mardi 8 juin 2010

Exorcisme



L’humanité est frappée par un nouveau fléau qui monte en nocivité, à savoir la libre irresponsabilité criminelle et la gloutonnerie croissante des « marchés financiers » dont les actes fous (contrôlés par des algorithmes mathématiques et des ordinateurs) pourraient causer de terribles catastrophes, avec des conséquences économiques et humaines effroyables. Ce n’est pas moi qui le dis, lisez les journaux.
Nous le savons et il ne se passe rien. Étrange, non ?

Alors, si on dit :
« Disparais Ô grand Satan de la Finance, corrupteur des âmes et des cœurs !
Forces des ténèbres, tapies à Wall Street, dans les bourses maudites sans morale et dans les hedge funds sodomites, soyez transformées en cendres !
Armées des hommes vertueux, prenez vos glaives, levez-vous et brûlez leurs temples maudits !
Que les adorateurs de la spéculation soient frappés par la foudre et leurs familles ainsi que leurs complices changés en porcs ! »
Cela ne marche pas.
NB : On peut aussi voir Monsieur Boubacar Cissé, métro Blanche, qui pour 50 euros fait aussi désenvoutement, travail assuré, retour de l’être aimé et vigueur sexuelle, mais il pourrait décliner le projet, bien qu’il garantisse en général son travail (et « à distance » s’il le faut)

Ou alors, si on essaie :
« Le capitalisme doit être combattu et le prolétariat doit s’emparer du pouvoir afin d’établir un régime collectiviste, privatiser les acteurs de la finance internationale et mutualiser les outils de production agricoles et industriels.
Prolétaires de tous pays, unissez-vous et boutez les 200 familles qui enserrent dans leurs doigts crochus les richesses volées au Peuple ! »
Cela n’a pas marché.

Avez-vous des idées, chers amis, à mi-chemin entre la magie noire et la révolution rouge pour que cette infernale machine soit au moins encadrée et au plus désintégrée ?
Cela marchera peut être ?

lundi 7 juin 2010

Musique à l'emporte pièce



Me voici encore et toujours dans une de mes diatribes autour de la musique pop rock et de son interaction avec notre vie quotidienne. Go !
Lisez-donc ce qui va suivre, c’est un sujet récurrent chez les vrais passionnés, si j’étais célèbre, j’en ferais même un podcast, à télécharger sur vos machines. Vlan !
Préambule irrité.
Merci de ne surtout pas me répondre à la question « Qu’écoutes-tu ? »…Ceci : « Oh, tu sais moi, j’aime un peu tout, j’écoute de tout ». Argh ! Cette affirmation banale qui à la fois est d’un flou lamentable et d’une prétention larvée de fausse tolérance universelle vaguement baba cool et réellement insipide. Pouacre !
Alors, je vous explique quelques notions qui me travaillent hic et nunc.
Mon propos n’est pas de faire la morale à quiconque, niet !, mais de fustiger ceux qui n’apprécient pas comme ils le pourraient les œuvres à portée de leurs tympans. Fi !
Article 1
Les faux amateurs de chansons n’écoutent que des « singles », à l’unité, à la pièce, acquis comme on achète une baguette (pas trop cuite, SVP). Qu’ils l’aient téléchargé légalement (très bien) ou non, c’est juste le (s) titre (s) le plus connu (s) du moment ou d’un groupe qu’ils ont en stock. Oui, rétorquerez-vous, et toi, tu n’achetais pas des 45 tours ? J’y viendrai, je répondrai plus loin. Attendez un peu. Paf !
NB : Là je vous parle en bref de l’amateur de type « kikou LOL » ou « yuppie qui croit qu’il touche à tout » ou « quinqua qui veut rester djeune », pas du véritable fan de metal, ni du Goth à crête noire, ni du rockab’ à banane, ni du reggae man avec dreadlocks, ni du journaliste de rock and folk, ni des types comme moi-qui ont peut être quelques fusibles brûlés par les décibels et ont fait de la musique qu’ils écoutent une question de vie ou de mort. (Lire à ce sujet : Nick Hornby, Haute Fidélité)-. Pan !
Article 2
Pourquoi dire « j’aime un peu tout.. » ? Pour être politiquement correct ? Non ! Moi je vous affirme que vous pouvez adorer certains groupes ou styles…. à fond sans crainte de passer pour un dangereux extrémiste. Hey !
Si vous me dites que vous détestez Massive Attack, vomissez en entendant les Ramones et éteignez votre autoradio à grands coups de pieds rageurs chaque fois que Jacques Brel est diffusé…. Tant pis, au moins nous aurons un sujet de discussion intéressant. L’eau tiède c’est nul, car une douche froide ça réveille et un bain chaud, ça détend ! Ping !
Article 3
Ecoutez les ALBUMS en entier. C’est clair, non ? Vous allez au restaurant chinois, hé bien, vous ne prenez pas du saucisson en entrée, du pain pour saucer les crevettes piquantes et un Paris-brest en dessert ? Donc, si vous écoutez l’intégralité de « Seventeen Seconds » des Cure, vous partez de A et vous arrivez à Z et vous avez fait un beau voyage. Appréciez une œuvre complètement.
Et certes, moi aussi ainsi que tous les fans aiment les 45 tours/le single ET l’album ET le CD remasterisé ET le « live » etc…
D’ailleurs, une compilation ou une liste de lecture intelligente est bâtie avec des titres extraits certes un par un d’albums mais enchaînés avec finesse et à propos. Et Toc !
Article 4
Pas le temps dites-vous ?
Go ! Vlan ! Argh ! Pouacre ! Niet ! Fi ! Paf ! Pan ! Hey ! Ping ! Et Toc !

dimanche 6 juin 2010

Nadal gagne Roland Garros et pourquoi ça fait plaisir



Parce qu'il a joué comme un cador
Parce qu'on adore avoir des héros positifs par les temps qui courent
Parce qu'on ne connaît toujours pas l'hymne suédois
Parce que la reine d'Espagne a enfin souri quand il a gagné le match
Parce que l'émotion était aussi vraiment là, à la fin !

Neon lights



Par le hasard de la sélection aléatoire, mon lecteur mp3 se met à jouer « Neon Lights » de Kraftwerk, extrait de l’album mythik et kult, avec un K à chaque fois notez-le bien, « The Man Machine ». Si vous ne le connaissez pas, courez, achetez, écoutez, remerciez-les, réécoutez, souriez.
A cet instant, je m’interroge avec vous pour essayer de comprendre ce qui fait la pérennité d’une œuvre artistique musicale « pop », reggae ou rock, etc.
Car c’est bien cela qui, de mon humble point de vue, constitue le but ultime que les paillettes et les courbes des ventes aimeraient pouvoir receler en leurs flancs avides.
Notez, à cet instant, l’envolée dans les termes, alors que derrière moi Neon Lights en est au long moment instrumental et répétitif, presque hypnotique, qui constitue le pouvoir d’attraction de cette chanson twing klank klink.
Je la faisais écouter à mes enfants, petits, dans la voiture, parfois avant qu’ils ne s’endorment (oui, et « LKJ in dub » aussi, je l’avoue) et ils s’en souviendront toute leur vie, et leurs enfants pourraient aimer, j’en suis sûr. Revenons à la gloire durable.
Non, Britney, Stars cracras des mites, et Lady G., je n’ai pas écrit « du râble »… car elle est vraiment provisoire celle là. Vingt ans et fermes, certes, vos popotins, mais pour 99 ans fermes à la Maison d’arrêt des succès sans appel, ce sera plus… dur.
Le mp3 vient de basculer sur Noir Désir, « à ton étoile », et si le cœur se serre en imaginant justement Cantat dans sa prison, je sais que lui aussi a gagné ses galons dans le Panthéon de ceux qui resteront.
Donc, continuons la réflexion, les chansons sont liées à la mémoire affective de chacun, pour un temps donné, en raison de souvenirs, de nostalgies et de contexte précis. Ceci pose une limite temporelle liée à notre espérance de vie.
Le fait de pouvoir perdurer une ou plusieurs générations, c’est en revanche l’étape critique à franchir. Le faire, c’est prouver qu’on est du marbre des statues du Colisée.
Hit Parade et livres d’histoire conjugués au même temps, le parfait.
NB : L’autre dimension du cube étant aussi le succès trans-national, si difficile à obtenir pour une chanson française à textes.
Quel est cette magie, cette étincelle qui est intégrée dans une chanson par ses auteurs pour arriver à un équilibre esthétique fondamental et innoxydable ? Je ne sais pas.
Le mp3 diffuse désormais la version bossa nova de « Making Plans for Nigel » de XTC, par Nouvelle Vague. Tilt.
En voici un de critère pour côtoyer l’immortalité ! Si des inconnus peuvent jouer un morceau, même a cappella, et que tout le monde applaudisse ET que des enfants disent à leurs parents : « écoute ! cette toute nouvelle chanson de Lady Cantat Neon ! elle est super ! »
Si on leur répond alors : « oui, oui, mais c’est une reprise de …. » Bingo !
Bon là, passe « London Calling » des Clash… il va falloir qu’on cause des anges et du Diable un de ces jours.

samedi 5 juin 2010

Schiavone gagne Roland Garros et pourquoi ça fait plaisir



Parce qu'elle a joué magnifiquement
Parce que les italiens sont des français de bonne humeur et qu'on ne devrait pas l'oublier
Parce qu'elle a 29 ans
Parce qu'elle n'était pas favorite
Parce qu'on a évité l'hymne russe à la fin
Parce que les sœurs Williams frappent comme des enclumes
Parce que l'émotion était là, cette fois ...

vendredi 4 juin 2010

I-n'en peux plus


Dans la poche gauche le dernier I-phone avec Free-Orange et la droite l’ancien avec Virgin-SFR.
Dans mon sac à dos, le nouvel I-Pad.
Pour faire la cuisine, le récent four I-cook (tarte à l’ I-Apple, soupe à l’I-oli)
Aux toilettes, du très doux I-paper avec des logos Windows Vista dessus.
Pour payer, une I-carte de crédit (application I-découvert en option).
Les talibans sont combattus par des I-GI’s virtuels et on leur envoie une pluie de I-missiles, ainsi que des PC avec DOS 2.1.
Plus de boulot, il faut pointer au I-Pôle-Aïe-Emploi.
Notre présidente Martine I-bry, vient de dissoudre le Sén-I car, trop vieux, ils ne savent pas se servir de leur outil I-vote.
I-pouce pour les bébés dès le berceau.
I-car tactile pour aller en ville, car le RER-I est buggé. L’I-syndicat va faire un podcast pour expliquer qu’ils sont I-is par la direction.

I-jette l’I-ponge….

Neuf questions sans réponse


1. Pourquoi mon siège dans le train est-il toujours situé dans le wagon le plus éloigné de la gare, tout au bout du quai ?
2. Qui achète des battes de base-ball en France, alors que personne n’y joue ?
3. Les nains de jardin couvrent de ridicule leurs possesseurs, c’est un fait avéré. Et certains en ont encore ?
4. Quand j’écris un sms, pourquoi le point d’interrogation ou d’exclamation tombe-t-il toujours exactement « à la ligne », en dessous du texte ?
5. Si on doit travailler de plus en plus longtemps, pourquoi on nous vire de plus en plus tôt ?
6. Pourquoi on met plus de temps via un avion et deux aéroports pour faire Paris-New York en 2010 qu’en 1980 ?
7. Qui regarde NT1 après trois heures du matin ?
8. Si on imite un imitateur, ça donne quoi ?
9. Pourquoi les claviers d’ordinateurs sont-ils aussi mal conçus et peu pratiques ?


PS : et 1bis, pourquoi quand j’arrive à la gare de destination, mon wagon est-il encore le plus loin du quai ? Il y a eu un looping du train alors que je m’étais assoupi ?

jeudi 3 juin 2010

De la diffuculté de se faire comprendre en milieu professionnel


Pour revenir à des chroniques proches de l’esprit « je veux que quelqu‘un vienne ici et m’explique » comme dit mon ami Jacques S., je souhaite évoquer ici les questions relatives à la transmission claire d’un message vers autrui. Et ici je ne vais évoquer que le milieu professionnel, (mon boulot, en fait !)
Voilà.
Vous avez compris ?
C’est noté ?
Ne vous êtes vous jamais rendu compte qu’après une explication détaillée de votre part, face à un groupe de personnes avec qui vous devez travailler, vous obtenez souvent des « oui oui oui » de vos interlocuteurs… mais après, l’on vous redemande souvent des précisions, voire des éléments fondamentaux ?
Exemple : dans un service A, on organise un « briefing » B à grands coups de Téléconférence T et de Powerpoint PPT en polychromie de toute une équipe pour un sujet S…. .
Ceci est inévitablement suivi de coups de téléphone ou de mails a posteriori par X qui jouait avec son Blackberry, par Y qui est arrivée en retard et (bien sûr !) par ce con de Z, demandant des questions …basiques du genre « Où ? » « Quand? » « Combien ? », etc.
Sans compter les contresens, les erreurs, la mauvaise foi, l’inexpérience et l’arrogance.
L’employé de bonne volonté doit savoir rester patient.
Tout pédagogue me fera remarquer avec pertinence que la répétition est mère de pédagogie.
Tout formateur vous indiquera avec intelligence que redire c’est mieux faire passer l’information.
NB : là, vous avez remarqué le petit écho des deux dernières phrases de cette note ?
Démonstration de mon propos.
Pire encore, quand vous devez vous exprimer dans une langue qui n’est pas la vôtre.
Even worse, when you must express yourself in another language (not your mother tongue).
Je parle d’expérience, plongé dans le bain des multinationales et des assemblées transnationales depuis longtemps.
On ne capte bien, à mon avis, que 50%-60% de l’ensemble d’une présentation écoutée en langue étrangère (even in English, my dear) en salle de réunion, voire 30% maximum par téléphone (et 10% dans la soirée ou le dîner dit de « teambuilding » pan-Européen, avec cependant une pointe à 20% après le quatrième verre).
Puis… Ô épreuve redoutée et si souvent répétée de l’écoute d’un « speech » en anglais
Et encore, quand c’est Charles qui parle avec son accent parigot, cela va, mais attention voici Manolo qui met l’accent tonique à la mode ibère et nous voilà en mode « longues ondes sous le tunnel » !
Si c’est Ed l’écossais ou Sinead l’irlandaise, halte-là, perte du fil assurée. Si, en plus, ils font une bonne « joke » avec Sam, du Texas, ils ne sont que trois à rire, sur les 25 personnes que compte le « meeting ».
Seul le néerlandais va un peu comprendre, et encore, on ne sait pas s’il est sincère.
Le finlandais ne rit pas toujours, lui.
Anecdote : j’ai déjà entendu, une fois, une âpre discussion en anglais « écorché » entre mon chef de l’époque (français) et un italien. J’écoutais mollement, mais au bout de dix minutes, je suis intervenu et je leur ai dit qu’en fait, ils étaient d’accord !
Ils m’ont regardé, étonnés, mais ont continué leur débat (on a sa fierté, Monsieur).
Tout cela pour vous faire toucher du doigt qu’il est délicat de travailler ensemble dans le même bateau, en commençant par le fait basique passer aux autres un message simple.
Vous avez reçu 5 sur 5 ?

mercredi 2 juin 2010

Retour express





Dépêche AFP-Reuters-The NY Times-Le Monde- The Bombay news- Guatézuela Associated Press- Chine Nouvelle- Africa Number1-

Choc dans le monde entier. Inquiétudes. Débats.
La fusée-sonde Flexplorer 8 que nous avions expédiée pour rechercher de nouvelles formes de vie dans l’espace s’est violemment écrasée à son retour sur Terre.
L’impact s’est produit dans la banlieue de Cocones City (Guatézuela), ravageant un quartier entier et détruisant de nombreuses maisons.
Par miracle, on ne déplore aucune victime, car l’intégralité de la population locale assistait à un match de football, le derby Angelos-Cocones City contre Los Toros de Ciudad-Popotez. (Match interrompu par la catastrophe, score 2-2 après 76 minutes de jeu)
Les trois cosmonautes n’avaient pas donné signe de vie depuis que leur engin avait dépassé notre système solaire.
On sait seulement qu’ils allaient approcher une planète où une forme de vie organisée semblait possible.
Il est probable qu’ils aient pu se mettre en orbite basse, voire effectuer un atterrissage et commencer une exploration préliminaire de la planète en question.
Il est à noter qu’ils ont enclenché de façon manuelle la puissance maximale des réacteurs pour rentrer sur Terre et qu’ils n’ont rien fait pour arrêter leur course, après avoir traversé l’atmosphère.
Un trou de trente mètres de profondeur a été creusé par l’impact de Flexplorer 8.
Ce qui est inquiétant est le seul message envoyé par l’équipage, quelques secondes avant l’impact :
« Purée, les amis, on préfère ne pas vous raconter ;
Good luck avec E.T. et sa bande ! »

mardi 1 juin 2010

15768000 minutes



Paris, premier juin 1980.

Sur le quai du métro, j’attends. Station Saint-Paul, direction Charles de Gaulle Etoile. Je suis fatigué, hier soir, on a bu quelques bières belges avec les copains, c’est Jean-Jacques qui nous a raccompagnés dans la 305 Break toute neuve de son père et nous étions tous un peu fracassés…on a écouté Police à fond.
C’est long, je fais les cent pas, il est trois heures de l’après-midi, heure creuse. Peu de monde sur les quais. Une gitane vient me demander une pièce, je refuse, elle me maudit à voix basse. Je me dis que le métro met toujours trente ans à venir.
Je sors de mon sac US vert kaki ma petite calculette Casio, avec des diodes bleues, et je calcule que trente ans, cela fait 15768000 minutes. Je m’assieds sur un siège, en dessous d’une publicité pour Benco, le chocolat en poudre que j’aime bien et je pense à l’album 33 tours d’AC-DC « Back in Black » qui m’attend à la maison pour écoute dès ce soir.
Je m’assoupis un peu. Réveil en sursaut, un peu endormi… le métro se pointe (enfin !), la porte s’ouvre et je saute dans la rame.
Tiens ! C’est drôle, il n’y a pas de séparation entre les wagons ? Ce métro est un long train et je me retrouve dans un long serpent qui file… et les sièges ? Marrant, ils font très « design », recouverts d’un tissu synthétique et coloré. C’est un prototype de nouveau métro ?
Ah, et la fille, assise à côté de moi, elle est habillée très sexy, dites-donc. On voit son ventre et son nombril. Elle a un look super disco. Elle écoute son walkman, qui est tout riquiqui : mais où met-elle la cassette ?
Et ce jeune garçon plus loin, que fait-il ? Il parle dans un talkie-walkie orange et tout fin.
Dans le métro ? Il fait semblant, il joue au mime Marceau ou il frime ? Et ce black, là, à deux rangs, il caresse une espèce de calculatrice assez large, qui a l’air d’être en verre pour moitié. Je me lève, l’air de rien et m’assieds derrière lui ; C’est étrange, il y a des images, des photos qui semblent glisser quand il les touche ! Mais que fait-il ? Il se met à jouer au talkie-walkie à son tour ; il dit « allô » et se met à parler. C’est quoi ce bin’s ? Une secte d’imitateurs des conversations téléphoniques ?
Station Hôtel de Ville. Des touristes entrent en parlant espagnol et très fort. Quel habillement ! Des sortes de K-Way trop fins, des sacs à dos fluos, des chaussures de sport biscornues et de plusieurs couleurs. Ils tiennent des caméras vraiment mini et ont des lunettes qui semblent dessinées par Yves Saint-Laurent !
Oh ! Et toutes ces publicités sur les murs de la station ! C’est quoi ces poulettes déshabillées ? Chaud ! Et cet appareil noir … une Télévision HD… mais de quoi « HD » ? c’est fait pour équiper des salles de cinéma, vu la taille ? En promotion ? Et pourquoi en monnaie étrangère ? Je ne reconnais pas le symbole, si c’est mille deux cents, c’est donné !
Le métro couine et repart.
Je remarque aussi la plupart des autres passagers en train de lire un journal avec peu de pages, mais où la couleur est partout. Ils ont tous le même, ceci dit, c’est surprenant ! J’ai raté une édition spéciale ou quoi ? Une vieille dame près de moi se lève et en abandonne une copie sur le joli siège, sur lequel un type un peu dingue a du mettre un coup de feutre et laissé une sorte de gros autographe.
Je regarde le journal. Elle l’a oublié ? Tant pis, elle perd 5 francs ! Je vais le piquer discrètement quand elle sera sortie.

Premier juin 2010.
Pardon ? L’effroi me saisit. Je feuillette le journal.
Je ne comprends rien. Je descends à la station Chatelet, comme frappé par un direct de Sugar Ray Leonard.
Je titube, regarde ces publicités qui ne me disent rien, ces gens habillés comme dans un défilé de mode américain ou tropical, tous ces talkies-walkies téléphoniques et cette station trop éclairée.
Je vacille et tombe.
Je me réveille.
Station Saint-Paul, sur un siège en bois, une publicité pour Dany sur l’autre quai. La gitane revient et elle me tend la main.
Je lui donne un billet de cinquante francs et je sors en courant dans la rue. Le soleil brille.
François Mitterrand, fort et tranquille, défie Giscard d’Estaing sur les murs de Paname pour les élections de l’an prochain …