vendredi 3 septembre 2010

Amtserdamned (part2)



Donc, je vous ai dit précédemment que je suis passé du mode « en pleine forme » à celui de « grand corps malade » en une petite soirée. No fun. Modestement, voici quelques remarques naïves, qui feront sourire les vrais éclopés de la santé. Respect pour eux, mais je veux sortir de leur club aussi rapidement qu’une gazelle poursuivie par un guépard et qui se souvient du bruit que font le craquement des dents sur un os. Je reviens sur trois concepts que je découvre.

Eins : La sollicitude de tous s’exprime en un clin d’œil et on voit avec étonnement l’inquiétude réelle de ceux qui tiennent à vous. Ceci dit, on mesure alors la vitesse à laquelle on passe dans une autre dimension, celle du hors jeu, de la fin de partie, du banc des remplacés. Tu es malade, ô mon pauvre, tu ne peux plus rien faire. Au secours !
Je n’ai qu’une envie, celle de repasser sur « on ». La notion d’être déconnecté, sur le côté est immédiate et, vraiment, prend à la gorge ! Comme être sur un bateau qui s’est éloigné du quai, et un bateau, c’est très lent pour revenir au port. Il en faut des manœuvres, donc on se sent parti pour un bout de temps, et ça, ce n’est pas plaisant.
Au secours, je veux rejouer le match avec vous… tout de suite.

Zwei : à l’hôpital, même en y restant 24 heures, et entouré de gens compétents, dévoués et humains, l’impression de devenir un dossier, un être non doué de raison, ni de capacité décisionnelle. Aller de A à B sur un lit à roulettes ce n’est drôle que dans le générique de « H ». Tu fais ton examen, tu attends, tu dois refaire un autre examen, tu attends, tu ne bouges pas, tu ne dis rien. Cela fait réfléchir sur les séjours de longue durée que nous serons amenés à y faire, quand le crabe ou une autre saleté va se décider à nous ronger pour de bon. Et en plus, pourquoi les murs sont peints en jaune « moutarde fatiguée », vert « amande millénaire » ou bleu « layette de mort-né » ? Les néons partout, c’est pour donner mauvaise mine à des gens qui ont déjà un teint de zombie sorti du métro ? Je suis ironique, certes, mais bon sang, quelle ambiance donnée par les teintes murales ! Le stress porté au top, j’avoue pour votre serviteur qui pensait alors fixement au rouge et au bleu des schémas du cœur et du circuit du sang qu’on apprend en sixième et que là, on a oublié à 100%.

Drei : rester chez soi, ensuite pour faire son convalescent en pyjama, c’est déprimant et usant. On tourne en rond. On voit des publicités à la TV qui parlent de monte-escaliers, de pompes funèbres, de croquettes pour chats et de colle à dentier. Aaargh ! Je me suis lavé avec le max de force dont je dispose, habillé, parfumé même sans sortir et je me suis jeté sur mon PC.


Ceci est donc la fin de mes chroniques en mode « maladie ».

1 commentaire:

  1. Salut Jérôme,
    Bien content que tu te sois tiré de cette alerte à prendre au sérieux, j'imagine que Sylvie encadre ton champsspatio-temporel de la manière la plus adéquate possible. Toutes nos pensées de Bruxelles avec toi. Je comprends bien ce que tu énonces par ce sentiment de passivité agaçante quand on te promène partout dans la clinique ou hôpital sans que tu puisses influer ou participer de quelque façon que ce soit sur ton propre sort, je l'ai pressenti l'année dernières aux urgences de Vannes alors même que c'était pour une simple frature à la cheville, t'imagines! Idem pour la suractivité qu'on veut dégager assez rapidement une fois l'alerte maîtrisée (j'ai lu ça sur le FB de Sylvie), quand mon père est revenu de clinique suite à une sévère crise cardiaque, il pétait la forme mentalement et voulait s'attaquer à plusieurs activités simultanément, à tel point que j'ai du me me montrer ferme avec lui. Bref, tout ça pour te dire de rester cool les prochaines semaines, c'est la meilleure garantie pour en profiter un max ensuite et en faire des tonnes. L'appétit de la vie et de l'activité débordante vont en effte de pair avec les personnalités riches et enrichissantes. Le reste est une question de se gérer soi-même, "se connaître soi-même" comme disait le vieux dans sa caverne, il y a quelques 2 millénaires et demi... Enjoy! Corinne et Eric, Bruxelles.

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