vendredi 8 mai 2009

Des patches, des groupes de rock et des aiguilles à coudre



A la maison, c'est moi qui couds.

Oui, oui, j'ai fait mon service dans la Marine et on m'a toujours dit que les marins savaient coudre. En fait, c'était ma grand mère qui m'avait appris.

Alors donc, les boutons disparus sans laisser d'adresse, les petits pulls du Comptoir des C. qui s'effilochent par un bout, les chaussettes qui commencent à partir en vrille, c'est moi.

Aussi, pas fastoche l'apposition des patches de groupes de rock sur les sacs Eastpak pour mes fils. Si, si , si, il faut les coudre un par un dans cette matière souple mais épaisse qui compose le sac le plus populaire des collèges et lycées... parce que les fixer comme ils disent avec un fer à repasser et c'est la chaleur qui devait les coller, or c'est impossible, vous pouvez, vous, repasser un sac à dos?

Facile quand il y a des patches carrés ou rectangulaires, comme pour AC-DC, Destructor of Vomit Chaos, Tolerance Zéro (les anciens de Guillotine Toto mais sans le premier batteur qui a décidé de devenir trader et le deuxième bassiste, qui  a arrêté la musique juste après s'être marié avec la chanteuse -tatouée et anarchiste mais quand même gentille- de Destructor of Vomit Chaos car , un jour qu'il lui préparait des lasagnes après un concert dans le Manitoba, il s'est tranché deux doigts en coupant les lardons; c'est bête lui dit-elle, car au supermarket of the corner, ils les vendaient en cubes déjà coupés) et sans oublier The Sad Gloomy Desperate Dead Sinners.

Mais difficile car il y a aussi des patches tout biscornus voire tordus prenant la forme et les contours des lettres composant le nom de ce groupe , comme pour les Blood Gore Red YZ ou bien celui des Sniffing Super Snakes et enfin celui acheté par Internet au Japon des Fuk Fuk Fuk 666 . Je tiens aussi à dire ici  que j'aime bien AC-DC et que les Blood Gore Red YZ ont vraiment des paroles pleines d'humour, de tact celtique, imprégnées de cette poésie champêtre des anciens troubadours au corps si gracile dans leurs collants couleur jasmin, le visage ovale surmonté de ce petit chapeau à plumes qui faisait leur succès auprès des plus grands.

Ce que voulais dire en bref dans cette brève chronique est en fait bref : pourquoi les aiguilles à coudre qui sont dans les boîtes à couture famililales ont-elles un chas trop étroit qui nous fait perdre 4 minutes de contorsions et de manipulations pour y passer le fil.

Quand on a cinq patches à coudre sur un sac Eastpak, ça fait des heures longues.

A vous les pelotes, à vous les basques et leurs femmes les basquettes.

C'était mon septième sceau.

Le type au supermarché, là, juste devant vous


Alors, là, mécontentement. Enervement, rage, haine du prochain, délit de sale tronche, misanthropie, lassitude et soupirs.

Je vais dans la boutique près de chez moi qui s'appelle Saint-Germain Affaires où l'on trouve des produits super pas chers comme des casseroles par 7 à 15 euros mais qu'on prend pas parcequ'on n'en veut que 2, des CD d'improbables chanteurs de merengue ou un Best Of de James Brown à deux euros mais hélas dont les chansons sont interprétées en live (1977) au Canada anglophone dans une ville inconnue mais couverte par le givre 11 mois sur 12 par le Funky Town Orchestra qui joue pas mal mais c'est pas James Brown, aussi des jouets en plastique brillant qu'on a un peu honte d'offrir comme cadeau pour l'anniversaire d'un copain de votre fils cadet, mais c'est les parents des gens qu'on connaît pas bien et dont la mère a un monospace vert qui se gare en double file devant l'école pour attendre le gamin, et puis des tas d'articles fabriqués par des petits enfants qui n'iront pas à un anniversaire de sitôt, vu qu'avec le prix de leur labeur, il faut nourrir leurs parents qui n'ont pas de monospace vert, ni de casseroles par lot de 7, et n'aiment pas du tout James Brown.

Bref, j'y vais une fois un matin, et puis j'y retourne l'après-midi en fait car j'y avais acheté un petit coffre fort à trois euros qui s'ouvre en faisant une mélodie horrible (un cadeau pour une peluche qu'on a depuis longtemps , qui s'appelle Zipette. C'est une souris rouge qui veut être une star, qui fait des caprices et qui prétend être née à Hollywood en 1945.)

Il manquait donc le mode d'emploi du truc et je demande à la vendeuse qui me dit, allez-y , prenez un mode d'emploi dans un autre article, ce n'est pas grave.

Personne dans le magasin , MAIS juste un type planté en apnée, immobile et plongé dans une réflexion profonde... EXACTEMENT devant le rayon des petits coffres forts qui s'ouvrent en faisant une mélodie horrible !

J'ai du dire "parrrdon !" assez fort pour pouvoir m'approcher du rayon et saisir l'article. Le type a fini par bouger.

Non, mais.

Pourquoi quand on est devant un rayon, un étalage, même dans le plus gigantesque des hypermarchés illuminé de néons blafards et bercé d'une musique molle que même le Funky Town Orchestra n'aurait pas osé jouer dans une sous-préfecture du Manitoba... pourquoi y-a-t-il TOUJOURS un type ou une bonne femme là, JUSTE devant vous , qui vous empêche de regarder tranquillement les fabuleux articles que vous désirez acquérir avec une ardeur incommensurable ?

C'était ma cinquième colonne.

A vous les supérettes.

Comme un vieux dictionnaire


Un vieux dictionnaire c'est embêtant parceque c'est gros, le vernis de la couverture est écaillé, la reliure se défait et il prend quand même vachement de place dans la bibliothèque entre le guide des bons restos, un livre sur Hopper, les Châteaux de la Loire qu'on a reçu d'un fournisseur à Noël et le petit "parler norvégien en dix leçons" qu'on avait acheté pour un euro dans une brocante, car si on allait un jour en Norvège, ce pourrait être utile, et puis un euro, c'est rien, même si avant avec cinq francs on pouvait acheter au moins deux pains au chocolat alors qu'avec un euro, à Paris , tiens, cela ne suffit pas , mais peut être encore en Province ?

A la poubelle, une telle somme de savoir ? Et quid de si belles illustrations avec la Victoire de Samothrace, les tableaux de Goya, l'anarchiste Vaillant qui a lancé une bombe en 1893 à l'Assemblée Nationale et un schéma éclaté d'un sous-marin nucléaire vachement bien fait ? (on comprend tout mais on ne sait pas pourquoi récemment un sous-marin anglais et un français se sont rentrés dedans une nuit sous la Manche, en plus sous la Manche, en profondeur, c'est toujours la nuit et l'eau doit être hyper froide.)

Sans éprouver de remords, on ne peut pas le jeter, non.

Un dictionnaire dans le vide-ordures , pas facile, il faut taper trois ou quatre fois l'espèce de pelle avide et qui fait un peu trop de bruit, située à chaque étage et dans laquelle on met les ordures et qui est connectée sur la colonne qui arrive aux poubelles pour que tout y descende en rebondissant vers le niveau "moins un" où sont ces poubelles de l'immeuble.

Il pourrait peut être assommer quelqu'un en tombant lourdement comme tombe un dictionnaire et au moment de sortir les poubelles alors qu'il fait froid, la gardienne qui voit le dico qui dépasse, elle le prend et ouvre la première page et voit vos initiales et se dit : ces gens là n'ont aucun respect et moi qui doit sortir les poubelles alors qu'il fait si froid et que des sous-marins nucleaires se rentrent dedans sous la Manche en profondeur, comme ils ont dit au Journal de 20H00, et allez, si je regardais à "S" comme sous-marin pour voir s'il n'y a pas un schéma qui explique comment ça marche ?

Alors, on le garde, on le met au fond d'un tiroir avec les cassettes VHS et , fourbement, on s'en débarrasse quand on démenage.

C'était ma quatrième définition, à vous les petits et les Roberts.

ONU sous ma chemise


Depuis que je suis petit, ça m'impressionne le .. Machin.

Mais je le dis gentiment, attention !

Et on m'a jamais expliqué.

En plus, c'est à New York. Waow.

Un bâtiment genre menaçant mais quand même beau.

Un nom : ONU.

Bon,en anglais UN , ou UNO , vous savez , comme le jeu de cartes qu'on emporte en Italie parce qu'on peut y jouer avec les italiens et que tout le monde connaît les règles et que si on perd deux trois cartes c'est pas grave, alors pas du tout comme le jeu classique de 52 cartes, et quand on joue au pouilleux le valet de pique il est écorné, alors on sait bien que c'est l'autre qui l'a ou si par malheur on l'a en main soi-même, on peut jamais s'en débarasser et les autres sont morts de rire et on sait qu'on va perdre, mais ce n'est pas grave.

Revenons à l'ONU.

Expliquez moi S'IL VOUS PLAIT comment on fait partie de ce truc là. Pour être nommé, adoubé, envoyé, cajolé, première-classe-isé, décoré de facto, honori-fiquisé ad vitam.

Tu te vois, au dîner des anciens de la Terminale C3, du Lycée de L'Harteloire de Brest, dire d'un air faussement décontracté à tes potes, et ce après la galette complète jambon-oeuf-fromage ou juste avant d'attaquer le digestif et de démarrer les blagues salaces : "Oui, moi, je suis délégué semi permanent à 'ONU, haut-commissaire à l'agriculture vivrière pour le co-développement bi-latéral"?

Car voila : il y a tout un protocole abscons et un vocabulaire étrange d'initiés à son sujet : des présidents, des commissaires et des hauts commissaires mais là, nuance, pas comme dans la police où on imagine le commissaire type : 50 ans, buriné et blasé par la vie, fumant la pipe ou des cigarettes vachement fortes qui résout des enquêtes super complexes et rentre le soir donner à manger à son chat, car sa femme est partie à cause des heures sup' et des planques le week end devant des immeubles sordides mais  éclairés faiblement par une lumière orange et la pluie , fidèle, elle au moins, qui vient frapper le pare brise de la vieille 405 avec une aile froissée dans laquelle il est planqué, non non non, donc, des commissaires d'une sorte "les chocolats de l'ambassadeur" ...et aussi des commissions, des sous-commissions, des délegations et des sous délegations.

ONU : c'est à la fois rassurant comme concept , mais un peu triste aussi, on sent bien que ce sont des hommes très cultivés qui ont fait des études longues dans des bâtiments couverts de lierre où on remet les diplômes avec une sorte de chapeau bizarre sur la tête et ils font acte de bonne volonté en y croyant un peu et ils n'aiment pas la guerre ni la famine et ils prennent un air triste en signant avec un beau stylo à plume - qu'ils ont tous eu par un oncle poète mais bon golfeur avant d'entrer en sixième avec un an d'avance- ce parapheur bordeaux avec les documents en 8 exemplaires qui envoient des casques bleus finlandais ou norvégiens -oui, c'est mieux les pays du Nord, ça fait propre et les militaires dans ces pays ils sont aussi champions olympiques de disciplines que personne ne connaît comme faire du ski de fond et tirer au fusil en s'allongeant dans la neige avec un dossard dont le numéro est forcèment supérieur à 567 et n'oublions pas que ces types, sont en plus capitaines, trilingues, mariés à des femmes belles mais pas trop et aussi pères de 5 enfants blonds- casques bleus donc envoyés pour empêcher les Moltchènes du Nord d'égorger les Moltchènes de l'Ouest (ces chiens galeux, que Dieu maudisse leurs entrailles puantes avec lesquelles ils seront pendus la tête en bas à la plus haute branche du chêne à l'entrée du village, juste après la boulangerie du père Gloutine, ce rat édenté qui me doit encore un billet de 50 dollars , deux bouteilles de ce petit schnaps si fruité des collines de Rroyzfy et une cartouche de cigarettes blondes même si j'ai arrêté de fumer depuis que j'ai vu Sur La Route de Madison, parceque Meryl Streep elle est belle , mais alors , l'embrasser juste après avoir fumé, là Clint, je ne te suis pas).

En même temps, les hommes qui sont homologués ONU, ils hochent la tête, ils sont re transmis sur CNN et BBC et ils font des réunions dans leur salle immense avec du marbre vert qui n'est pas belle mais personne n'ose le dire parceque le budget travaux est dépensé depuis le mois de mars 1965 et dans ces réunions on a le droit d'avoir un petit chevalet où il est marqué le nom de votre pays et c'est valorisant.

Oui, moi j'aimerais bien dire au nom de la France quelque chose sur la paix qui est indispensable pour favoriser l'agriculture vivrière pour déconsolider les multis critères économiques mouvants et on verra le type de Guinée Bissau avec une toque en peau de léopard et celui du Rajahstan avec une barbe grise et un turban orange clair et des lunettes cul-de-bouteille qui écoutent d'un air sérieux ma déclaration un peu trop longue à leur goût, mais approuvent assez calmement en opinant du bonnet (si j'ose m'exprimer ainsi)

C'était ma troisème rubrique.

A vous Manhattan et Harmattan.

Qui pique les bics au bureau ?


J'ai sur mon bureau un pot de crayons, de "porte-mine" de l'hôtel N. ou H. (ou NH d'ailleurs) mais qui cassent tout le temps alors je ne m'en sers pas et de stylos.

Bien.

Je me sers d'un stylo à la fois, je prends des notes en réunion. Je le garde. Je ne l'oublie ni en réunion, ni sur le bureau d'un autre.

Bien.

Normalement, la nuit, personne ne vient dans les bureaux.

Bien.

Alors, POURQUOI mon stock de stylos diminue de façon régulière, permanente et inévitable ?

Pourquoi au bout d'un mois, je n'ai jamais le même stylo ?

Où partent les stylos qui disparaissent ? Quelqu'un a-t-il du "patafix", car il n'y en a plus en ce moment dans l'armoire à fournitures, celle qui rassure quand on vient chercher un bloc de Post -It jaune fluo et qu'on y voit plein de jolies choses qui sentent le carton neuf, parce que dans une entreprise, quand l'armoire à fournitures est vide, c'est le commencement de la fin. 

Quoique... en y pensant un peu, la nuit dans mon lit entre deux rêves confus, peut être que les fantômes blêmes des licenciés et des retraités déjà morts viennent en une maléfique sarabande hanter les salles glaciales, faiblement éclairées par un timide panneau "issue de secours" et leurs rires déchirants mais à jamais silencieux ne pourront que souligner l'implacable vacuité des projets humains, sans cesse recommencés en des cycles sans mémoire où l'on refait pour toujours les mêmes erreurs, les mêmes réunions et où les trahisons collectives succèdent aux petites mesquineries, ainsi qu'aux renoncements spectaculaires.

Et il leur faut bien un stylo pour noter ça, non ?

C'était ma deuxième chronique.

A vous les satellites et les recycleurs.

Les gros titres dégonflés


Mystère de la presse (que j'aime)

Pourquoi certaines nouvelles ou histoires qui ont fait tant de bruit pendant longtemps disparaissent et ne reviennent jamais ?

Tels des pneus dégonflés, elles sont tristes et on ne peut plus rouler dessus.

Qu'est devenu le SDF qui avait sauvé la vie de la petite fille qui tombait du deuxième étage ?

La République de Moltchènie du Nord est-elle enfin indépendante et les vieilles femmes que l'on voyait  on TV répondre aux journalistes, et on lisait les sous-titres parce qu'on maîtrise mal le Moltchène du Nord, surtout que le Moltchène du Sud est un poil rocailleux mais plus beau que le foutu patois de ces vils chiens de Moltchènes de l'Ouest -ces vieilles femmes donc, toujours avec un fichu sur la tête et les dents cassées, ont elles revendu leur Renault 12 de 1973 contre un 4X4 à kalachnikovs apparentes ?

La grippe des canards et des volatiles d'élevage , c'est vraiment fini et celle plus moderne et  "made in Mexico" mais avec un parfum vintage de grippe espagnole 1919  a-t-elle racheté l'ensemble des droits de passage en radio ?

Sarah Palin s'est-elle enfuie dans une communauté bio-baba cool et renouvelable à Katmandou, déclarant soudain que "le préservatif, c'est comme la passoire : sans trous, les nouilles ne s'égouttent pas bien ?"

Le trader fou qui a englouti 345 milliards de dollars en faisant ctrl-alt-suppr sur son clavier en regardant un écran monochrome de couleur verte et sans le dire à son chef qui n'en savait rien de rien... est-il en train de planter des fraises à Plougastel-Daoulas ou se moque-t-il de nous, tout en lisant ce blog sur un laptop en platine, un peu bronzé mais pas trop et bien installé sur le pont arrière d'un yacht de 78 mètres de long, amarré dans une baie enivrante que le soleil illumine, posé sur une eau verte et bleue si cristalline que l'ombre du navire est la seule touche sombre dans un océan infiniment exotique où des poissons chamarrés comme des bijoux glissent lentement en caressant les coraux de leurs nageoires voluptueuses à peine effrayés par la tragique connaissance innée que la murène cruelle viendra un jour avec brutalité prendre l'étincelle de leur pâle vie... comme une multinationale faisant une OPA sur votre employeur.

C'était ma première chronique.

A vous les studios et les réponses.