vendredi 19 mars 2010

Les participants sont tous contents ?



Sourions un peu. J’ai organisé (ou été invité à..) des dizaines de réunions, meetings, congrès, forums, conférences, lancements, formations, voyages de motivation en tous genre et dans des industries variées, en des lieux multiples, internationaux ou provinciaux, prestigieux ou minables. Il y a des constantes et des gimmicks qui reviennent sans cesse et en voici quatre… parmi d’autres ! En un : la préparation bien ratée qui sent mauvais dès l’origine, avec le concert discordant de souhaits tardifs et de petits chefs énervés. Le last minute.com et le budget trop petit, couplés à un cahier des charges changeant qui donnent toujours un résultat médiocre, voire une belle catastrophe. Dès le démarrage du projet, je sens la galère arriver, et j’ai vécu plus d’une fois des « grands moments de solitude » à la fin du bazar. En deux : le quota fixe de mauvais coucheurs, brise-burnes, aigris, jamais contents, fatigués d’avance, sabreurs de feuilles d’évaluation, créateurs de commentaires au laser et de remarques acides. J’estime à environ dix pour cent le taux moyen de ce type d’individus, partout dans le monde quelle que soit la nature de la réunion ou du voyage. Sans compter les végétariens pâles qui veulent un menu à part, et même les allergiques à la moquette ou aux noix et n’oublions pas ceux qui vont « écrire à la direction générale » pour se plaindre. Un aveu ici : j’ai souvent jeté directement à la poubelle des évaluations ou mails de ce type juste après l’évènement. Qui le saura, et surtout qui le dira ? Le râleur est souvent courageux comme un teckel : il aboie et quand on lui demande pourquoi, il s’enfuit la queue entre les jambes. En plus, la moyenne des notes cumulées remonte ! En trois : les invités « galère », aussi appelé manque-de-bol, scoumoune, mauvais sort, etc… des gens assez gentils, toujours présents, mais qui forcément perdent leur portefeuille dans le taxi et dont la valise est assurément restée à l’aéroport de départ ou de connexion et, j’oubliais, leur père vient de passer sous le bus 146 quand la plénière de 900 personnes doit démarrer dans une minute. Marrant, ils viennent toujours me voir quand je suis le G.O. du meeting. En quatre : l’invité génial. On dîne avec un groupe de clients ou collègues inconnus, sans attendre autre chose que l’entrée, le plat, le dessert, un café et le bus « retour hôtel »… et on découvre quelqu’un qui est un puits de culture, un érudit hors norme, le biographe officieux de Talleyrand, un passionné de trekking en marche arrière ou un fabricant de maquettes de Spitfire au 1/7ème qui fait référence dans ce domaine. Plus rare, mais très agréable. Ceci dit, je suis un type normal, qui prépare bien ses réunions, met des commentaires positifs à la fin, qui a de la chance avec ses valises et qui ne parle jamais travail pendant les dîners. Et j’aime toujours bien organiser des barnums, minuscules ou gigantesques !

1 commentaire:

  1. merci pour ce post qui m'a bien fait sourire !
    je n'ai jamais donné dans l'événementiel mais mon job m'a fait être au contact des clients pendant pas mal d'années et j'ai en tête une sacrée galerie de personnages ! Avec un peu la même typologie d'ailleurs ... les belles rencontres avec des gens passionnants, les râleurs constants (souvent car ils n'ont pas confiance en eux), les petits chefs qui veulent impressionner leurs troupes en cassant le mec de l'extérieur ...

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