dimanche 30 mai 2010

Pour finir Mai en beauté


«Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie.»

[ François Truffaut ] - Dialogue du film L'Homme qui aimait les femmes


Photo de Willy Ronis

samedi 29 mai 2010

Blaireauvision en multigerblex



Vulgariland 10 points

Pétassie orientale 9 points

Essuie-Gladz 8 points

Korisstagrossein 7 points

Parolinssipihd 6 points

Républik Dénaz 5 points

Audimatraquie 4 points

Royaume de Paÿ-Haitte 3 points

Pané-ceserbia 2 points

The Ringarlands 1 point



Mon taux d'audimat ce soir ? 0 point

Agences de notation



Nous sommes en 2042.
Depuis quelques années, l’agence de notation Mitch and Andersen a été sélectionnée et a gagné le contrat exclusif de notation nationale française. Mais pas, celle des finances du pays, non, là c’est King and Poor’s and Sons. Pas non plus celle qui donne aux entreprises leur position dans l’échelle de la Sécurité Financière, qui est une filiale spécialisée de la Bank of Free Trade inc. Je veux vous parler de la notation individuelle obligatoire que chaque citoyen se doit d’actualiser chaque mois en passant des examens individuels – et payants, cela va de soi-. Et ceci, en plus du contrôle continu. Aujourd’hui, selon six critères, nous sommes tous évalués en permanence. C’est la loi, c’est indiscutable.
Quiconque voudrait s’y opposer ou même critiquer cela se verrait embastillé pour longtemps dans une Prison Privatisée (groupe Bouygues), par un Juge Privatisé (cabinet Sword and Pain, Brothers).
Je vous rappelle les six critères : Propreté Fiscale, Francitude, Consumérisme, Compliance Nationale, Télévisionnage conforme, Taux d’adhésion au Libéralisme et Casier Judiciaire Trans-Génerationnel.
Cette notation est reportée sur la puce individuelle 5.4 de Citoyen-netteté, implantée dans le poignet droit de tout homme ou femme résidant sur notre sol, et ce dès sa naissance, ou sa naturalisation… mais comme chaque pays dispose désormais d’un système équivalent, on peut dire que la compatibilité des informations est maintenant pérenne. De plus « il n’y a plus eu de naturalisation d’étranger en France depuis dix ans ! », comme se plaisait à le rappeler le ministre de l’Identité Contrôlée Privatisée, lors d’un récent discours diffusé sur l’intégralité des chaînes de télévisions privatisées, l’ensemble des radios privatisées (groupe CNN-Sony) et envoyé en copie à toutes les adresses e-mails (autorisées) des français (monopole Goog-apple Ltd), qui sont répertoriées dans le registre Hadopi 7 (géré par Disney Controls).
La Police Privatisée est munie de puissants lecteurs infra-peau qui scanne et lit les données de tout un chacun, à une distance de sept cent mètres. Les informations sont analysées par le Grand Serveur Privatisé (une joint-venture d’ IBM, TF1 et Nokia) et le comportement à l’instant T peut donner une bonne ou une mauvaise inflexion, par exemple à votre taux de Consumérisme, si vous achetez un produit en promotion alors que vous êtes scanné (à votre insu, toujours). Quiconque n’obtient pas un mininum de « AA » en Francitude ou Compliance Nationale est fouetté en public par une société spécialisée (du groupe GDF-Suez) et expulsé avec sa famille et l’ensemble de ses contacts Facebook 3.2, vers un pays à notation nationale moindre, comme… enfin, vous savez qui….Il est donc vital d’être bien noté, pour être un bon Français Privatisé.

à lire !



"Le cher disparu", ("The loved one") d'Evelyn Waugh.

Brillant, cynique, noir, irrévérencieux, et se payant la fiole des British comme des Californiens !
Avec une héroïne qui s'appelle Thanatogenos, cela doit mal finir ...

NB : si vous le lisez en anglais, prévoir un dictionnaire à portée de main, car vocabulaire de type "challenging"

vendredi 28 mai 2010

La déclaration d'impôts



Vous avez sûrement entendu aux news l’horrible histoire du meurtrier qui a tué sa compagne et a aussi tenté de noyer le petit garçon de cette dernière. Lequel enfant a témoigné en expliquant ce qui lui est arrivé, ce qui est digne d’un film d’horreur. J’entends sur France Info, détail macabre, que l’assassin avait tout froidement prémédité et, après ses atroces forfaits, a : (je cite de mémoire) « rempli sa déclaration d’impôts et même chatté avec des jeunes filles ».
Alors là, je suis bouche bée.
En temps normal, remplir sa déclaration d’impôts requiert sérénité, concentration et une zenitude proche de celle du grand maître Lao-Gisui-Giresth, atteinte après une profonde méditation sur un galet dans une grotte du Mont Tsing-Tao en apnée pendant trois jours et après avoir lu l’intégralité des mémoires de Bouddha Blanc , Bouddha Noir et Bouddha aux Pommes (et en intégrant pleinement ce qui s’y dit, cela va de soi).
Alors là, après un double meurtre (enfin simple, car le pauvre garçon en a réchappé, d’où son témoignage…), se coltiner cette épreuve ? Bravo.
Question : il a mis juste « une part » et actualisé ses paramètres à chaud ou il a encore déclaré qu’ils étaient encore trois dans le foyer fiscal ?
Il y a vraiment des choses étonnantes, que l’on apprend, en écoutant la radio.
Dans le même registre, peut être que Landru se mettait-il à faire un puzzle 3000 pièces avec juste un paysage de plaine uniforme et de ciel bleu sans nuage, après avoir réduit en cendres sa onzième victime féminine (c’est bien onze, j’ai vérifié) ?
Ou bien encore le type de « Massacre à la tronçonneuse » se rendait-il chez Black et Decker pour une révision-graissage de son outil de travail, suite à une bonne partie de découpe in vivo ?
Et Nosferatu, allait-il voir son dentiste, le matin suivant un festival de morsures, pour un petit détartrage ?
J’en conclus que la capacité à rester calme et serein après avoir effectué des tâches délicates mais effectuées dans les règles de l ‘art demeure donc une compétence professionnelle à part entière si l’on veut garder quelque espoir de faire carrière dans une activité liée à l’élimination (partielle) du genre humain.
Et, avec l’âge de la retraite qui recule chaque jour un peu plus, ceci nous semble assez logique.

jeudi 27 mai 2010

Doutes (même en juillet et en mai)



De temps à autre, un doute puissant étreint l’écrivain amateur.

Heureusement, me direz-vous ! Il ne faudrait pas que les milliers de personnes qui racontent leur vie, leurs humeurs ou se lancent dans des billets de pure fiction, voire de doctes commentaires argumentés sur des sujets graves, bref nous tous apprentis philosophes de comptoir numérique et pseudo-journalistes à l’éditorial facile nous nous permettions d’attraper la grosse tête. Calme et modestie s’imposent, chers lecteurs qui parcourez en ce moment même ces quelques lignes.

Le fait de poster des messages sur un blog renforce encore ce sentiment. En effet, tant que l’on gardait ses écrits dans un joli cahier ou un fichier « personnel » de son disque dur, il était entendu que nos tergiversations restaient discrètes. Avec la diffusion large et instantanée d’Internet, la moindre chronique peut être lue par un public large.
Large ? Attention cependant… La diffusion de mon blog se mesure mensuellement entre 600 et 950 visiteurs « uniques », dont quelques amis dévoués et patients et ma famille résignée mais aimante… et entre 590 et 940 internautes qui doivent au hasard le fait d’atterrir sur ces pages. A ce propos, je souris à chaque fois lisant quels « mots clés » leur ont permis de tomber sur ce blog. Merci à l’outil « Statistiques » !
Je vois des requêtes « coquines » (oui, j’ai noté : fessée, string, nue sous la burqa…) et des requêtes curieuses (noyau d’avocat, totalgaz et paupière lourde,…), qui ont mené vers des articles où j’ai employé ces mots d’une façon ou d’une autre. Ceci étant dit, l’idée me vient d’écrire une note un de ces jours où je parlerai de fessée, string, nue sous la burqa et de noyau d’avocat, totalgaz et paupière lourde, tout en même temps, dans un re mix sauvage.
Revenons au doute qui étreint le scribe du world wide web. Quand je lis du Maupassant, du Dino Buzzati, du David Lodge pour m’instruire et me distraire le soir, ou parcours les articles des journalistes du Monde, de Libé et du Nouvel Obs, oui, je me sens vraiment tout petit.
J’imagine que le peintre amateur, le musicien du dimanche et le sportif en sueur dans son jogging doivent parfois penser de la même façon, en pensant au Caravage, aux Clash et à Usain Bolt.
Mais bon, j’ai l’impression que cela n’arrête pas l’artiste ou le sportif amateur dans son élan. Et leurs amis et leurs familles d’applaudir devant leurs croûtes de couchers de soleil mauves, leurs fausses notes, leurs performances de milieu de tableau.
Et si vous avez lu cette note jusqu’au bout, bravo. Le doute subsistera, mais un peu de lumière, fut-elle artificielle, dans la grisaille des illusions perdues ne fait pas de mal, après tout !
PS : de plus, je vous garantis mes textes à 99% purs en orthographe, c’est un début de label qualité, non ?

mardi 25 mai 2010

Autocollant filé




On voit très souvent, à l'arrière des voitures de pères de famille, un auto-collant "bébé à bord".

On voit très rarement, à l'arrière des bolides de chauffards, un autocollant "idiot au volant".

Mythe meat




On raconte qu'Attila mettait son steak à cuire sous sa selle.

Et quand le cheval ne sentait pas le morceau de viande sur son dos, il commençait à rédiger son testament ?

lundi 24 mai 2010

Cannes à pêche, pêche à Cannes



Editorial du magazine « Studio Première Movies »

Le Festival est terminé, le palmarès doit de fait être commenté comme il le mérite. Le Jury, présidé par un cinéaste à la personnalité hors norme, Timothée Eisenstein-Palmer, a couronné une série d’œuvres et d’artistes qui eux aussi sortent des sentiers battus.
La Palme d’Or est attribuée à Georges-Reinhardt Vastotikoloku, le metteur en scène austro-birman, pour son splendide film « Worms storms » : un long métrage contemplatif et exigeant au rythme très lent, tourné en dix ans dans l’univers taiseux des éleveurs de vers à soie où l’on devine à contre-jour les poses mutiques et étranges de deux enfants sourds dont les parents ont été tués par les milices d’un gouvernement dictatorial suggéré et oppressant mais seulement deviné par un spectateur en apnée au travers de ralentis sépia montrant une télévision ancienne, dans une pièce vide, éclairée par une fenêtre aux carreaux cassés, avec un rideau déchiré qui vole au gré du vent. La version courte de ce film (3 heures 50) sera diffusée dans deux cinémas du sixième arrondissement de Paris et une salle Art et Essai, au choix à Vesoul ou Dax. C’est l’apothéose pour cette écriture complexe et ondulée, qui permet trois niveaux de compréhension et renouvelle le genre en une provocation magique et déroutante, prenant toujours le cinéphile averti à contre-pied et filmant les poignées de portes en gros plan.
La Palme de la Meilleure Actrice est attribuée à Mouliette Cinoche, qui a déclaré devant un jury, qui sanglotait d’émotion -érudite mais contenue, l’émotion- : « être femme, c’est être sensuellement actrice par la révélation veloutée de la caresse de la caméra théâtrale qui fait de moi le pétale primal de la palette invisible, sauf dans l’œil complice et moqueur de Marcellinos ». Rappelons qu’elle doit cette Palme à son rôle dans « Angoisses mauves » de Marcellinos Zatoplekk, le sino-roumain bien connu des habitués du circuit très underground l’UACLPSPCICV (« Un autre cinéma, le pas simple, pas celui pour les idiots comme vous »).
La Palme d’Or du Meilleur Réalisateur revient (enfin !) à Raymond Lecrantec pour « Vaches, vaches, vaches » un thriller paysan bien de chez nous, avec G.Depardieu, F.Dubosc, un tuniso-australien obèse mais encore méconnu et M. Youn, dont la scène finale du concours de rots, où ils sont tous ivres dans le Flunch de Flinard-sous-Loiret restera dans les annales du Festival. On se souviendra longtemps de l’image de Jeanne Moreau et Catherine Deneuve partageant le même sac Dior pour vomir, lors de la projection.
Logiquement, donc, si vous suivez, Gérard Depardieu repart avec la Palme du Meilleur Acteur et il a roté à nouveau en recevant son prix, mais il la partage avec Jafar Plumpatassic, le serbo-iranien qui illumine le film dramatique « Zwxmpkk, je t’aimais » de son oncle et compatriote Kaffar Mumpgrattassic, dont le regard distancé d’outsider autorise sans conteste ce qu’il met avec force sur pellicule à côtoyer l’infini tout en dépeignant des touts petits riens.
Ce dernier étant par ailleurs absent, car condamné injustement à 125 ans de prison en son pays pour port d’armes sous la douche.
En signe de protestation, le Jury n’a repris du champagne que 3 fois et a demandé avec énergie que l’on serve le caviar dans une cuiller à café et non plus à soupe, au dîner d’après palmarès !
Ces gestes courageux nous démontrent avec éclat que la magie irréelle des volutes nacrés du fumet sirupeux de la gloire éternelle du tapis rouge et de ses à-côtés n’a en rien terni le courage exemplaire et l’esprit humaniste de la grande, merveilleuse, sincère et si chaleureuse famille du Septième Aaaaaaaart.

Aquarium




Ceci est un dé à quatre faces, en forme de pyramide. Vous allez chacun le lancer une fois, chacun votre tour. Nous additionnerons les nombres de 1 à 4 que vous allez tirer. Si c’est pair, c’est la solution A, et impair la solution B…
Tout le monde a bien compris ?, dit Dieu le pair, tout en faisant un clin d’œil à Satan l’impair et s’adressant à un groupe de sept êtres humains encore interloqués de se trouver soudainement face à… Lui et… l’Autre, tout en étant assis autour d’une vaste table de verre en lévitation, dans une des plus belles salles de réunion du Purgatoire ®.
Lucifer Kornes et lui, Jéovah Sanktus, après une nuit à jouer au poker, à boire plus que de raison avaient fini à l’aube par se disputer sur le fait de mettre un terme ou non à l’expérience en cours appelée Adam 1.0… sur cette planète bleutée et fertile du système solaire. Terre : joli nom, conditions a priori favorables.
Lulu (c’est comme ça que ses diablettes l’appelaient, dans l’intimité) et son collègue de travail dit Jéo étaient tombés d’accord sur deux points.
Primo : cette expérience tournait mal. Les sujets ne croyaient plus en rien, l’évolution semblait grippée, et on les invoquait uniquement pour de piètres raisons qui ne valaient pas le déplacement d’un ange à la retraite ou d’un succube de second choix. L’accélération de l’espèce avait été mal calibrée, et il semblait aux créateurs de l’aquarium humain qu’ils ne contrôlaient plus grand-chose. Beaucoup de conflits, environnement en péril, créations de technologies destructrices. Cela commençait à les lasser.
Secundo : un dernier test in vivo allait être tenté, soumettant cette espèce humanoïde à une épreuve colossale mais décisive et à l’issue de laquelle le cornu (Lulu) et le barbu (Jéo) décideraient de concert s’il était raisonnable de laisser poursuivre la vie sur Terre en l’état.
Ou bien ils arrêteraient tout, mais en déclenchant le cataclysme final (un beau, avec des éclairs, des tremblements de terre de forte magnitude, des cyclones et tout ce qui allait les distraire un peu alors qu’ils regarderaient tout ça dans leur bureau, entre midi et deux, un verre de bloody mary à la main et dans l’autre un paquet de chips cheese and onions, ou peut être pepper and vinegar ?)
Après, ils pourraient recommencer, tenter une version Adam 2.0, car on leur avait alloué le budget nécessaire.
Bref, ils avaient, pour donner un peu de sel à ce boulot qui était le leur, décidé d’écrire, en secret de l’autre, un scénario innovant qui permettrait peut être aux descendants actuels du projet Adam 1.0 de démontrer une capacité à s’en sortir tous ensemble, au lieu de s’enfoncer dans un individualisme condamné d’avance et de facto à une disparition programmée.
Nota Bene à l’attention des créationnistes à neurones grillés, déviance cocasse de superstition de certains petits êtres terrestres…. l’expérience dite Adam 1.0 avait démarré avec un couple de têtards primitifs de 3 mm de long. Implantés en milieu aqueux, avec quelques vitamines.
Par nos deux compères, techniciens-créatifs chez Infinies Solutions ® et ce, il y a quelques milliards d’années terrestres, soit quatre heures et cinq minutes de leur propre échelle temporelle.
Chez Infinies Solutions ®, le département R. and D. créait des mondes « in vivo », sur des planètes sélectionnées, et une fois le bocal bien développé et harmonieux, il était revendu à de riches clients.
Art fin et difficile, produit coûteux et prisés, beaucoup de clients préféraient les bonsaïs-mondes, soit des planètes uniquement peuplées de végétaux. Visions calmes, pérennité de l’acquisition et garantie de qualité. Mais les plus exigeants des clients voulaient des êtres vivants et intelligents dans le produit acheté. Plus décoratif.
D’où l’expérience Adam 1.0, qui, pour le moment tournait mal.
Enfin, peut être pas, si le scénario tiré au sort dans quelques minutes (A ou B) remettait bien en place le sens de l’évolution du gros bocal bleu.

samedi 22 mai 2010

Captain Biceps



Captain Biceps est très fort, mais très énervé. Se super-pouvoirs sont décuplés.

Il vole jusqu'en Louisiane, plonge sous l'eau, bouche le pipe-line qui fuit. Comme ça, avec du béton à prise rapidosse-de-seiche.

Il repart jusqu'à l'Océan Pacifique, attrape 28 filets dérivants, il sauve au passage des tas de dauphins.

Avec ces filets, il coud super vite en accéléré une sorte de filtre géant, re fonce jusqu'à la marée noire qui menace le sud des USA, les crevettes et les mouettes pas du tout rieuses en ce moment, il nettoie alors la surface des flots souillés en récupérant les nappes de pétrole et hop, il plane -mais bon un peu plus dificilement, c'est sacrèment lourd cette merde- jusqu'au siège de Pritish Bétrol-hait-hommes et balance la sauce sur leur tour de verre et d'acier ! Tous sont désolés, ou ils font un peu semblant, et en plus, ils sentent mauvais.

Captain Biceps est vigoureux, mais super en rogne. Sa puissance est multipliée par X.

Il arrive à Wall Triste, il regarde tous les ordinateurs d'un coup de son oeil à vision multiplex-100-komplex, et bloque tout le système avec des erreurs 404 et des tas de bidouilles ctrl-alt-suppr et tout, que même les geeks japonais urbains ne comprennent pas.

Ensuite, il passe dans l'espace-temps et instantanèment, tous les spéculateurs de la terre sont déculottés, on voit leur photo en slip sur Facebouque et en plus leurs parents éplorés reçoivent un mail -copie tout le monde, bien sûr- qui dit la vérité sur le sale boulot de leur enfant, qu'ils croyaient laveur de poubelle dans la centrale nucléaire de Chair-Nobel.

Captain Biceps est déchaîné, mais aussi top vénère. Ses capacités sont provisoirement infinies.

Il est arrivé à Qu'à-Boule en un battement de cil. Toutes les femmes sont dé-burqa-isées en moins de temps qu'il ne faut pour dire "emme-elle-effe", les barbus aigres qui les font suer sont ligotés, baillonnés ou téléportés dans la mare de brut qui submerge le quartier du siège de PB (Pritish Bétrol-hait-hommes), avec un seau, une pelle et un T-Shirt qui dit " if you can read this, you are looking at stooopid".

Les filles à Qu'à-Boule organisent une fête qui dure 28 jours et 28 nuits.

Captain Biceps est fatigué, mais super détendu. Ses pouvoirs para-normaux-top-moumoute sont en mode "pause".

Il boit un bloody mary dans un vase qui fait 7 litres et mange 7 paquets de chips à la fois (d'ailleurs je crois ,dont un "cheese and onions" et un "salt and vinegar"), il regarde 7 films à la fois sur ses 7 écrans plats qui font 7 mètres de large (dont Marathon Man, Iron Man, Super Man 2, Batman 3, un reportage sur l'île de Man, un dont on ne sait pas le titre en français et enfin des diapos animées sur sa ma-Man).

"7 haies dures" , aujourd"hui !, déclare-t-il en un ultime jeu de mots vaseux, mais bon, avant de s'écrouler sous sa couette et de dormir un peu.

A la page de demain, il a marqué sur son agenda électronique : "Corée du Nord, Elysée in Paname et voir ce qu'on peut faire pour Haïti"

Et moi ? Je me réveille et France Info commence avec son robinet qui coule marron.

Midnight Oil




J'avais toujours eu l'impression qu'ils étaient vraiment honnêtes ces types là.

Et c'est pour ça que je mettais le volume de l'autoradio au maximum en chantant "beds are burning" et "the dead heart", même dans les embouteillages.

Que ce soit vrai ou pas, je ne veux surtout pas le savoir.

Mais quand, même, j'aimerais bien.

vendredi 21 mai 2010

Siffler n'est pas jouer



Quand j’étais en troisième B, avec mon ami Jean-Yves, on était un peu amoureux de la prof de gym, Madame Lambertin. Son prénom ? Je ne sais plus, ce n’est pas important, en fait.
Elle était jeune et mince, un corps de sportive élancée, des cheveux blond vénitien très longs toujours tirés en arrière et retenus par un élastique de couleur vive. Elle portait, bien sûr what else ?, des survêtements, mais de belle facture, un peu moulants mais pas trop non plus.
Elle avait des chaussures Nike ou Adidas, mais des modèles un peu « mode », et des petites socquettes blanches, toujours. Un visage fin, quelques petites taches de rousseur et une bouche magnifiquement dessinée. Bref, une prof que l’on qualifiait de très très « bonne » (désolé, ce n’est pas très classe, mais, en troisième, et surtout entre garçons, on a un vocabulaire un peu brut de décoffrage) et regardée au laser dans ses moindres mouvements par l’ensemble des garçons de ses classes, pendant toute la durée des cours de gym.

Mais attention… Madame Lambertin, elle se faisait respecter : il ne fallait pas arriver en retard, avoir une tenue négligée ou tirer au flanc. On faisait sous sa houlette des courses « fractionnées », du hand-ball, du lancer de javelot comme les grecs d’il y a deux mille ans et des roulades sur les tapis bleus très élimés du gymnase Pierre de Coubertin. Pas question de faire le zouave ou de parler trop fort. En gym, on était concentré, c’est moi qui vous le dis.
Son instrument de commandement était un sifflet. Et on lui obéissait, à elle et son sifflet.
Vous savez, le modèle « police nationale », le tout simple, couleur métal, qui lance une trille aigue dans les oreilles.
Triit, on courait. Triit, on s’arrêtait de courir.
Triit, début du match, Triit, mi-temps, on change de côté.
Trrit roulade, vas-y Jérôme. Triit roulade, vas-y Jean-Yves.
Cet instrument rythmait nos cours et on pouvait aussi l’entendre, aigu et énergique, dans la cour, même quand on était en train de suer sur des équations rebelles ou des cartes de l’agriculture de l’URSS.
Triit, Madame Lambertin est en train de faire s’activer une classe, dans un esprit sain et un corps… sain.

Justement, à propos de corps, on fantasmait fort sur celui de Madame Lambertin. Non pas qu’on eût imaginé une seconde faire quoi que ce soit de concret, dans la vraie vie, avec elle. Non, tout comme les filles des magazines, elle était à la fois très sexy, excitante, mais tout à fait lointaine, dans une autre galaxie. Les adultes étaient dans un monde à eux, on aurait eu du mal à les imaginer ayant des émois aussi forts que nous.
Pas du tout comme les filles de la classe, satellites vrombissants dans notre environnement direct de conquêtes possibles ou de retentissants échecs.
Non, la prof de gym, c’était une dimension d’auto-érotisme assez pure, un objet de visualisation onirique, présente en guest star ce temps à autre parmi d’autres corps fantasmés, pour les séances quotidiennes d’astiquage de tout adolescent pré-pubère. C’est comme ça.
Et le sifflet…, oui le sifflet, lui, il avait la chance d’être entre ses lèvres jeunes et belles, presque toute la journée. Ou alors, il était logé sous sa veste de survêtement flashy, tout près de son corps, et on s’imaginait être suspendu au bout d’une lanière et bien au chaud, et peut être même sous son T-shirt ?

En fait, je peux l’avouer maintenant, j’ai monté tout un stratagème avec Jean-Yves et notre complice chez les filles, Marie Tinvelle -la fille du proviseur-, pour la faire arriver en urgence sur une fausse entorse, juste après un cours, au moment précis où tout le monde se changeait. Je m’étais glissé dans le vestiaire des profs, vide par un coup de chance incroyable, et j’avais piqué son sifflet !
En plus, j’avais aperçu en un clin d’œil, ses sous-vêtements posés sur une chaise. J’en avais eu le souffle coupé : quand je serai adulte, je voudrai être un Monsieur Lambertin, m’étais-je juré.
Et le sifflet ? De temps en temps, moi, je sifflais aussi avec, mais tout bas et tout seul dans ma chambre…

jeudi 20 mai 2010

Switch



Cata. Coups de gueule. Equipage en furie-bar

La pièce est cassée, il faut la réparer. Le mékano-électro- chef de la navette Arkebuzz 9 fait grise grise mine.

Hé bien oui ... On est en route vers Bêta du Satyre et paf ! on nous réveille en plein hyper sommeil; Cette putain de machine a des ratés.

On a tous l'air de tomber du lit, à quatre heures du mat'.

Attendez les gars, nous dit le cuisinier-spahi-adjoint, on est supposés conquérir de nouvelles planètes, fendre l'espace en deux et patatrouf, on tombe en panne après juste une paire d'années-lumière ? mais c'est quoi ce bin'z ? Moi j'ai pas signé pour faire du bénevolat !

Le mékano-électro-chef fait toujours la tronche, il farfouille dans sa boîte à outils verte, il grommelle aussi. Son adjoint fait semblant de s'affairer, mais il ne comprend rien en fait à la panne des réacteurs 4a et 6b. Torpilleur coulé.

Le commandant-bougnat quant à lui s'est enfermé dans le poste de pilotage et envoie des messages salés au fabricant-usinier de navette, il met en copie tout l'état-majorette. Son second (Komlalhune) fait juste des pompes dans sa cabine, les radios-jardiniers jouent aux fléchettes en buvant des bières de Mars tièdasses.

Pendant ce temps notre sergente-cultivateur essaie une tenue sexy et va la montrer aux soldats-défricheurs, au bar situé sur le pont inférieur du vaisseau spécial, qui pour le moment gravite comme une vieille bouse autour d'une lune de la Planète Schistosse, la bien-pourrie.

Quant à moi, le scribe-photomateur, je consigne les évènements précités dans le journal de bordel. C'est ce que vous lisez, dans un passé lointain de là (bicoze l'espace-temps est tordu comme un boomerang passé au sèche-linge)

Le mékano-électro- chef vocifère une heure après : punaise écrasée ! c'est fait , j'ai trouvé , c'était un switch B358 qui avait fondu dans le recollecteur bipelure à pion noir sur cavalier blanc !

Ah bon ! dit tout le monde, tu nous redémarres les moteurs de cette poubelle à électrons et on va casser de l'alien, nom de Buzz le Pas Clair !

Le commandant-bougnat arrive, il déclare : bande de truffes, on repart et rapidos de poulet ! Tout le monde il va dans son cocon-hibernatus, on programme le réveil pour "longtemps" et ronfle un bon coup !

Planète inconnue, gare à tes miches, la navette Arkebuzz va t'en faire voir du pays et du pâté.

On comprend pas tout, mais on crie "Sir, yes, soeur !" et on va se pieuter.

La nevette rédemarra, l'expédition poursuivit sa route pleine d'embûches de Noël.

Métro souterrain



Il prit le métro ce matin là, comme tous les jours. La routine. Toujours dans le même wagon, assis sur le même siège. Deuxième porte, on sort vite, on évite la cohue et on est directement devant le couloir pour aller plus vite. Carreaux blancs du métro. Affiches publicitaires, il connaissait son trajet par cœur. Musiciens à qui il ne jetait jamais une pièce. Temps minuté, correspondances automatiques, il aurait presque pu le faire les yeux bandés son trajet quotidien
Arrivé à Saint Lazare, il descendit le grand escalier à pied comme d’habitude, sans faire attention, en rêvassant.
Mais…se dit-il après quelques secondes, il y a plus de marches que d’habitude ! Où vais-je ? L’escalier descend encore ; Ah, la RATP…, vraiment, ils ne préviennent pas quand ils font des travaux, maugréa-t-il, et il descendit encore avec fureur et en pressant le pas.
Cependant, il se rendit compte que quelque chose ne tournait pas rond, s’enfonçant plus profond dans les entrailles de la terre parisienne. Il était seul et le lieu devenait vraiment sombre. Tiens ? Des torches qui brûlent vraiment, accrochées au mur ? Un décor ? Quelle est cette opération promotionnelle ? Un film ? Saw 6-11 ? Gladiator le retour ? C’est nul et c’est moche !
Cinq étages plus bas, il s’arrêta. Perdu et maintenant bien réveillé.
Non ! J’ai du me tromper de chemin ! Demi-tour.
Mais, remontant d’un étage, il trouva une porte close devant lui.
Quoi ? Hein ?

Une voix aigue le fit sursauter.
- Bonjour cher Monsieur, je ne souhaite pas vous déranger longtemps, lui disait un tout petit bonhomme, habillé comme dans les années 50, pardessus gris, chapeau noir, moustache fine.
- Qui êtes-vous, quel est ce bazar, dit notre homme, râlant déjà comme un bon Lutécien qui n’a pas de temps à perdre, et puis pour les ONG, les chiens d’aveugles et Haïti, j’ai déjà donné ! Non, je ne vote pas, et non je n’ai pas envie de signer de pétition !
- Non, cher, Monsieur, c’est juste un petit sondage. Mon…Patron, souhaite connaître un peu mieux ses futurs… pensionnaires. Nous souhaitons assurer l’insatisfaction la plus totale de nos futurs hôtes. L’éternité, c’est long, surtout vers la fin a dit Woody Allen. Cela ne prendra que cinq minutes, et vous pourrez remonter, et bien sûr arriver au bureau à l’heure. Votre arrivée en nos services n’est pas planifiée avant une bonne quarantaine d’années.
Alors, question une : quelle image avez-vous de l’enfer de Dante ?

mercredi 19 mai 2010

d'après Paul Eluard



Je te l'ai dit pour de vrai,
Je te l'ai dit pour de faux.
Pour chaque mensonge, pour les tempêtes de notre bateau...
Pour les faux-départs,
Pour les vrais retours,
Pour l'oubli qui soigne tout
Pour toute la route à suivre,
Pour la peine,
Pour la vie, pour un jour,
Je te l'ai dit pour tes colères, pour tes fous-rires,
Toute caresse, toute confiance se survivent.

Bees




En 2029, lorsque toutes les abeilles eurent disparu, les opérations de pollinisation des arbres fruitiers, des légumes et des fleurs durent se faire à la main.
Des entreprises spécialisées virent le jour et se développèrent rapidement.
Des milliers et des milliers de personnes, équipées en conséquence se mirent à travailler dans les champs, les vergers et les jardins ;
On prit bientôt l’habitude à partir du printemps de voir ces travailleurs manuels d’un genre nouveau, un peu partout.
On les appela les butinateurs, une convention collective fut même écrite spécifiquement pour qu’ils bénéficient de bonnes conditions de travail et d’une assurance santé très efficace. Toute grève de leur part aurait eu des conséquences graves pour l’agriculture et les industries agro-alimentaires, monopole d’état depuis dix ans déjà, qui co finançaient les nouvelles taxes obligatoires prélevées sur leurs bénéfices et les taxes sur le saturnisme que versait de son côté la Compagnie des Eaux et du Plomb Sain.
Le chômage fut en grande partie résorbé et l’on dut faire appel dans certaines régions aux jeunes retraités et aux étudiants.
En effet, les butinateurs étaient aussi employé l’hiver à nettoyer les plages, les fleuves et les rivières, totalement pollués depuis la série d’attentats de 2028 sur les navires pétroliers et chimiquiers ainsi que l’explosion de toutes les raffineries, de la Finlande au Sud de la Turquie.
Bien sûr, ils devaient porter une combinaison anti UV renforcée, car l’interdiction de sortir dehors plus d’une heure était toujours en vigueur. Il est vrai que la disparition de 50% la couche d’ozone avait impliqué de nouvelles habitudes.
Mais, ceci dit, contre la radioactivité ambiante, ils n’étaient pas totalement prémunis.

Le vieux rocker



Depuis soixante ans, il enchaînait les concerts, les disques et les succès.
Le rock and roll, c’était quasiment lui qui l’avait inventé.
La gloire, pour lui, n’était même plus comme l’eau tiède d’un bain dans un hôtel en tournée.
Cependant, quand un jeune venait lui demander un conseil pour percer ou le secret de sa longévité, il ne lui disait jamais ce qui le faisait tenir encore.
Il pensait plus qu’à ses comptes et à son découvert, même devant un stade rempli de bruit et de fureur.

mardi 18 mai 2010

Aah, la coupe du monde de football....



Nous voici donc partis pour entendre et voir en boucle une méga dose de spectacle footballistique. Sélections, supputations, calculs, matches, ralentis, arbitres contestés, livraisons de pizzas, RTT, chute de la fréquentation des théâtres, controverses, éditoriaux, sponsors qui vous font un clin d’œil appuyé…sans oublier un zoom sur problèmes aigus de l’Afrique du Sud.

Une fois encore, je vous avoue que comme tant d’autres, j’aimerais voir un « petit » pays gagner et moi qui vous parle ici, plus précisément un pays du continent africain.

En Algérie, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Ghana, ou au Cameroun, sans compter le pays hôte ? Grand pétage de plombs national, liesse phénoménale, jours fériés, joueurs qui deviennent ministres, entraîneur béatifié, natalité en hausse 9 mois après (oops même si ceci n’est pas vraiment nécessaire)…
Ce serait un tel délire, une telle joie dans le pays en question, que cela serait communicatif, à coup sûr.
Le coup du petit Poucet qui trouve son chemin quand même, du petit David contre le gras Goliath et les spartiates tout maigres et en sandales qui gagnent à dix contre un contre les perses en babouches, bien sûr, c’est beau !
J’aime mon pays, je respecte tous les autres et je m’en tape de ce sport à vrai dire, mais bon, comment échapper au tourbillon que l’on voit déjà se former au dessus de nos têtes de spectateurs médiamétrisés, de consommateurs ciblés par les sponsors ?
Pas le choix, donc CQFD, je demande à la providence de faire mentir les statistiques et de troubler son plan marketing.
Tant qu’à faire, je demande un peu de folie, d’incertitude et d’échapper aux probabilités.
Et pour finir, une citation :
« Quand un homme regarde trois matchs de football d'affilée, il devrait être déclaré légalement mort ». [Erma Bombeck]
Les écrans plats vont en ratiboiser, du citoyen !
PS : cette dame était une journaliste et humoriste américaine
PS ‘ : autre citation de la dame «N'allez jamais chez un docteur dont les plantes de la salle d'attente sont mortes.»
Et là, les amis, je pense que chez les grands marabouts, les plantes sont sacrément vivaces.

lundi 17 mai 2010

Lettre du président persan au président français


Scoop ! Notre reporter infiltré a pu se procurer en exclu totale la lettre top taupe secret (en français ? hé bien… mais oui, mais oui ;-) que le grand yaka de Téheran a envoyé discrétosse -bien sûr- à son homologue français et archi bien planquée dans la valise diplomatique sous un tapis magique d’occasion, le tout afin de finaliser l’autorisation de libérer « la » Reiss. Hé hé hé.

Cher collègue,
Comment va ? Dommage qu’on ne se voie pas souvent, hélas je suis obligé de te faire la tête, au vu de nos relations diplomatiques officiellement brouillées.
Khomeiny m’avait décrit la France à fond, lors de causeries au coin du thé et ça a l’air trop sympa, et surtout le village de Neauphle-le-château : il paraît qu’il y a un zoo très chouette juste à côté !
Revenons à la prisonnière… du dessert (hi hi hi).
Allez, je te fais un prix, parce que je suis de bonne humeur et qu’on a plein d’atomes crochus en fait. Pas mal, hein celle-là ? Allez, j’avoue, j’ai un interprète très très bien.
Tu vois le plan ? Tu dis pas trop de trucs à l’ONU et dans tous les machins où on se réunit pour faire du vent, et p’têt bien que… avec tes entreprises qui savent bien les construire, tu auras le contrat de ma prochaine centrale nucléaire.
Alors, j’ai réfléchi, je veux par retour dans la valise diplo une PSP avec les derniers jeux un peu chauds pour mes kids et la collection complète des foulards Hermès 2010. Je t’avoue que le noir, pour les foulards, ça va en dîner officiel, mais à la maison c’est d’un ennui exceptionnel.
Bon, et puis un chèque de 10 millions d’euros. Ta poulette, elle a fait un bazar pas possible chez nous, tu sais ce que c’est, j’ai des conseillers, des députés et des barbus un peu « old style » qui se sont vexés comme des poux. Après, tout va bien aller.
Tu me renvoies au passage deux ou trois gaillards de chez moi qui se sont fait malencontreusement attraper sous vos latitudes, façon Rainbow Warrior pour vous.
On fait comme ça, on reste officiellement un peu fâchés.
Ma page Facebook va être ouverte bientôt, pense à cliquer pour qu’on s’envoie des photos et des liens de vidéos sur Youtube ; j’en ai quelques bien bonnes à te montrer datant de la dernière rigolade dans les rues de Téhéran ! Tu verrais la tronche des étudiants emprisonnés !

Bises de ton collègue,
Mahmoud

dimanche 16 mai 2010

Fataliban, Afghan te craint



Ma femme avait raison, une fois de plus.
Vous noterez que pour commencer une note au sujet des Talibans afghans, ce n’est pas mal, non ?

Donc, l’autre soir elle avait raison d’insister pour que nous regardions un passionnant documentaire sur nos troupes françaises déployées en Afghanistan, bien sûr en « deuxième partie de soirée », comme tout bon documentaire destiné à une population encore éveillée, au sens propre et figuré.
Voici mes humbles remarques et constats, ayant entre temps lu un livre passionnant : « Chevaucher son tigre » de Giorgio Nardone.
Ce petit livre nous résume les habiles stratégies à employer dans la vie pour éviter d’affronter les problèmes, un contradicteur furieux, voire un adversaire militaire et gagner par la ruse, le stratagème ou la persuasion. Faire monter l’ennemi au grenier puis retirer l’échelle, tuer le serpent avec son propre venin ou sillonner la mer à l’insu du ciel sont quelques uns des précieux conseils à suivre, tout comme les moyens que l’on peut user pour vaincre sans combattre…
Justement, revenons à notre documentaire où là, il est question de combattre et avec grand bruit, beaucoup de fureur et très peu de résultats.
Je suis frappé par le barnum invraisemblable de nos armées en campagne en 2010. Procédures, informatique, logistique, gilets pare-balle, appui par avions et hélicoptères, un mois de préparation pour investir une cabane et demi, ordres et contre ordres, formation complexe et chère du formateur pour former les soldats six mois avant. On nous montre des patrouilles et des attaques de nos pious pious, avec l’appui lourd des amis US en plus : c’est impressionnant par les moyens employés en regard de l’efficacité démontrée. On dirait des chevaliers inquiets nos soldats, en armure lourde, qui crachent des traits d’arbalète de tous côtés et tout à coup lâchent deux missiles MILAN sur une maison suspecte (rappel : 15000 euros le jouet).
En face, les talibans sont invisibles, fugaces, ils repoussent comme du chiendent et je parie qu’ils se lèvent le matin et disent « bon allez on tente un coup ? » Ils sont planqués, dissimulés, un jour là, un jour Allah (il fallait la placer celle-ci !).
Nos troupes tirent des milliers de balles, on dirait un jeu vidéo (téléchargeable sur impots.gouv.fr ?) et donc lancent des missiles à tout va, ont des lunettes infrarouges, arrosent tout ce qui pousse ou les repousse. Autant mitrailler un essaim de mouches. De plus, la population locale est bien ambigüe, sont-ils pro, sont ils contre ?
Un jour insurgé, un jour neutre, un jour à serrer la louche du soldat qui passe ? J’avoue, en me mettant à leur place, que je serais dubitatif au sujet de ces aliens qui arrivent en explosant tout, fouillent ma famille au corps, me prennent l’iris en photo et claquent l’équivalent de mille ans du salaire de cent personnes de chez moi en un quart d’heure et repartent aussi sec dans des volutes de fumée âcre ! j’ai ri en voyant une scène où l’armée « régulière « afghane, supposée ouvrir le chemin lors d’une attaque a décampé prestement aux premiers coups de flingue des invisibles rebelles.
Bref, l’ennemi gagne, il n’a pas de stratégie, pas de coordination, pas d’unité, pas de moyens colossaux. Messieurs les généraux, vous ne voulez pas réfléchir un peu, ou alors vous allez prendre une enclume encore plus grosse avec un marteau encore plus gros pour taper encore plus fort dans le vide ?
Pour combattre une inondation, un roi rusé avait arrêté de construire des digues et des murailles de plus en plus hautes… il avait creusé des canaux !
Autre série de questions qui me taraudent :
Personne n’a une idée pour de l’infiltration, du retournement, des alliances, des ruses, de la corruption ?
Personne ne serait au courant de la façon dont ces types s’approvisionnent, se planquent, mangent, se déplacent ?
Personne ne sait où sont les champs d’opium, avec nos satellites qui comptent les cheveux blancs sur la tête d’un suédois en plein soleil ?
Allez, je vous offre un exemplaire de mon livre…

Autre point de vue, stratégie à contre courant : et si on laissait ces types arriver au pouvoir, gérer les emmerdements, se coltiner avec la position du résistant qui doit soudain assurer l’approvisionnement en nourriture de tout le monde ?
On s’en va, on les laisse gérer, construire, réparer, travailler, négocier, soigner… et faire face à la révolution, aux opposants, aux … rebelles, qui deviennent des… insurgés. Ils n’auraient même plus le temps d’affréter un avion pour se cogner l’Empire State Building : trop de soucis !

Au lieu de faire bélier contre bélier, conflit contre conflit, nous les laisserions tomber seuls, emportés par leur élan.
Primo, on économiserait pas mal de budget.
Secundo : pour leurs épouses, pas de changement au final, à moins de leur mettre une burqa sur la burqa. Alors ?

C’est ma femme qui avait raison, c’est moi qui vous le dis. J’ai bien fait de regarder cette émission.

  PS : ceci dit, honneur et respect à nos régiments, RIP à ceux qui sont tombés...

samedi 15 mai 2010

Cellule prose



Oui, comme je te le dis… Cette fille était une bombe, elle était top. Un canon de chez canon.
Tu veux que je te la décrive ?
Tu sais, on en a pris pour quinze ans minimum, alors…Allez, dix si on passe à une dictature militaire, vingt si le roi installe son fils sur le trône, donc on peu s’en raconter, des trucs tous les deux.
Allez, écoute, petit, je commence.
Sa Mini Cooper, d’abord. Un capot tout fin, une calandre bien dessinée. Des petits phares ronds, juste à la bonne taille. Ni trop gros, ni trop petits.
Et un coffre bien droit, bien ferme, facile à ouvrir et à fermer. Elle démarrait au quart de tour.
Et son appartement qui était si mignon : des pièces bien ordonnancées, du maintien, avec juste ce qu’il faut de lumière et d’ombres.
Et sa cuisine… toute équipée !
Une cuisinière qui ne chauffe pas trop vite ni trop fort, une cocotte-minute qui siffle au bon moment et un chouette robot qui fait tout, vraiment tout.
Je me souviens de ses grillades brûlantes, des soirées pimentées et des desserts enrobés.
Aah, j’y pense encore !
Dans sa chambre ? Un fauteuil patiné, aux courbes douces qui savait si bien recevoir ses vêtements, quand elle ne les jetait pas par terre si nous étions trop pressés.
Et son salon ? Rose et noir. Tout en douceur, ne montrant pas grand-chose, mais déjà allumé par des lampes douces, des lumières tamisées et des bougies coquines.
Une belle plante au milieu, verte et sensuelle, entourée de fleurs vénéneuses. Comme elle.

Bon, si tu es sage, demain je te parlerai de l’escalier, de la salle de bains et, peut être, de ses sacs à main.

vendredi 14 mai 2010

American Parano



Alerte maximale.
Tout Manhattan est bouclé. Les sirènes hurlent. Des hélicoptères sillonnent le ciel en lâchant des tracts contentant un message préventif. Trois rideaux de sécurité sont organisés.
Les vols sont annulés dans tous les aéroports de New York et des états voisins, pour aujourd’hui et les cinquante jours à venir. Cinq matches de base-ball reportés, tous les concerts en Caroline du Sud. Le port du masque est recommandé sur l’ensemble du continent nord-américain. Le courrier est ouvert, les colis postaux sont tous brûlés dans l’heure, dans des bennes blindées, par des opérateurs assermentés et citoyens US depuis au moins 7 générations.
Tous les mails sont effacés de tous les serveurs à accès gratuit. La couverture des relais pour téléphones portables est brouillée par de puissants contre-émetteurs de filtrage de la CIA.
La NASA libère l’ensemble des canaux des satellites pour les prêter au Pentagone. Les chaînes de télévision diffusent uniquement et en boucle les images de CNN, du lieu de l’attentat probable, à venir, de façon quasi imminente, et peut être, sous réserve, suspect, s’il nous est permis d’employer ce terme du point de vue légal. C’est CNN et c’est tout, défaut d’autres programmes, par ailleurs rigoureusement analysés par une commission de censure privée dont Disney et Fox News détiennent le capital, (au cas où ils contiendraient des messages subliminaux subtilement dissimulés ayant trait à un signal virtuellement caché qui donnerait le signal du début de démarrage de complicité d’un allié lié directement ou indirectement à l’attaque potentielle des terroristes).
Le Président et l’ensemble du Congrès et du Sénat ont été mis en sécurité dans une base souterraine, blindée et secrète, quelque part au Groenland. Dans les 51 états (et au Canada aussi) on convoque et interroge tous les citoyens d’un pays étranger au sud d’une ligne Reykjavik-Oslo, pour vérification. Un corps d’armée est envoyé pour occuper la Libye, un autre la Syrie.
Les Marines s’emparent des villes-clés du Pakistan. Un missile à tête nucléaire est expédié sur Téhéran, une escadrille de bombardiers lourds efface Kaboul de la carte. A Wall Street, les cours s’effondrent, le dollar vaut trois centimes d'euro, les banques commencent à ne plus être solvables, les traders se suicident en lisant les mémoires de l’Abbé Pierre.
Pendant ce temps, à Times Square, une poussette contenant un hochet a cessé de faire de la musique. Elle est puissamment éclairée par des projecteurs, des hommes en combinaison NBC s’en approchent lentement, filmés par des dizaines de caméras.

Une mère de famille, se réveille d’une petite sieste et se demande tout à coup pourquoi elle a décidé de porter son bébé dans ses bras en rentrant chez elle. Il faisait beau, l’enfant était de bonne humeur.

jeudi 13 mai 2010

Dard et décès


Il se gratta les cacahuètes, but son aspirine et songea : entre les Hot d'Or et la montée des marches, au fond, il n'y a qu'un pas.

Ou peut être un grand écart ?

Salle en noir


Ce n'est pas le cinéma en dedans qui est agaçant à Cannes, c'est tout le cinéma au dehors.
Ce n'est pas la bande son dans la salle qui nous les brise, c'est la bande de cons à l'extérieur.
Ce ne sont pas les perles projetées sur les écrans que je méprise, ce sont les perles projetées hors des écrins.
Ce n'est pas le box-office qui sent mauvais, mais bien le botox et les orifices.

A pis rouge


Du charme, elle en avait.

Du talent, un peu quand même.

De l'intelligence, sûrement aussi.

Mais , au niveau méchanceté, elle atteignait sans peine le niveau "hors compétition".

C' était ça, être une vraie star.

Huile de Palme d'or


Tout ça pour en arriver là.
Un compte en banque en Suisse, des artères bouchées et être oublié assez rapidement.
On avait quand même un peu rigolé et dévasté quelques suites dans des hôtels.

C'était toujours mieux que la routine du RER A.

J'en ris, Cannes


Les paillettes et la Croisette.

Le psy souriait, il y aurait du travail pour plus tard, quand les nuages gris et la poudre blanche auraient avancé leur travail de sape.

mercredi 12 mai 2010

la petite fille et le destin



Photo faite par moi, à Marrakech…un coup de chance, j’avais posé l’appareil sur mon genou gauche, discrètement….
Beaucoup de questions qu’elle pourrait se poser maintenant ou plus tard …
Jouer ou étudier ? Voile ou non ? Jeans-baskets ou robe-babouches ? Lycée ou université ? Travailler ou étudier encore ? Mariage ou célibat ? Rachid ou Jean-Charles ? 2 enfants ou 4 enfants ? Dattes ou oranges ? Tajine ou brochettes ? Démocratie ou démocrature ? Voter ou s’abstenir ? Soleil ou nuages ? Tu veux ou tu veux pas ?
…….
Et vous…
C’est pas mal ou c’est banal ?
Cliquer droit ou gauche ? Scroll up ou scroll down? Lire une autre note ou revenir au sommaire ?
Aller sur le site de Libé ou du Monde ? Arrêter l’ordi ou continuer ?

Majorelle de la nuit





Yves (ou son fantôme) errait dans les allées
La lune était fuchsia, autre esprit apparu.
Faubourgs de Marrakech, loin du tohu-bohu…
Venu de sa villa, Pierre Bergé lui parlait.

Yves (ou son étoile) lui parlait de couleurs,
Donnait quelques conseils, rêvait d’une collection
Parée d’éclats de fleurs, bruissant de tous ces tons
Comme les pots jaunes et bleus, oubliant sa douleur.

Yves (ou son talent) subsistait en ces murs,
Effleurant les cactus, planant sur les ficus.
La grâce et la beauté ? Homo interruptus…

Yves (ou son renom) vivait en ce jardin.
La nuit était rebelle à la mort, au destin.
Venu de sa ville, Pierre Bergé lui parlait.

mardi 11 mai 2010

Sa Majesté



Revenant de Marrakech, où j’ai passé une semaine, je vous livre quelques impressions d’un naïf qui a beaucoup regardé, posé quelques questions et lu deux ou trois quotidiens avec attention ! Ce qui frappe, bien sûr, c’est la figure du Roi, Mohammed VI. Figure au sens propre, visage partout affiché. Omniprésente, par le biais de sa photo, du tableau de 2 mètres par 2 dans le hall de l’hôtel au tableau un peu jauni dans chaque petit commerce. On se dit qu’il faut éviter de tomber dans un piège « occidental », qui ferait une grossière comparaison et pourrait conclure qu’à notre aune de perception de la démocratie, hum…
Et bien sûr, il ne faut pas. Mon analyse de citoyen-touriste pourra sembler simpliste, mais je vous la soumets, et je me garde bien de critiquer, ayant été accueilli avec courtoisie dans ce pays… Il se trouvera aisément des opposants farouches pour me fustiger ou des zélateurs inconditionnels pour me censurer potentiellement. (Pinaise ! après ça, j’envoie mon CV au Quai D’Orsay ?)
Je peux déjà vous dire que m’étant promené dans un périmètre du centre ville certes « balisé », mais assez large, l’impression de sécurité est réelle, ajoutée à celle mi-intéressée, mi-sincère (espérons le quand même) d’être accueilli partout avec un vrai sourire. Revenons au Roi. Il apparaît et est figuré à la fois comme un chef d’état en « mode 2010 », en costume sombre, allant de A à B pour inaugurer des chantiers, dont le coût nous est toujours rappelé en détail, mais aussi sous cette fonction religieuse institutionnelle bien réelle.
Je lis qu’il contrôle directement ou indirectement 6% à 10% du PIB du pays et ensuite je le vois dans sa grande tenue « tradi » à la prière du vendredi. Imaginez un Chirac VI à la fois grand actionnaire de Total, Gaz de France Auchan, LU, Danone et la BNP, en même temps Cardinal, et quelque part, descendant directement de Saint Pierre. NB : les Champs-Elysées seraient rebaptisés de son nom de son vivant, l’avenue Georges V au nom de son père, et l’avenue Foch à celle du grand-père, ne pas oublier ! Dans les quotidiens que je lis, pour le gros titre il suffit de faire un copier coller chaque matin, prendre « S.M. le Roi etc », rajouter le nom de l’évènement du jour, et modifier le budget alloué dont le chiffre est « XX millions de dirhams ». Lire article un peu années 60-plan-quinquennal, ensuite.

Quoi de plus intelligent pourrait-on se dire alors ? La fameuse équation insoluble des pays musulmans, à savoir « les colonels ou les mollahs » serait-elle résolue ici, grâce à cette dualité ? Je ne suis pas grand reporter au Nouvel Obs, ni au Monde, mais je dis juste bravo et tire mon chapeau…de paille. Il me reste juste une impression curieuse entre Père Ubu, Kafka, une pub couleurs de programme immobilier et 1984 Version 2.0. Mais sous le soleil, exactement, quand même… alors je reviendrai !

vendredi 7 mai 2010

Un an déjà !



Demain, cela fera un an pile que j'ai commencé ce blog.

Un sacré paquet de notes, de billets, de chroniques et de divagations.

Encore merci à ceux qui l'ont lu, ceux qui l'ont inspiré (ou expiré)

Là, je suis toujours à Marrakech.
Soleil, promenades, farniente, chaque heure est appréciable, je vous le dis....

Activité d'écriture congelée, sur pause, en arrêt, un peu "SUD", quoi !

Je lis les journaux et le VOLCAN refait parler de lui...

A suivre !
<:-)

lundi 3 mai 2010

Ma rock


Départ ce soir pour une semaine de vacances à Marrakech.

Notes et commentaires à venir....vous imaginez bien que je vais avoir là riche matière à textes !

à bientôt, chers amis lecteurs


El Hacedor

PS : sur Blogspot, ce qui manque VRAIMENT, c'est un outil de statistiques de fréquentation du site. En fait, je copie tous les textes de ce blog "en miroir" sur le site du NOUVEL OBS et j'ai eu 952 visiteurs uniques en Avril. Waow !

dimanche 2 mai 2010

La boîte à rythmes



Avec mon ami Olivier Marchi, nous formions un groupe à deux.

On s'appelait Soviet Suprême et on a bidouillé quelques morceaux new-wave, électroniques... entre 1982 et 1985.

J'écrivais des paroles bizarres, je chantais, même si chanter est ici un bien grand mot !

Il composait les musiques, il bidouillait sur des synthés, des fils et des machines.

Sa boîte à rythmes s'appelait la ROLAND, TR 808. Depuis, c'est devenu une pièce de collection. Tout comme le "bass line', un ROLAND TB 303.

Il m'a dit qu'elle avait été volée dans la cave de son père, où il l'avait entreposée, à Marseille.

J'ai toujours les cassettes audio de nos maquettes.

Pas si mal, notre musique, avec le recul.

Il faudra que je les digitalise avant que quelqu'un ne cambriole ma cave.....

samedi 1 mai 2010

OSEF



OSEF du muguet, de la marée noire, de l'expo universelle, des milliards de chichis, de la stratégie à moyen terme, du découvert et des cons

Premier mai, jour de paresse !