dimanche 30 mai 2010

Pour finir Mai en beauté


«Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie.»

[ François Truffaut ] - Dialogue du film L'Homme qui aimait les femmes


Photo de Willy Ronis

samedi 29 mai 2010

Blaireauvision en multigerblex



Vulgariland 10 points

Pétassie orientale 9 points

Essuie-Gladz 8 points

Korisstagrossein 7 points

Parolinssipihd 6 points

Républik Dénaz 5 points

Audimatraquie 4 points

Royaume de Paÿ-Haitte 3 points

Pané-ceserbia 2 points

The Ringarlands 1 point



Mon taux d'audimat ce soir ? 0 point

Agences de notation



Nous sommes en 2042.
Depuis quelques années, l’agence de notation Mitch and Andersen a été sélectionnée et a gagné le contrat exclusif de notation nationale française. Mais pas, celle des finances du pays, non, là c’est King and Poor’s and Sons. Pas non plus celle qui donne aux entreprises leur position dans l’échelle de la Sécurité Financière, qui est une filiale spécialisée de la Bank of Free Trade inc. Je veux vous parler de la notation individuelle obligatoire que chaque citoyen se doit d’actualiser chaque mois en passant des examens individuels – et payants, cela va de soi-. Et ceci, en plus du contrôle continu. Aujourd’hui, selon six critères, nous sommes tous évalués en permanence. C’est la loi, c’est indiscutable.
Quiconque voudrait s’y opposer ou même critiquer cela se verrait embastillé pour longtemps dans une Prison Privatisée (groupe Bouygues), par un Juge Privatisé (cabinet Sword and Pain, Brothers).
Je vous rappelle les six critères : Propreté Fiscale, Francitude, Consumérisme, Compliance Nationale, Télévisionnage conforme, Taux d’adhésion au Libéralisme et Casier Judiciaire Trans-Génerationnel.
Cette notation est reportée sur la puce individuelle 5.4 de Citoyen-netteté, implantée dans le poignet droit de tout homme ou femme résidant sur notre sol, et ce dès sa naissance, ou sa naturalisation… mais comme chaque pays dispose désormais d’un système équivalent, on peut dire que la compatibilité des informations est maintenant pérenne. De plus « il n’y a plus eu de naturalisation d’étranger en France depuis dix ans ! », comme se plaisait à le rappeler le ministre de l’Identité Contrôlée Privatisée, lors d’un récent discours diffusé sur l’intégralité des chaînes de télévisions privatisées, l’ensemble des radios privatisées (groupe CNN-Sony) et envoyé en copie à toutes les adresses e-mails (autorisées) des français (monopole Goog-apple Ltd), qui sont répertoriées dans le registre Hadopi 7 (géré par Disney Controls).
La Police Privatisée est munie de puissants lecteurs infra-peau qui scanne et lit les données de tout un chacun, à une distance de sept cent mètres. Les informations sont analysées par le Grand Serveur Privatisé (une joint-venture d’ IBM, TF1 et Nokia) et le comportement à l’instant T peut donner une bonne ou une mauvaise inflexion, par exemple à votre taux de Consumérisme, si vous achetez un produit en promotion alors que vous êtes scanné (à votre insu, toujours). Quiconque n’obtient pas un mininum de « AA » en Francitude ou Compliance Nationale est fouetté en public par une société spécialisée (du groupe GDF-Suez) et expulsé avec sa famille et l’ensemble de ses contacts Facebook 3.2, vers un pays à notation nationale moindre, comme… enfin, vous savez qui….Il est donc vital d’être bien noté, pour être un bon Français Privatisé.

à lire !



"Le cher disparu", ("The loved one") d'Evelyn Waugh.

Brillant, cynique, noir, irrévérencieux, et se payant la fiole des British comme des Californiens !
Avec une héroïne qui s'appelle Thanatogenos, cela doit mal finir ...

NB : si vous le lisez en anglais, prévoir un dictionnaire à portée de main, car vocabulaire de type "challenging"

vendredi 28 mai 2010

La déclaration d'impôts



Vous avez sûrement entendu aux news l’horrible histoire du meurtrier qui a tué sa compagne et a aussi tenté de noyer le petit garçon de cette dernière. Lequel enfant a témoigné en expliquant ce qui lui est arrivé, ce qui est digne d’un film d’horreur. J’entends sur France Info, détail macabre, que l’assassin avait tout froidement prémédité et, après ses atroces forfaits, a : (je cite de mémoire) « rempli sa déclaration d’impôts et même chatté avec des jeunes filles ».
Alors là, je suis bouche bée.
En temps normal, remplir sa déclaration d’impôts requiert sérénité, concentration et une zenitude proche de celle du grand maître Lao-Gisui-Giresth, atteinte après une profonde méditation sur un galet dans une grotte du Mont Tsing-Tao en apnée pendant trois jours et après avoir lu l’intégralité des mémoires de Bouddha Blanc , Bouddha Noir et Bouddha aux Pommes (et en intégrant pleinement ce qui s’y dit, cela va de soi).
Alors là, après un double meurtre (enfin simple, car le pauvre garçon en a réchappé, d’où son témoignage…), se coltiner cette épreuve ? Bravo.
Question : il a mis juste « une part » et actualisé ses paramètres à chaud ou il a encore déclaré qu’ils étaient encore trois dans le foyer fiscal ?
Il y a vraiment des choses étonnantes, que l’on apprend, en écoutant la radio.
Dans le même registre, peut être que Landru se mettait-il à faire un puzzle 3000 pièces avec juste un paysage de plaine uniforme et de ciel bleu sans nuage, après avoir réduit en cendres sa onzième victime féminine (c’est bien onze, j’ai vérifié) ?
Ou bien encore le type de « Massacre à la tronçonneuse » se rendait-il chez Black et Decker pour une révision-graissage de son outil de travail, suite à une bonne partie de découpe in vivo ?
Et Nosferatu, allait-il voir son dentiste, le matin suivant un festival de morsures, pour un petit détartrage ?
J’en conclus que la capacité à rester calme et serein après avoir effectué des tâches délicates mais effectuées dans les règles de l ‘art demeure donc une compétence professionnelle à part entière si l’on veut garder quelque espoir de faire carrière dans une activité liée à l’élimination (partielle) du genre humain.
Et, avec l’âge de la retraite qui recule chaque jour un peu plus, ceci nous semble assez logique.

jeudi 27 mai 2010

Doutes (même en juillet et en mai)



De temps à autre, un doute puissant étreint l’écrivain amateur.

Heureusement, me direz-vous ! Il ne faudrait pas que les milliers de personnes qui racontent leur vie, leurs humeurs ou se lancent dans des billets de pure fiction, voire de doctes commentaires argumentés sur des sujets graves, bref nous tous apprentis philosophes de comptoir numérique et pseudo-journalistes à l’éditorial facile nous nous permettions d’attraper la grosse tête. Calme et modestie s’imposent, chers lecteurs qui parcourez en ce moment même ces quelques lignes.

Le fait de poster des messages sur un blog renforce encore ce sentiment. En effet, tant que l’on gardait ses écrits dans un joli cahier ou un fichier « personnel » de son disque dur, il était entendu que nos tergiversations restaient discrètes. Avec la diffusion large et instantanée d’Internet, la moindre chronique peut être lue par un public large.
Large ? Attention cependant… La diffusion de mon blog se mesure mensuellement entre 600 et 950 visiteurs « uniques », dont quelques amis dévoués et patients et ma famille résignée mais aimante… et entre 590 et 940 internautes qui doivent au hasard le fait d’atterrir sur ces pages. A ce propos, je souris à chaque fois lisant quels « mots clés » leur ont permis de tomber sur ce blog. Merci à l’outil « Statistiques » !
Je vois des requêtes « coquines » (oui, j’ai noté : fessée, string, nue sous la burqa…) et des requêtes curieuses (noyau d’avocat, totalgaz et paupière lourde,…), qui ont mené vers des articles où j’ai employé ces mots d’une façon ou d’une autre. Ceci étant dit, l’idée me vient d’écrire une note un de ces jours où je parlerai de fessée, string, nue sous la burqa et de noyau d’avocat, totalgaz et paupière lourde, tout en même temps, dans un re mix sauvage.
Revenons au doute qui étreint le scribe du world wide web. Quand je lis du Maupassant, du Dino Buzzati, du David Lodge pour m’instruire et me distraire le soir, ou parcours les articles des journalistes du Monde, de Libé et du Nouvel Obs, oui, je me sens vraiment tout petit.
J’imagine que le peintre amateur, le musicien du dimanche et le sportif en sueur dans son jogging doivent parfois penser de la même façon, en pensant au Caravage, aux Clash et à Usain Bolt.
Mais bon, j’ai l’impression que cela n’arrête pas l’artiste ou le sportif amateur dans son élan. Et leurs amis et leurs familles d’applaudir devant leurs croûtes de couchers de soleil mauves, leurs fausses notes, leurs performances de milieu de tableau.
Et si vous avez lu cette note jusqu’au bout, bravo. Le doute subsistera, mais un peu de lumière, fut-elle artificielle, dans la grisaille des illusions perdues ne fait pas de mal, après tout !
PS : de plus, je vous garantis mes textes à 99% purs en orthographe, c’est un début de label qualité, non ?

mardi 25 mai 2010

Autocollant filé




On voit très souvent, à l'arrière des voitures de pères de famille, un auto-collant "bébé à bord".

On voit très rarement, à l'arrière des bolides de chauffards, un autocollant "idiot au volant".

Mythe meat




On raconte qu'Attila mettait son steak à cuire sous sa selle.

Et quand le cheval ne sentait pas le morceau de viande sur son dos, il commençait à rédiger son testament ?

lundi 24 mai 2010

Cannes à pêche, pêche à Cannes



Editorial du magazine « Studio Première Movies »

Le Festival est terminé, le palmarès doit de fait être commenté comme il le mérite. Le Jury, présidé par un cinéaste à la personnalité hors norme, Timothée Eisenstein-Palmer, a couronné une série d’œuvres et d’artistes qui eux aussi sortent des sentiers battus.
La Palme d’Or est attribuée à Georges-Reinhardt Vastotikoloku, le metteur en scène austro-birman, pour son splendide film « Worms storms » : un long métrage contemplatif et exigeant au rythme très lent, tourné en dix ans dans l’univers taiseux des éleveurs de vers à soie où l’on devine à contre-jour les poses mutiques et étranges de deux enfants sourds dont les parents ont été tués par les milices d’un gouvernement dictatorial suggéré et oppressant mais seulement deviné par un spectateur en apnée au travers de ralentis sépia montrant une télévision ancienne, dans une pièce vide, éclairée par une fenêtre aux carreaux cassés, avec un rideau déchiré qui vole au gré du vent. La version courte de ce film (3 heures 50) sera diffusée dans deux cinémas du sixième arrondissement de Paris et une salle Art et Essai, au choix à Vesoul ou Dax. C’est l’apothéose pour cette écriture complexe et ondulée, qui permet trois niveaux de compréhension et renouvelle le genre en une provocation magique et déroutante, prenant toujours le cinéphile averti à contre-pied et filmant les poignées de portes en gros plan.
La Palme de la Meilleure Actrice est attribuée à Mouliette Cinoche, qui a déclaré devant un jury, qui sanglotait d’émotion -érudite mais contenue, l’émotion- : « être femme, c’est être sensuellement actrice par la révélation veloutée de la caresse de la caméra théâtrale qui fait de moi le pétale primal de la palette invisible, sauf dans l’œil complice et moqueur de Marcellinos ». Rappelons qu’elle doit cette Palme à son rôle dans « Angoisses mauves » de Marcellinos Zatoplekk, le sino-roumain bien connu des habitués du circuit très underground l’UACLPSPCICV (« Un autre cinéma, le pas simple, pas celui pour les idiots comme vous »).
La Palme d’Or du Meilleur Réalisateur revient (enfin !) à Raymond Lecrantec pour « Vaches, vaches, vaches » un thriller paysan bien de chez nous, avec G.Depardieu, F.Dubosc, un tuniso-australien obèse mais encore méconnu et M. Youn, dont la scène finale du concours de rots, où ils sont tous ivres dans le Flunch de Flinard-sous-Loiret restera dans les annales du Festival. On se souviendra longtemps de l’image de Jeanne Moreau et Catherine Deneuve partageant le même sac Dior pour vomir, lors de la projection.
Logiquement, donc, si vous suivez, Gérard Depardieu repart avec la Palme du Meilleur Acteur et il a roté à nouveau en recevant son prix, mais il la partage avec Jafar Plumpatassic, le serbo-iranien qui illumine le film dramatique « Zwxmpkk, je t’aimais » de son oncle et compatriote Kaffar Mumpgrattassic, dont le regard distancé d’outsider autorise sans conteste ce qu’il met avec force sur pellicule à côtoyer l’infini tout en dépeignant des touts petits riens.
Ce dernier étant par ailleurs absent, car condamné injustement à 125 ans de prison en son pays pour port d’armes sous la douche.
En signe de protestation, le Jury n’a repris du champagne que 3 fois et a demandé avec énergie que l’on serve le caviar dans une cuiller à café et non plus à soupe, au dîner d’après palmarès !
Ces gestes courageux nous démontrent avec éclat que la magie irréelle des volutes nacrés du fumet sirupeux de la gloire éternelle du tapis rouge et de ses à-côtés n’a en rien terni le courage exemplaire et l’esprit humaniste de la grande, merveilleuse, sincère et si chaleureuse famille du Septième Aaaaaaaart.

Aquarium




Ceci est un dé à quatre faces, en forme de pyramide. Vous allez chacun le lancer une fois, chacun votre tour. Nous additionnerons les nombres de 1 à 4 que vous allez tirer. Si c’est pair, c’est la solution A, et impair la solution B…
Tout le monde a bien compris ?, dit Dieu le pair, tout en faisant un clin d’œil à Satan l’impair et s’adressant à un groupe de sept êtres humains encore interloqués de se trouver soudainement face à… Lui et… l’Autre, tout en étant assis autour d’une vaste table de verre en lévitation, dans une des plus belles salles de réunion du Purgatoire ®.
Lucifer Kornes et lui, Jéovah Sanktus, après une nuit à jouer au poker, à boire plus que de raison avaient fini à l’aube par se disputer sur le fait de mettre un terme ou non à l’expérience en cours appelée Adam 1.0… sur cette planète bleutée et fertile du système solaire. Terre : joli nom, conditions a priori favorables.
Lulu (c’est comme ça que ses diablettes l’appelaient, dans l’intimité) et son collègue de travail dit Jéo étaient tombés d’accord sur deux points.
Primo : cette expérience tournait mal. Les sujets ne croyaient plus en rien, l’évolution semblait grippée, et on les invoquait uniquement pour de piètres raisons qui ne valaient pas le déplacement d’un ange à la retraite ou d’un succube de second choix. L’accélération de l’espèce avait été mal calibrée, et il semblait aux créateurs de l’aquarium humain qu’ils ne contrôlaient plus grand-chose. Beaucoup de conflits, environnement en péril, créations de technologies destructrices. Cela commençait à les lasser.
Secundo : un dernier test in vivo allait être tenté, soumettant cette espèce humanoïde à une épreuve colossale mais décisive et à l’issue de laquelle le cornu (Lulu) et le barbu (Jéo) décideraient de concert s’il était raisonnable de laisser poursuivre la vie sur Terre en l’état.
Ou bien ils arrêteraient tout, mais en déclenchant le cataclysme final (un beau, avec des éclairs, des tremblements de terre de forte magnitude, des cyclones et tout ce qui allait les distraire un peu alors qu’ils regarderaient tout ça dans leur bureau, entre midi et deux, un verre de bloody mary à la main et dans l’autre un paquet de chips cheese and onions, ou peut être pepper and vinegar ?)
Après, ils pourraient recommencer, tenter une version Adam 2.0, car on leur avait alloué le budget nécessaire.
Bref, ils avaient, pour donner un peu de sel à ce boulot qui était le leur, décidé d’écrire, en secret de l’autre, un scénario innovant qui permettrait peut être aux descendants actuels du projet Adam 1.0 de démontrer une capacité à s’en sortir tous ensemble, au lieu de s’enfoncer dans un individualisme condamné d’avance et de facto à une disparition programmée.
Nota Bene à l’attention des créationnistes à neurones grillés, déviance cocasse de superstition de certains petits êtres terrestres…. l’expérience dite Adam 1.0 avait démarré avec un couple de têtards primitifs de 3 mm de long. Implantés en milieu aqueux, avec quelques vitamines.
Par nos deux compères, techniciens-créatifs chez Infinies Solutions ® et ce, il y a quelques milliards d’années terrestres, soit quatre heures et cinq minutes de leur propre échelle temporelle.
Chez Infinies Solutions ®, le département R. and D. créait des mondes « in vivo », sur des planètes sélectionnées, et une fois le bocal bien développé et harmonieux, il était revendu à de riches clients.
Art fin et difficile, produit coûteux et prisés, beaucoup de clients préféraient les bonsaïs-mondes, soit des planètes uniquement peuplées de végétaux. Visions calmes, pérennité de l’acquisition et garantie de qualité. Mais les plus exigeants des clients voulaient des êtres vivants et intelligents dans le produit acheté. Plus décoratif.
D’où l’expérience Adam 1.0, qui, pour le moment tournait mal.
Enfin, peut être pas, si le scénario tiré au sort dans quelques minutes (A ou B) remettait bien en place le sens de l’évolution du gros bocal bleu.