous les 23 en pile sur la haute chaise de l’arbitre, n’avaient rien vu à cette fraude, car Zahia, qui est en fait la cousine de Lady Gaga d’après une révélation de Rue 89, à moitié nue dans les gradins, leur envoyait des reflets de sa courte robe à paillettes.

Oui, mais ceci ne saurait étouffer le scandale du ministre qui a constitué une cave de grands vins, pour une valeur de 2500000 euros, qu’il conservait au frais en ayant monopolisé un jet privé, payé à voler en cercles au-dessus de sa mairie de Tormblon-les-Fouillis, car outre son poste de ministre, il était aussi député, conseiller général du Loiret-Chair.
Comme cela, en levant la tête, ses conseillers municipaux voyaient le jet passer et ils se disaient « Ben tiens ! Les bouteilles de notre maire sont bien au frais. » Tout a été révélé par la femme du pilote, un ancien de l’Afghanistan qui avait été blessé par un taliban pacifiste et végétarien, le seul de son espèce, qui en fait voulait sortir du pays et lui avait tiré dans les ….

L’épouse, épuisée d’attendre son mari qui ne redescendait jamais, lui envoyait des sms coquins via son I-Phone 4, qu’elle avait eu en fraude, s’étant fait passer sur Meet-trique pour Madame W., épouse en préretraite vraiment anticipée d’un ancien ministre du Budget et de fait, Bill Gates avait craqué pour elle et lui avait donné son exemplaire de démonstration offert par le PDG d’Apple, car en fait ils sont super copains, ce que Marianne, Le Monde et le Canard Enchaîné ont découvert, en recevant une enveloppe pleine de photos compromettantes d’une soirée très très arrosée où l’on voyait, fumant des cigares à 12000 euros pièce, le Bill, la Zahia, l’avant-centre gauche de l’équipe de France, le directeur en chef de la stratégie marketing « verte » de BP et Kerviel et aussi l’avocat de la Soc’ Gen’ et un type un peu voûté qui, lui seul, avait compris ce qui se passe dans Clearstream … le tout sur une île aux Seychelles, qui EN FAIT appartenait à Maddoff, mais vu qu’il s’était converti au bouddhisme dans sa prison, il avait juste gardé son îlot, son plan épargne logement, un site de paris en ligne hébergé à Chypre et un bar SM « bio », dans le Marais. On y jouait avec des carottes, oui, mais des bonnes.
Et ça, c’est important .

jeudi 24 juin 2010

Relax, relix, justix et frix



Relax un max, j’ai ma Rolex
Pas trop de claxes, on me relaxe
Tu es trop bête en court
Au paradis des fiscales niches.
Relax un max, j’ai pas d’Solex
Mon jet privex, masseuse de Saxe
La dura lex acquitte ton discours
Au tribunal pour les blindés top’ riches

Puissant, yo Man, ou alors misérable
Tout près du ciel ou bien minable ?
La Fontaine l’avait tant décliné,
Blanc ou noir… levez-vous l’accusé

Relax un max, sors ton Kleenex
Les avocaxes, t’enlèvent les taxes
Tu échappes à tes ex’, aux secours,
A tous ces flixs à tes miches.
Relax un max, le tampon Jex
Clean ton casiex, trader au max
Tu es blanchix là pour toujours
Au palais chiche de l ’injustiche

Puissant, yo Man, ou alors misérable
Tout près du ciel ou bien minable ?
La Fontaine l’avait tant décliné,
Blanc ou noir… levez-vous l’accusé

Relax un max, et tu te vexes ?
Exonérée est ta syntaxe
Bombe le thorax, en Suisse, accours
Gonfle tes bourses, sors le bakchich.
Relax un max, canton de Gex,
Les impôts cassés c’est comme l’anthrax
Tu pars vers un fort beau séjour
Cayman, Panama et l’Île Mauriche ?


(En passant, modeste hommage à Bashung, à fredonner sur l’air de la chanson « Hier à Sousse » album « Bleu Pétrole »)

mardi 22 juin 2010

Mélange dangereux




Ragoût amer Bercy, à la grimace impopulaire.
Préparation très rapide
Coût élevé.


Prendre une dose de gros sous.
Saupoudrer de bons conseils financiers.
Ajouter une pincée de dollars.
Découper des euros en botte.
Assaisonner des coffres suisses, bien dorés.
Faites fondre la suspicion.
Lancer une grosse milliardaire dans la casserole.
Faire revenir des évadés fiscaux.
Ne pas mettre le contrôle sur thermostat 10.
Faire bouillir par un ministère.
Bien mélanger les intérêts.
Agiter l’opinion.
Poivrer au Canard.
Flamber la critique.
Égoutter toute rumeur
Dégoûter les votants tièdes.
Glacer avec du buzz.
Servir les opposants.
Napper d’un démenti mou.
Sortir les couverts des amis.
Manger bouillant.

Attention, indigestion possible si servie après cigares à 12000 euros, balade en jet privé, double ration de retraites, permis de construire au chocolat et pieds « paquet fiscal » au gras de pauvre.

lundi 21 juin 2010

Indécence et manque de classe



Le piteux spectacle donné par notre équipe berk-flanc-beurre, plus préoccupée par ses placements financiers et la publicité pour des hamburgers, cette poignée d’égoïstes millionnaires vivant le casque audio sur les oreilles et maniant l’insulte plus facilement que le ballon rond, ce show est écœurant pour tous.
Il est aussi bien en ligne avec l’image des gouvernants actuels, dont l’égoïsme et l’aveuglement est tout simplement effrayant. Ne l’oublions pas, hypnotisés que nous pourrions l’être par le barnum assourdissant des vuvuzelas et de la Coupe du Monde.
Entre le ministre qui se fait payer des milliers d’euros de cigares, celui dont la femme serait conseillère financière pour une milliardaire vermoulue, ceux qui cumulent allègrement retraites et rémunérations additionnelles et le show médiatique affligeant de la première dadame chanteuse atone en toc, en CDD à l’Elysée qui me fait honte autant que son mari dont je n’ai même plus la force de parler tant je suis au bord de vomir….
Cette galerie de personnages sans foi ni loi est simplement immonde et insupportable. Mon ami Marc B. l’autre soir a pété un plomb en disant tout cela avec force et je me suis dit : « par Robespierre et Danton, il a bougrement raison ! »
Il commence, mais il n’est pas seul, à rêver de prise de la Bastille, d’envahissement sanglant du Château et surtout de purges staliniennes, de procès expéditifs et de poteaux d’exécution au petit matin. Cette caste au pouvoir se dirige vers la falaise avec la rapidité d’un troupeau de lemmings.
Je me dis qu’avant 1789, il y a sûrement eu des signes avant-coureurs identiques. Nous dînions à Paris, à deux pas de la Bourse, quel symbole…
Leur faire bouffer la Rolex, les pendre avec leur Hermès, les étouffer avec le pot d’échappement de leur berline allemande, les décapiter sous leur écran plat géant : une foule en colère pourrait s’en charger, et la foule en colère c’est méchant !
Pourrons-nous supporter longtemps cet état de fait où, à tous niveaux, ceux qui sont censés représenter la nation se comportent en toute indécence, se salissent les mains, croquent, pistonnent, profitent, et surtout ne réalisent pas ce pourquoi ils sont supposés être payés par… nous ?
On me rétorquera que c’est comme ça depuis toujours, que les dirigeants sont pour toujours forgés dans le même alliage. Je ne suis pas d’accord, il y en a au moins qui ont eu du style, de la classe, des « cacahuètes » bien accrochées. Désolé, mais Charlie à Londres, c’est plus noble que le nain au Fouquet’s. Et Tante Yvonne, je suis sûr qu’elle a dû coûter à l’Etat en vingt ans autant que l’autre bottom-model en une semaine !
Ce n’est plus un fossé entre le haut et le bas, c’est un gouffre et il y a des poteaux aiguisés plantés au fond ….
Un point douloureux : si je dis maintenant : « Vive la France et ses valeurs, notre pays est un grand pays, il faut de la rigueur, du respect et une intégrité sans faille au service de la Nation ! », le paradoxe est que l’on va ma cataloguer immédiatement comme ami du borgne du Front Nat’, voire comme complice du porte-étendard agité du Puy du Fou, ou au mieux comme ancien combattant plein de médailles, de taches de vieillesse et d’illusions perdues.
Mais non ! Voyagez un peu et vous verrez qu’il est aisé et valorisant de défendre nos trois couleurs, car elles le méritent. Pas d’accord pour laisser aux fachos le monopole de la French Résistance.
Stop au refus « mou » du patriotisme par les élites.
Il est temps que ce type de message soit aussi relayé par les intellectuels, les professeurs, les écrivains, les rugbymen, les partis de gauche, les rockers engagés, les journalistes intègres et tous ceux qui peuvent exprimer un attachement à notre vieil hexagone.
Vu le nombre de réfugiés politiques qui accourent chez nous qui rêvent d’échapper aux matraques, à la gégène et aux militaires et religieux de toute obédience… cela doit valoir le coup, non ?
Il faut donner ses avis avec force ou alors on se met tous à boire du Vichy en regardant comme des ânes la téléréalité, cet immondice suprême de la raison made in société du spectacle, pour tout oublier ?

Voltaire et Jean Moulin nous regardent, chers amis, il faut faire comme les GI’s à Okinawa et monter le drapeau malgré les balles qui sifflent !
Je commence demain au bureau, et mes collègues européens vont voir que De Gaulle ce n’était pas un « one shot », il y a 70 ans.

samedi 19 juin 2010

De la misère en classe économique



Allez, une fois n’est pas coutume, un peu de dégommage en règle, plein de mauvaise foi. La classe éco en moyen-courrier de notre compagnie nationale aérienne est nulle.
Oui, je le dis, le niveau de confort est totalement pourri, le service rendu est pitoyable et l’expérience vécue est aussi agréable qu’un interrogatoire dans un commissariat nord-coréen. Mais oui (mauvaise foi manifeste, je le dis mais je rentre de voyage, alors…)
Si l’on mesure plus d’un mètre soixante-deux, on a les genoux qui touchent le siège de devant, ça fait mal, et dès que votre voisin ci-avant situé veut se pencher en arrière, votre tablette déployée vous fait subir une ablation de l’estomac.
Et puis, pour nous nourrir, les hôtesses nous distribuent, d’un air gêné, un minuscule sachet contenant huit cacahuètes et demi, voire deux biscuits fins comme l’esprit de Roland Barthes et accompagnés d’une boisson dans un format qui même chez les pygmées est synonyme de punition, tant cela est riquiqui.
Dans la poche aumônière, un magazine du mois dernier, fripé, froissé, avec des pages en moins et puis Marion Cotillard est graffitée dans sa pub pour un parfum avec des dents noires. C’est vrai, et d’ailleurs je fais souvent moi aussi des graffitis dans les magazines des compagnies aériennes. Mettre une cicatrice au Clooney et un bandeau de pirate plus le nez qui coule à la Moss, j’adore.
Et j’ajoute : ras le bol de ces magazines ineptes des compagnies aériennes qui vous donnent dix bonnes raisons d’aller à Shangaï et vous proposent une échappée à Ushuaïa.
Et sur quelle compagnie, on devrait prendre l’avion ? Oh, oh, oh, je crois le deviner.
Sans compter l’interview d’un architecte formidable qui a des lunettes comme YSL, une barbe comme Gainsbourg et a conçu au moins dix bâtiments formidables mais dans lesquels je ne foutrai jamais les arpions…
Et puis, et puis, l’incontournable page « hi-tech » avec toujours les mêmes I-pods, toujours les mêmes enceintes révolutionnaires de forme ultra design qui coûtent un bras de somalien plus une jambe de kirghize et n’oublions pas leurs putains de TV à écran plat, la voiture électrique qu’on connaît depuis dix ans et une montre avec des chiffres énormes en cristaux liquides. On s’en tape, à l’heure où on lit ça, on a faim, on a fini ses huit cacahuètes et on retarde le moment de manger la dernière demie qui reste. Dans ces magazines, de plus on voit maintenant Alain Delon et Brigitte Bardot aussi sur les publicités, mais quand ils avaient vingt ans hein ?, et moi -tout pareil-, je leur fais une moustache au Bic ou je mets des gros dollars dans leurs yeux. Comme ça, le prochain misérable voyageur en classe éco qui sera coincé dans ce pauvre siège exactement à la même place que moi, il ouvrira son magazine tout fripé et il pourra avoir un petit sourire, sachant que son vol est déjà en retard (« à cause d’une arrivée tardive », sic, en plus ils nous prennent pour des électeurs cubains hydrocéphales) , et qu’en débarquant il montera dans un bus glacial pour rallier le terminal afin de perdre encore vingt minutes pour attendre en bonus son bagage éraflé une demi heure supplémentaire et puis il fera la queue pour un taxi peu aimable qui fait semblant de ne pas prendre les cartes de crédit pour emmerder le monde et les employés qui n’ont plus de liquide pour régler ses notes de frais.
Merci la classe éco, on a fait un mauvais voyage, et oui, bien sûr on n’a pas le choix, on reprendra notre compagnie nationale aérienne, espérant grappiller assez de miles au bout de dix ans de Paris-Munich pour espérer avoir un Paris-Rome aller retour et encore, ces rats pingres, ils nous font payer les taxes d’aéroport alors le billet n’est même pas gratuit !
Et dire qu’en plus il faut se battre contre le site internet de réservation de voyages, gérée sans âme par des maigres employés situés à Budapest ou Varsovie de notre entreprise et qui par défaut nous propose ses low-cost flights via des aéroports atroces situés à quatre-vingt-dix kilomètres de toute agglomération.
Rien que pour ça, je veux un saucisson entier, du fromage à volonté et un bloody mary de 75 centilitres la prochaine fois que je pose mes fesses dans leurs sièges bleu marine durs comme le cœur d’un huissier !

jeudi 17 juin 2010

Crise de foie



Séjournant à Rome pour une semaine, j’aperçois des traces évidentes d’activité ecclésiastique. Etant hors piste dans ce domaine depuis longtemps, j’observe tout cela avec amusement.
Je ne sais pas si cela vous fait la même impression, mais ayant un peu voyagé de par le monde, voir des humains pris dans un rite religieux me semble chaque jour plus bizarre voire médiéval. Je vois sur un plan identique et « étranger » le catholique, le musulman, le zoulou, l’adorateur de la statue à sept bras et celui qui mange ses ancêtres au grill ou en cendres avec des contorsions dans le sens des aiguilles d’une montre (ou l’inverse car il paraît que cela porte malheur dans ce sens là, les jours de lune rousse ).
Ce qui me chagrine, c’est que j’ai cessé de croire au Père Noël depuis le CP et que je vois nombre de mes semblables gober des légendes abracadabrantes, écouter des types qui professent des morales -qu’il ne suivent pas- et bien sûr s’interdire des tas de trucs assez marrants. Sans compter les femmes couvertes par des rideaux de la tête aux pieds, les excités qui font sauter des autobus bondés et le nombre ahurissant de personnes qui passent de vie à trépas simplement parce qu’ils ont la religion A dans une région B et non l’inverse.
Relire Voltaire pour sourire des hypocrites, des intolérants, des fanatiques et de massacreurs de qui-ne-prie-pas-comme-moi.
Pas de chance. Un proverbe latin disait « cujus regio ejus religio », en clair : on a la religion de son pays (lancer le dé à nouveau ? non, trop tard cher ami !) Vous me direz que ce n’est pas si simple, voire que je suis un mécréant, un cynique, un païen et qu’on peut me jeter au bûcher sans procès, et aussi que je ferai à mon tour comme tout le monde une belle grimace quand l’Ankou avec sa faux viendra me chercher. Ce ne sera pas un acteur comme dans un navet d’Hollywood.
Je devrai plier bagage et me faire conjuguer à l’imparfait.
OK, OK je ne suis pas un vampire roumain, ni Christophe Lambert qui est immortel, lui dans Highlander.
Oui, je craquerai peut être et trouverai un abonnement express en promotion pour un forfait « Dieu j’ai la trouille 4 heures et sms illimités »… Surtout si je commence à vieillir, tomber en morceaux, que mes cellules se multiplient de façon anarchique et que le commercial des PFG me propose un tarif réduit pour du chêne sombre ou du sapin clair. J’en conviens.
Mais, ayant, ouf, encore un peu de santé et un minimum de clarté mentale, j’ai encore le loisir de réfléchir et de rire un peu.
Tel un condamné juste avant le peloton, s’il est possible de se moquer un peu des uniformes de ceux qui ne vont pas vous rater, c’est déjà assez bien. Donnez-moi un verre de rhum, SVP. Oui du fort.
Pascal et son « pari », c’est quand on voit la falaise approcher, le gouffre en contrebas de notre courte existence…et il a l’air profond !
Mort de trouille l’être humain, la Foire du Trône de la vie et du trépas n’offrirait donc qu’un seul ticket, sauf cas de réincarnation non encore démontré.
Et encore, revenir sous la forme d’une mouche tsé-tsé voire du bas de Marylin à la rigueur, je prends… mais d’une vache à Calcutta non merci.
D’ici là, désolé, je vais continuer à trouver que Raël a une tête de guignol, le curé un ton qui sonne faux et la basilique Saint-Pierre un attrape-gogos en 3D.

mardi 15 juin 2010

Science fiction en questions



J’ai pris l’avion hier et j’ai observé du coin de l’œil mon voisin qui regardait un DVD de Star Trek je-ne-sais-pas-combien sur son PC portable. Lucky man, moi je triturais mon exemplaire de l’Humanité que j’avais déjà lu quatre fois et je lorgnais son écran 16/9. En y réfléchissant, voici quelques questions que je me pose par rapport aux films de ce genre (que j’aime bien, par ailleurs !) :
-Pourquoi y-a-t-il toujours des grands panaches de fumée blanche qui sortent de bouches d’aération juste à côté des navettes, des soucoupes ou des XYZ Wings parés au décollage ? Ils marchent à la vapeur ?
-Dans le futur, on pourra craquer le code d’entrée d’un sas blindé dans une base secrète avec une juste une épingle à cheveux ou via un fil relié à une console de jeux sortie de la poche d’un gosse de douze ans ?
-La précision des armes laser, et ce même en tirant à dix sur un type qui s’enfuit dans un couloir rectiligne de deux mètres de large éclairé comme la pelouse de Stade de France serait-t-elle moins bonne que celle d’une sagaie lancée par un Homo Erectus borgne sur un élan blessé ?
-On supprime du personnel sans discontinuer et partout depuis 1974, alors pourquoi ont-ils une telle armée mexicaine dans leurs équipages interstellaires ? (cela doit coûter une fortune en JRTT à rattraper !)
-Pourquoi dans l’Enterprise l’éclairage blafard est-il le même que celui d’un bloc opératoire ? Le Spock n’est déjà pas très souriant, maintenant il a en plus une mine de déterré !
-Je sais bien qu’il faut un quota de blacks et d’asiatiques et d’aliens dans l’équipage, mais pourquoi les aliens choisis ont une aussi sale tronche, des goûts vestimentaires dignes du cirque Pinder et des oreilles vraiment très décollées ?
-Pourquoi les planètes découvertes ont-elles toutes des paysages de type a : Sud Marocain, ou b : Pôle Nord avec un vent force 12, ou c : Parc de Yellowstone avec plein de cascades ?
-Pourquoi les planètes découvertes ont-elles toutes des gouvernements de type a : Gentille reine jeune et adorée du peuple, en plus c’est un canon et elle est célibataire, ou b : Dictature militaire avec des gardes habillés en noir pour qu’on capte bien, ou c : Un conseil de vieux sages à barbes blanches habillés comme Arthur et Lancelot et qui ont tout compris à tout depuis 2000 générations ?
-Et quand un type se dématérialise dans un cylindre en verre, il réapparaît toujours, bien coiffé, pile là où il devrait. On ne pourrait pas faire des petites blagues parfois, du style il a soudain deux jambes d’autruche, la voix de quelqu’un qui a sniffé de l’hélium ou la tête de crevette de l’alien du bord ? (relisez donc le chapitre « discrimination positive des personnels non-terriens de bord d’engins spatiaux »)